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07/03/2016

L'entrée au Gouvernement a été bénéfique pour Jean-Vincent PLACE

Pour Jean-Vincent PLACE ,Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui font la loi!

 

Jean-Vincent Placé, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la réforme de l'Etat et de la Simplification, a estimé lundi sur France Info qu'"il y a beaucoup de choses à faire, et on ne pourra pas le faire avec cette façon un peu révolution permanente". Jean-Vincent Placé, qui s'assume comme "centriste", a appelé aussi "à une recomposition politique".

Jean-Vincent Placé, secrétaire d'Etat chargé de la réforme de l'Etat et de la simplification, a estimé lundi sur France Info sur la pétition contre la loi El Khomri qui a recueilli plus d'un million de signatures que "ce ne sont pas les réseaux sociaux qui font la loi de la République". "C'est le gouvernement qui présente des textes, c'est le Parlement qui va les voter, ce sont aussi les partenaires syndicaux qui vont les discuter, les renégocier", a estimé Jean-Vincent Placé.

"Il y a le processus démocratique et il y a évidemment la discussion avec les citoyens", a admis le secrétaire d'Etat qui a aussi reconnu que la pétition "est extrêmement significative, et qu'il faut respecter". "Et à partir de ce moment-là il faut retrouver un équilibre autour du texte sur les questions de fond". "On est dans des grandes difficultés, on est dans un pays qui est assez figé", a estimé le secrétaire d'Etat. "Il y a beaucoup de choses à faire, et on ne pourra pas le faire avec cette façon un peu révolution permanente, manif permanente, critique permanente". 

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09/11/2013

Perte du AA+ : le prix Nobel d'économie Paul Krugman défend la France

Le prix Nobel d'économie, l'Américain Paul Krugman, prend la défense de la France, dans une chronique sur son blog "La conscience d'un libéral" sur le site du quotidien américain New York Times, dont la note a été dégradée de AA+ à AA, vendredi 8 novembre, par l'agence de notation Standard and Poor's. "Ne prenez pas cette dégradation [de la note française] comme la démonstration que quelque chose ne va vraiment pas dans l'état de la France. Cela tient davantage de l'idéologie que d'une analyse économique défendable", estime-t-il.

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"Les agences de notation n'ont aucune information particulière sur la solvabilité nationale — surtout pour de grands pays comme la France", argue Paul Krugman. Le prix Nobel d'économie pointe que Standard and Poor's n'a pas de connaissance en interne de l'état des finances françaises. Il note ainsi que les projections faites par le Fonds monétaireinternational (FMI) pour la France jusqu'en 2018 sont notamment meilleures que celles de la Grande-Bretagne. Selon le FMI, la France est un peu moins endettée que la Grande-Bretagne et l'écart entre les deux pays devrait se creuser.

 

Standard and Poor's justifie la dégradation de la note française par le fait que la France n'a pas procédé aux réformes nécessaires pour améliorer ses perspectives à moyen et long terme. Mais, souligne Paul Krugman, "que sait-on vraiment des réformes économiques qui générent de la croissance et quel pourcentage de croissance sera généré ? La réponse est pas grand chose !"."Je suis désolé, poursuit-il, mais quand Standard and Poor's se plaint du manque de réforme, il se plaint en fait de ce que Hollande augmente, plutôt que baisse, les impôts sur les plus hauts revenus, et qu'il n'est pas assez favorable, de façon générale, au libre-marché pour satisfaire les principes de Davos.


Extrait Le Monde de l'Economie du 09.11.2013

 

 

 

 

27/02/2013

Stéphane Hessel, auteur d'"Indignez-vous !", est mort

Stéphane Hessel, auteur d'"Indignez-vous !", est mort

 

 

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Ancien résistant et déporté, Stéphane Hessel, diplomate et écrivian, est mort dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 février à l'âge de 95 ans, a annoncé son épouse Christiane Hessel-Chabry. Homme de gauche, Stéphane Hessel a mené une grande carrière de diplomate atypique et a connu une immense notoriété il y a deux ans, avec le succès phénoménal de son petit livre Indignez-vous !. Francetv info revient sur le parcours exceptionnel de cet humaniste engagé et "indigné"

Le résistant

Né le 20 octobre 1917 à Berlin, arrivé en France à 7 ans, Stéphane Hessel était le fils de Franz et Helen Hessel, née Grund, qui inspireront, avec l'écrivain Henri-Pierre Roché, le trio "Jules et Jim" porté à l'écran par François Truffaut. Naturalisé français en 1937, normalien, diplômé d'études supérieures de philosophie, il est mobilisé en 1939 et rejoint les Forces françaises libres en 1941. Arrêté par la Gestapo, il est déporté en 1944 à Buchenwald puis à Dora.

Le diplomate

A la Libération, il entame une carrière diplomatique comme détaché au secrétariat général de l'ONU (1946-1951). Il participe, au côté de René Cassin, à l'élaboration de la Déclaration universelle des Droits de l'homme, sans en être rédacteur.Il est ensuite notamment conseiller au cabinet de Mendès-France (1954-1955), premier conseiller à Saïgon (Vietnam) (1955-1957), conseiller puis chef de la mission culturelle et universitaire à Alger (1964-1968). En 1975, alors conseiller du ministre de la Coopération, il échoue dans sa mission pour faire libérer Françoise Claustre, otage au Tchad.

Nommé président de l'Office national pour la promotion culturelle des immigrés, il est ensuite représentant permanent de la France auprès de l'Office des Nations-Unies en 1977. De 1981 à 1983, il est délégué interministériel pour les questions de coopération et d'aide au développement.Stéphane Hessel a aussi été membre de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (1982-1985), membre du Haut conseil à l'intégration (1990-1994) et du Haut-Conseil de la coopération internationale (1999-2003). Ancien membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (1992-2005), il était resté très actif après sa retraite en 1983, notamment médiateur pour les sans-papiers en 1996-1997.

L'écrivain 

Grand officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1939-45, Rosette de la Résistance, il a publié Danse avec le siècle (1997), Dix pas dans le nouveau siècle (2002), Citoyen sans frontières (2008), Le Chemin de l'espérance avec Edgar Morin (2011), Engagez-vous (2011), livre d'entretiens avec Gilles Vanderpooten.

En 2012, Stéphane Hessel et Albert Jacquard ont conjugué leurs voix pour lancer un appel contre l'arme atomique dans Exigez ! Un désarmement nucléaire total

L'indigné humaniste

Mais c'est son manifeste Indignez-vous! (Ed. Indigène), vendu depuis octobre 2010 à quelque 4 millions d'exemplaires dans le monde, qui en a fait une célébrité. Et le terme d'"indignés" a été repris par les manifestants, notamment en France, en Espagne et en Grèce. 

Stéphane Hessel est aussi connu pour ses prises de position concernant les droits de l’homme, le droit d’asile et l’accueil des migrants. Il a successivement été résistant, déporté, diplomate. En janvier 2013, Stéphane Hessel avait enregistré une vingtaine de poèmes, d'Apollinaire à Shakespeare, de Rimbaud à Hölderlin, au profit du réseau Education sans frontières (RESF). Le réseau œuvre pour la régularisation d'étrangers dont les enfants sont scolarisés en France. 

(communiqué de France info et AFP)

22/12/2012

Aéroport du grand Ouest Nous disons oui !

SOCIÉTÉ

Aéroport du Grand Ouest, nous disons oui !

 

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TRIBUNE Syndicalistes, enseignants, chercheurs, associatifs, chefs d’entreprise : 80 acteurs de la

région nantaise apportent leur soutien au projet de Notre-Dame-des-Landes.

Par des PERSONNALITÉS NANTAISES 

Depuis quelques semaines, le transfert de l’aéroport de Nantes sur le site de Notre-Dame-des-Landes est l’objet

d’une exposition médiatique maximale qui peut sembler… unilatérale, laissant croire qu’il est confronté à une

opposition aussi radicale qu’unanime. Il n’y aurait donc personne à Nantes, en Loire-Atlantique, en Pays de la

Loire et en Bretagne pour soutenir ce projet ? C’est parce que nous pensons le contraire que nous avons décidé de

prendre la parole. Engagés dans la vie locale, acteurs économiques, responsables syndicaux, issus du monde de la

recherche, de l’université, du monde sportif ou culturel, nous n’acceptons plus que ce projet utile pour notre

territoire et tous ses habitants soit caricaturé et déformé.

D’abord, parce que Nantes et le grand Ouest ont besoin d’un aéroport qui permette de faire face à l'évolution du

trafic qui n’a cessé de croitre ces dernières années. Cet élément est essentiel car il est le reflet des usages qui sont les

nôtres. Nous prenons de plus en plus l’avion à Nantes-Atlantique; plus de 3 millions d’entre nous l’ont utilisé en

2011, battant les prévisions les plus optimistes ! Et créant au passage des nuisances pour des dizaines de milliers

d’habitants du centre de Nantes et des quartiers populaires. Ensuite, parce que cet aéroport est une opportunité

pour l’Ouest, tout en étant un projet mesuré. Il sera adapté aux évolutions réelles du trafic, aux besoins d’un

territoire en croissance et en développement, aux besoins de ses habitants dont on nous dit qu’ils seront 900 000 de

plus d’ici 2040 uniquement en Pays de la Loire. Il répondra aux besoins de deux métropoles, Nantes et Rennes, qui

ont fait le choix de s’allier et de se développer harmonieusement en rompant avec la logique de concurrence des

territoires.

C’est d’ailleurs pour ces raisons que cet aéroport, un transfert et non une création, a été validé lors du Grenelle de

l’environnement, cas unique en France. A écouter certains, toutes ces considérations sont vaines car il faudrait

condamner l’aviation. Nous pensons le contraire. Nous considérons que notre territoire peut être fier de son

industrie aéronautique créatrice d’emplois, et de ses nombreuses PME sous-traitantes très performantes. L’institut

de recherche technologique Jules Verne sur les nouveaux matériaux est aussi la promesse d’une meilleure prise en

compte de l’environnement dans les avions du futur.

Ne nous voilons pas la face, dans le contexte actuel, cet aéroport c’est aussi et surtout une chance pour les

habitants du Grand Ouest de bénéficier de 5 000 emplois directs ou indirects liés à l’activité aéroportuaire. Subsiste

la question des terres agricoles. Soyons précis. L’aéroport occupera 735 hectares à son ouverture, et 1 300 à terme.

Entre-temps, les espaces non occupés resteront cultivés et 23% de la surface de la concession aéroportuaire restera

dédiée au milieu naturel. Cette consommation d’espaces est sans commune mesure avec les enjeux liés à

l’urbanisation et au développement des activités de l’homme : chaque année 2 000 hectares de terres sont

consommés en Loire-Atlantique. Et personne ne parle des 19 000 ha d’espaces agricoles et naturels qui seront

intégrés dans un périmètre de protection entre le Nord de l’agglomération nantaise et l’aéroport. Reste alors la

question politique. Citoyens avertis, nous constatons la réalité du consensus entre les dirigeants de nos collectivités

locales, au fil du temps et faisant fi des couleurs politiques. Et nous savons que ce projet a été maintes fois débattu,

lors d’élections municipales, cantonales ou régionales. Les votes en faveur d'équipes qui avaient clairement affirmé

leur soutien au projet sont pour nous la preuve que ce choix est démocratique.22/12/12 Aéroport du Grand Ouest, nous disons oui ! - Libération

 

Nous ne nous reconnaissons pas dans le portrait qui est fait de notre territoire par les opposants à l’aéroport. Nous

respectons leurs opinions mais leur demandons d’entendre les nôtres.

 Signataires :

Bruno Hug de Larauze, Président directeur général Idéa Groupe, Club des trente, Yves Tual, syndicaliste,

Alain Supiot, Chercheur, membre du collège de France,

Olivier Monterrubio, ancien footballeur professionnel,

Damien Seguin, Porte Drapeau de l’Equipe de France aux Jeux Paralympiques 2012 de Londres,

Philippe Audic, Président du Conseil de développement de Nantes Métropole,

Dominique Duclos, syndicaliste, membre du Conseil Economique Social Environnemental Régional des pays de la

Loire,

Philippe Moreau, Président de la CGPME 44,

Louis Richard, Président de la Fédération du bâtiment de Loire-Atlantique,

Jean-Philippe Berard, Président de la Fédération du bâtiment des Pays de la Loire,

Anne Blanche, Vice-présidente du Medef 44,

Alain Mustiere, Président de l’ACIPRAN Association Citoyenne Pour la Réalisation d’un Aéroport international à

Notre-Dame-Des-Landes,

Louis Le Duff, Président fondateur du groupe Le Duff, membre du club des trente,

Patrick Boissier, Directeur général de DCNS, membre du club des trente,

Claude Guillemot, Président Directeur Général de Guillemot SA, membre du club des trente,

Michel Lucas Président du Directoire du CIC, membre du club des trente,

Xavier Bioteau, Président du Directoire d’Eram, membre du club des trente,

Patricia Brochard, co-directrice de Sodebo, membre du club des trente,

Philippe Audureau, Président du Directoire de VM Matériaux, membre du club des trente,

Jacques Diricks, Président directeur général du groupe Diricks,

Hans-Peter Mariner, Président de Polysoude,

Jean Blaise, directeur général du Voyage à Nantes,

Yves Devedec, syndicaliste,

François Gauducheau, réalisateur,

Bernard Checcaglini, délégué régional Aviation sans frontières,

Dominique Boschet, Président de l’ACSAN, Association Contre le Survol de l’Agglomération Nantaise,

Martine Buron, ancienne députée européenne et Maire de Châteaubriant, militante associative,

Patrick Mareschal, ancien Président du conseil général de Loire-Atlantique,

Zohra Zaouini, militante associative,

Alain Brillet, retraité, ancien responsable syndical,

Franck Barrau, Secrétaire Général du Secrétariat Permanent International des Droits de l’Homme,

Omero Marongiu, sociologue,

Jean-Luc Bonneau, retraité, ancien responsable syndical chez Goss,

Michel Cocotier, responsable associatif,

Jean-Marc Paint, responsable associatif,

Maryse Quidu, responsable associative,

Michelle Palas, responsable associative,

Daniel Piard, responsable associatif,

Brahim Medjoubi, responsable associatif,

Omer Demirel, militant associatif,

Alfred Gambou, militant associatif,

Nidal Ibrahim Mahmoud, militant associatif,

Said Marnissi, militant associatif,

Fari Salimy, militante associative,

Hafida Bouanane, responsable structure d’économie sociale et solidaire,

Bernard Bachelier, syndicaliste,

Yasmin Rahmani, artiste,

Ma-Woury Cisse, étudiante en coopération internationale pour le développement, militante associative,

Alain Chauvel conseiller en entreprises,

Joseph Grimaud, Ancien Président de la CCI de Cholet,

Hacène Zitouni, chef d’entreprise,

Gérard Estival, Président du groupe Audencia,

Jean-Charles Cadiou, Enseignant-Chercheur UFR Sciences université de Nantes,

Gilles Blancho, Directeur Institut hospitalo-Universitaire Nantes, professeurs des universités-praticiens hospitaliers

Inserm,

Pierre Weiss, Directeur du LIOAD-Laboratoire d’Ingénierie Ostéo-Articulaire et Dentaire,

Jean-Paul Soulilou, Directeur à l’Inserm Nantes,

Jean-François Balducchi, délégué général Atlanpole et Pôle de compétitivité Atlanpole Biothérapies,

Olivier Boisteau, Président de Clean Cells,

Thierry Guillaudeux, Directeur de la fédération de recherche en biologie santé,

Yannick Jacques, co-directeur du Centre de recherches en cancérologie Nantes-Angers,

Bertrand Braunschweig, Directeur du centre de Recherche Inria Rennes Bretagne Atlantique,

Patrick Cheppe, Président Directeur Général d’Europe Technologies,22/12/12 Aéroport du Grand Ouest, nous disons oui ! - Libération

www.liberation.fr/societe/2012/12/18/aeroport-du-grand-ouest-nous-disons-oui_868283 3/3

Valérie Chevreul,

Brigitte Dreno, Directrice d’UTCG,

Pierre-Marie Lemer, Président Directeur Général de Lemer Pax,

Gérard Faria, Directeur Scientifique Teamcast,

Jérôme Fortineau, Président de Keosys,

Pascal Giraudeau, Directeur Commercial et Directeur Adjoint de Ceris Ingénierie,

Franck Grimaud, Directeur de Vivalis,

Bertrand Guilbaud, Directeur Général de B COM,

Maryvonne Hiance, Présidente d’Effimune,

Etienne Juliot, Directeur commercial d’Obeao,

Stéphane Lacrampe, Directeur d’Obeo,

Eric Le Garec, Directeur associé de Bluexml,

Frédéric Rodier, Président de Mitis,

Vincent Roirand, Président Directeur général de Mazedia

ALLER PLUS LOIN Lire tous les articles du dossier Notre-Dame-des-Landes, le bras de fer

03/05/2012

Programme contre bilan : Sarkozy s'est fait coincer sur l'économie

A force de vouloir prendre en défaut le candidat du Parti socialiste sur les chiffres, de lui faire un mauvais procès en compétence, le président sortant a laissé le débat de mercredi 2 mai se concentrer sur le taux de chômage et la situation des finances publiques.

Quoi qu’on en dise, quelque soit la série statistique que l’on utilise, ce bilan n’est pas bon. Le chômage s’est envolé (un million de nouveaux inscrits à Pôle emploi), la dette publique a explosé (+508 milliards d’euros) et les prélèvements obligatoires – les impôts - aussi (la France est le deuxième pays où ils sont le plus élevés derrière le Danemark (et non la Suède comme l’a dit le président).

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Nicolas Sarkozy est convaincu que cela aurait été pire s’il n’avait pas été au pouvoir. Mais est-ce si sûr ? Comme le démontrer ? De toute façon, cela n’intéresse personne. C’est derrière nous et personne n’arrivera à rien prouver en refaisant l’histoire.

Nicolas Sarkozy a rompu le "pacte du silence"

François Hollande l’a même piégé sur ce qu’il pensait être son point fort : la gestion de la crise européenne. En l’accusant de ne pas avoir réussi à obtenir de concession de l’Allemagne, il a fait rompre à Nicolas Sarkozy le "pacte de silence" conclu avec la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement italien Mario Monti.

Les trois dirigeants avait promis de ne rien demander à la BCE, de se montrer très respectueux de son indépendance, ce qui laissait à son président Mario Draghi les mains libres pour les aider.

L’opinion publique allemande est en effet très sourcilleuse sur l’indépendance de la Banque centrale, dont le premier rôle doit être de défendre la stabilité des prix, et non la croissance ou la charge d’intérêt des Etats.

Pas de folie dépensière

Deuxième erreur de Nicolas Sarkozy, il a voulu démontrer la "folie dépensière" socialiste. Pourtant là n’est pas la plus grande faille du programme de François Hollande.

Difficile de condamner le petit aménagement de la réforme sur les retraites – par ailleurs financé par une hausse de cotisations - sans attaquer les gens qui ont commencé à travailler jeune et ont travaillé longtemps.

Difficile de critiquer la hausse de l’Allocation de rentrée scolaire qui représente certes une dépense mais de 400 millions d’euros, pas une folie. Reste les contrats de génération et les 60.000 profs, mais ils ont permis à François Hollande de se battre sur le cœur de son programme : la jeunesse.

La maîtrise des dépenses

Le président sortant aurait mieux fait de porter le fer là où le programme du candidat socialiste touche ses limites : dans la maitrise de la dépense. Dans son programme, François Hollande s’est bien gardé de détailler la manière dont il allait réussir à réduire le train de vie de l’Etat, des collectivités locales et les frais de la Sécurité sociale pour ramener à l’équilibre les déficits publics.

C’est pourtant bien sa priorité. Il limite dans son programme la progression des dépenses publiques à 1,1%. Personne n’a la moindre idée de la manière dont il va s’y prendre, ni même de quel ministre va se coller à cette rude tache.

Généralement, les socialistes répondent qu’ils y arriveront par un "nouvel acte de décentralisation" qui permettra de supprimer les doublons de postes et de structures entre l’Etat et les collectivités. Mais jusqu’à présent, cette décentralisation a plutôt contribué à gonfler la dépense. Alors ?

La difficulté pour Nicolas Sarkozy, c’est qu’il promet une potion encore plus amère (0,4% seulement de croissance des dépenses). Et que lui même s’est bien gardé de rentrer dans les détails. Il a donc préféré éviter ce terrain douloureux.

François Hollande, un programme réfléchi

Enfin qu’a-t-on appris hier soir du programme et des projets de Nicolas Sarkozy ? Peu de choses, peu de nouveau. Après avoir reconnu que notre premier concurrent était l’Allemagne, comment pousser un protectionnisme européen ? Coincé sur l’efficacité de la TVA anti-délocalisation, qui n’est pas concentrée sur l’industrie, et sur le calendrier tardif et bâclé de la mesure - en extrême fin de quinquennat - , difficile de pousser l’avantage.

Ce que le débat a finalement montré, c’est que même s’il a des limites, François Hollande avait un programme réfléchi. Il l’a présenté tôt dans la campagne et s’y est tenu assez strictement en n’ajoutant que quelques éléments comme la surtranche de 75% d’impôt pour les revenus au-delà d'1 million d’euros ou la promesse de coup de pouce au smic (assez imprécise et conditionnée à la croissance).

Le programme de Nicolas Sarkozy peu préparé

Nicolas Sarkozy, lui, n’en avait pas vraiment. Il n’a pas voulu trop y travailler, estimant que ses connaissances et son expérience de président sortant lui permettraient d’écrire quasi-seul sa feuille de route et lui serviraient de viatique.

Il n’a d’ailleurs pas fait travailler d’économiste et assez peu ses ministres ou ses parlementaires experts en économie et finances publiques. Il aurait d’ailleurs peut-être eu du mal, car en 2008, après les avoir mis à contribution, il n’a pas suivi leurs conseils et a imposé le "choc fiscal" de TEPA, que tous, du rapporteur de la Commission des finances à l’Assemblée, Gilles Carrez, au sénateur ex-ministre Alain Lambert, en passant par Xavier Musca, alors directeur du Trésor ou l’économiste Jean-Luc Tavernier, devenu patron de l’Insee, lui déconseillaient.

Aujourd’hui, rappelle Gilles Carrez, il n’en reste plus que les heures supplémentaires défiscalisées et le RSA. Tout le reste (RSA, déduction des intérêts d’emprunts…) a été revu. Cette loi TEPA risque de coûter très cher à Nicolas Sarkozy.

Conclusion : mieux vaut un programme imparfait, prudent, comprenant des défauts, mais réfléchi, travaillé, assumé, défendu avec constance, qu’une absence de programme, une ligne pas assez tracée et, au final, une promesse de sérieux qui ne s’appuie que sur un bilan forcément mauvais après une pareille crise dans un pays qui n’a pas le tissu industriel de l’Allemagne.

 

 

Par Sophie Fay

Nouvel Observateur.fr

50 millions pour Sarkozy:l'ancien premier ministre libyen confirme

Mahmoudi.jpg« Je confirme qu’il existe bien un document signé par Moussa Koussa et qu’un financement a bien été reçu par M. Sarkozy. » L’homme qui parle est celui qui a validé en 2006 le principe d’un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye. Baghdadi Ali al-Mahmoudi était le secrétaire général du Comité populaire général, soit le chef du gouvernement libyen, dont les« instructions » sont mentionnées en toutes lettres dans la note du 10 décembre 2006 révélée par Mediapart 

 

 Aujourd’hui détenu en Tunisie, M. Baghdadi a confirmé, mercredi 2 mai au soir, à Mediapart, par l’intermédiaire de l’un de ses avocats, Me Béchir Essid, tant l’existence de la note signée par Moussa Koussa, ancien chef des services secrets libyens, que le montant de 50 millions d’euros débloqués en 2007 par le régime Kadhafi pour l’actuel chef de l’État français.1.jpg

Depuis la révélation, samedi 28 avril, de ce document explosif, l’Élysée a fait feu de tout bois contre Mediapart. Dénonçant une« infamie » et un « montage », le président de la République a déposé plainte pour « faux et usage de faux », « recel de ces délits » et « publication de fausses nouvelles » lundi et obtenu, dans l’heure qui a suivi, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris. De son côté, Mediapart a déposé à son encontre, mercredi, plainte pour « dénonciation calomnieuse »

 

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Mediapart porte plainte contre Sarkozy pour dénonciation calomnieuse

Mediapart a déposé plainte, mercredi 2 mai, auprès du procureur de la République de Paris 1.jpgcontre Nicolas Sarkozy et X... du chef de dénonciation calomnieuse. Cette plainte déposée au nom de notre journal, de son directeur, Edwy Plenel, et de ses journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske, vise la plainte déposée, lundi 30 avril, contre nous par l'actuel président de la République et candidat à sa réélection. Mediapart maintient l'intégralité de ses informations et estime que l'accusation de faux portée contre lui est une calomnie. Nous publions le texte intégral de la plainte déposée par nos avocats, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman,

Monsieur le Procureur de la République,

téléchargement.jpgNous avons l’honneur de porter plainte contre Monsieur Nicolas SARKOZY et X du chef de dénonciation calomnieuse, infraction prévue et réprimée par l’article 226-10 du Code Pénal, à la suite de la plainte qu’il a déposée contre nous le 30 avril 2012, et plus généralement pour toute infraction que l’enquête permettra d’établir.

1.

La presse s’est en effet fait l’écho de ce que Monsieur Nicolas SARKOZY aurait déposé entre vos mains le 30 avril 2012 une plainte contre nous des chefs de faux, usage de faux, recel de faux et publication de fausses nouvelles.

Il semblerait que très peu de temps après une enquête préliminaire ait été ouverte et confiée à la Direction régionale de la police judiciaire.

 

Monsieur Nicolas SARKOZY a dénoncé à l’autorité judicaire des faits calomnieux en ce qu’il savait que nous n’avions ni fabriqué de faux document, ni utilisé un document que nous savions faux et encore moins diffusé sciemment de fausses nouvelles. 

Cette plainte confirme les propos tenus par Monsieur Nicolas SARKOZY devant divers médias nous accusant explicitement de confectionner de faux documents aux fins de servir des intérêts politiques partisans. Ces propos portent gravement atteinte à l’honneur et à la considération de la SOCIETE EDITRICE DE MEDIAPART et font l’objet d’une procédure pour diffamation publique distincte.

Ce faisant, Monsieur Nicolas SARKOZY a commis le délit de dénonciation calomnieuse, tel que prévu et réprimé par l’article 226-10 du Code Pénal.

2.

La plainte de Monsieur Nicolas SARKOZY a, toujours selon la presse, été déposée le 30 avril 2012, en fin d’après-midi soit plus de 48 heures après la mise en ligne le 28 avril 2012 sur notre site d’un article intitulé « Sarkozy-Kadhafi : la preuve du financement ».

Cet article visait à informer le public de la découverte que nous venions de faire portant sur l’existence d’un document émanant des services secrets libyens signé de Monsieur Moussa KOUSSA à destination de Monsieur Bachir SALEH et daté du 10 décembre 2006.

Cette note confirme expressément l’accord qui aurait été donné par la Libye de soutenir la campagne présidentielle de Monsieur Nicolas SARKOZY en 2007 pour une valeur équivalente à près de 50 millions d’euros. 

4.pngNous affirmons que nous ne sommes jamais intervenus dans la confection de ce document qui nous a été remis par d’anciens hauts dignitaires libyens aujourd’hui dans la clandestinité. 

3.

Nous nous sommes évidemment interrogés préalablement sur l’authenticité de ce document avant de le publier.

Pour ce faire nous l’avons soumis à des sachants qui nous ont renseignés sur sa conformité avec le formalisme bureaucratique de ce régime. Outre celle du calendrier grégorien, la deuxième date qui y figure correspond ainsi au calendrier imposé par l’ancien dictateur, qui part de l'année du décès du prophète Mahomet, en l'an 632.

Nous l’avons par ailleurs montrée à Monsieur Ziad TIAKEDDINE, personnalité en conflit judiciaire notoire avec MEDIAPART, qui nous a indiqué, par l’intermédiaire de son avocate, que cette note« était crédible vu la date et les personnes qui [y] apparaissent ». Il a d’ailleurs confirmé au journal LIBERATION, daté du 30 avril dernier « avoir peu de doute sur l’authenticité » de ce document.

De surcroît, il est établi que cette personnalité se trouvait à Tripoli la veille de la rédaction de la note de Monsieur Moussa KOUSSA, soit le 9 décembre 2006.

4.

Surtout la production de ce document intervient après que nous ayons mené une enquête journalistique de près de 10 mois, rencontré de nombreuses sources, pour certaines à l’étranger, collecté et analysé de très nombreuses pièces suggérant un soutien illicite au profit de Monsieur Nicolas SARKOZY lors de sa première campagne présidentielle de 2007.

Cette enquête journalistique a débuté en juin 2011 par la découverte des archives personnelles de l’homme d’affaires et intermédiaire franco-libanais Monsieur Ziad TAKIEDDINE.

Le premier article de notre série baptisée “Les Documents Takieddine” a été publié, le 10 juillet 2011, sous le titre « Le financier secret qui met en danger le clan Sarkozy ».

Dès l’été 2011, plusieurs articles seront ainsi consacrés à ce que nous avons appelé « le secret libyen de Sarkozy » :

Les négociations secrètes de l'Élysée pour blanchir le bras droit de Kadhafi (22 juillet 2011)

Sarkozy-Guéant: le grand soupçon libyen (28 juillet 2011)

Le marchand d'armes, le neveu Kadhafi et les prostituées tabassées à Londres (12 août 2011)

L'émissaire du clan Sarkozy en Libye rétribué secrètement par Total (18 août 2011)

- Livré par le clan Sarkozy, le 4×4 français qui protège Kadhafi (18 septembre 2011)

Les preuves de l’espionnage français du net libyen (6 octobre 2011)

La justice enquête sur l’espionnage du Net libyen  (17 décembre 2011)

Notre enquête, s’appuyant au fil des mois sur la découverte de nouveaux documents inédits et de nombreux témoignages recoupés provenant d’acteurs de premier plan, nous a amenés à nous pencher plus particulièrement sur les fondements des soupçons de financements politiques occultes de Monsieur Nicolas SARKOZY par le régime de Monsieur Mouammar KADHAFI.

Ces articles faisaient état ouvertement de négociations secrètes menées, entre 2005 et 2007, par Monsieur Ziad TAKIEDDINE, entre la LIBYE et les proches du Ministre de l’Intérieur de l’époque Monsieur Nicolas SARKOZY, notamment Messieurs Claude GUEANT et Brice HORTEFEUX.

Plus précisément nous révélions une note de Monsieur Ziad TAKIEDDINE à Monsieur Claude GUEANT, datée du 6 septembre 2005 visant à organiser la première visite officielle de Monsieur Nicolas SARKOZY à Tripoli, qui précisait que certains pourparlers franco-libyens devraient « revêtir un caractère secret »qui apporterait cet « autre avantage : plus d’aise pour évoquer l’autre sujet important, de la manière la plus directe… ».

 (texte extrait de médiapart)

25/04/2012

Sarkozy refuse de répondre à Takieddine

Sarkozy refuse de répondre à Takieddine


 Nicolas Sarkozy a refusé mercredi de répondre aux accusations de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, qui lui a reproché d'être à la tête "d'un système de corruption", le renvoyant à son statut de double mis en examen. Le président candidat, qui s'exprimait sur France Info, a déclaré qu'il n'était pas opposé à une modification du statut pénal du chef de l'Etat même s'il a jugé que ce n'était pas une priorité.Takieddine-M.jpg

Mis en examen mardi pour "blanchiment et recel d'abus de biens sociaux aggravés" dans l'enquête sur une possible corruption en marge de la présidentielle de 1995, Ziad Takieddine a mis en cause "un système qui gère la France et qui a à sa tête quelqu'un qui s'appelle peut-être le président de la République".

zt-cope3.pngInterrogé sur ces accusations, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il n'avait rien à répondre car "M. Takieddine est en examen, deux fois mis en examen". "Il a appelé à voter pour M. Hollande, franchement bonne chance à M. Hollande avec des amis pareils", a-t-il ajouté.

 

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Il est curieux de constater que Nicolas Sarkozy oublie les relatiobns étroites qu'il a entretenues avec Mr TAKIEDDINE ! les vacances du Secrétaire générale de L'UMP , l'amité du Ministre de l'INTERIEUR etc .....

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24/04/2012

FIN ! un espoir !

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23/04/2012

TOUS POUR LE CHANGEMENT LE 06 MAI AVEC F.HOLLANDE


22 avril : la déclaration de F. Hollande par francoishollande

13/04/2012

Les Promesses de SARKOSY ..................

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20/03/2012

Sondages , Une grande manipulation !

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26/02/2012

La faillite de Dexia: un scandale plus grave que le Crédit lyonnais

La faillite de Dexia: un scandale plus grave que le Crédit lyonnais

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 Un épais silence a vite recouvert la nouvelle. Ni le monde politique ni le monde financier n’ont très envie de s’étendre sur le sujet. Pourtant, le désastre est immense : Dexia est en faillite, et cette faillite 275px-Christine_Lagarde_-_Université_d'été_du_MEDEF_2009.jpgest désormais comparable à celle du Crédit lyonnais. Jeudi, la banque franco-belge a publié le premier prix de sa mort annoncée dès octobre. En 2011, elle a enregistré une perte de 11,6 milliards d’euros. Ajoutés aux 6 milliards d’euros perdus depuis trois ans, l’addition s’élève déjà à plus de 18 milliards d’euros!

 

 

18 milliards d’euros perdus dans le silence. A titre de comparaison, les pertes anticipées du régime de retraite à l’horizon de 2020 étaient de l’ordre de 20 milliards d’euros. Et le gouvernement jugea qu’il n’y avait pas une minute à perdre : il fallait dans l’urgence mener une réforme bâclée et injuste. Mais manifestement, les milliards des systèmes sociaux ne pèsent pas le même poids que les milliards du monde financier .

Cette facture ne reflète que les premiers comptes de son démantèlement en cours, devenu inévitable depuis octobre (voir Dexia se meurt, Dexia est morte). La séparation de sa banque commerciale belge, reprise en urgence par l’Etat belge, lui coûte 4 milliards d’euros ; la cession d’autres activités, 500 millions de pertes ; les pertes sur la dette grecque, qu’elle avait conservée à la différence de tant d’autres banques et qu’elle a dû déprécier à hauteur de 75 %, 2,3 milliards ; les produits de couverture qui y étaient liés, plus d’1 milliard ; la liquidation d’une partie de son portefeuille obligataire et de ses produits toxiques, près de 2 milliards, etc.

L’addition ne peut que s’alourdir dans le temps. Le bilan de Dexia s’élève encore à plus de 500 milliards d’euros. Il reste plus de 100 milliards dans le portefeuille obligataire de la banque franco-belge. L’ensemble a été logé dans une structure de défaisance (une bad bank), qui bénéficie d’une garantie de 90 milliards d’euros de la part des Etats belge, français et luxembourgeois. Pour assurer ses financements au jour le jour, la banque ne survit plus que sous la respiration artificielle de la Banque centrale européenne. Celle-ci lui assure au moins 35 milliards d’euros de financement à court terme et lui a prêté 20 milliards d’euros supplémentaires dans le cadre du grand emprunt (LTRO) lancé par Mario Draghi, fin décembre.

L’Etat français, de son côté, a volé à son secours en reprenant la filiale française spécialisée dans le financement des crédits aux collectivités locales, Dexia Municipal Agency (ex-Crédit local de France) avec la Caisse des dépôts et la banque postale. Ce sont 15 milliards d’euros, au bas mot, qui vont être mobilisés dans cette opération. 

On jongle avec les milliards, sans qu’il soit possible, à ce stade, de prédire le coût final de cette faillite. L’évolution de la crise de la dette, de la zone euro, des marchés financiers, comme l’exécution de l’extinction du groupe bancaire sont autant de facteurs qui peuvent modifier de façon spectaculaire l’équation. Mais quelles que soient les circonstances, le prix s’annonce déjà énorme pour les finances publiques. Car une fois de plus, ce sont les Etats qui sont appelés à la rescousse d’une finance privée défaillante. 

 

Un sauvetage sur mesure

Même si le monde bancaire a jeté un voile pudique sur le cas Dexia, les raisons de cette faillite, évidente depuis 2008, sont connues : l’hubris. Poussés par une volonté de pouvoir, une soif d’argent, déguisées sous les prétextes de la mondialisation et du libéralisme, ses dirigeants ont sombré dans toutes les folies financières (voir notre enquête « Dexia une faillite d’Etat »). Ceux-ci ont arraché, pour leur seul profit, une structure publique spécialisée dans le financement des collectivités locales pour en faire un immensehedge fund privé,

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mais semblant toujours sous la protection de l’Etat.

Au plus fort de son développement, la banque franco-belge avait engagé plus de 250 milliards d’euros dans d’innombrables produits  structurés opaques. Elle était devenue rehausseur de crédit aux Etats-Unis, un des premiers acteurs sur le marché des subprimes, financier des municipalités américaines et japonaises. Quatorze salles de marché travaillaient en permanence pour les activités du groupe, pour assurer son financement et spéculer pour son compte.

 

« La crise nous a déstabilisé », a avancé comme excuse Pierre Richard, grand organisateur de l’aventure Dexia depuis le début. Sans la crise, la banque aurait tout de même explosé : à sa période de « gloire », les besoins de financement à court terme de la banque  s’élèvaient à plus de 260 milliards d’euros ; 46 % de ses financements étaient assurés par les marchés.

Mais à cette faillite originelle s’ajoute désormais une autre question : le sauvetage de Dexia, tel qu’il a été organisé et mené depuis trois ans, convenait-il ? D’autant qu’il n’a pas empêché la faillite finale. 

En octobre 2008, dans la panique de la chute de Lehman Brothers, Nicolas Sarkozy presse le gouvernement belge de voler au secours de Dexia, au bord de l’effondrement. Le monde bancaire multiplie les alarmes auprès de l’Elysée : « Dexia est en danger. Sa faillite représente un risque systémique pour le système bancaire. »

Michel Pébereau, le président de BNP Paribas, est dans le bureau de Christine Lagarde, alors ministre des finances, pour écrire lui-même le plan de sauvetage de la banque franco-belge, au plus fort de la crise. La solution s’impose : seule, la puissance publique a les moyens d’éviter le désastre.

 

Les Etats français, belge et luxembourgeois vont se porter au secours de Dexia. Curieusement, ils ne la nationalisent pas, sans autre condition. Ils préfèrent souscrire à une augmentation de capital d’un peu plus de 6,5 milliards d’euros, pour le plus grand bonheur  des actionnaires précédents. Alors que ces derniers auraient dû tout perdre, ils se voient au contraire ménagés : la recapitalisation des Etats se Michel_Pebereau_avec_Christine_Lagarde_a_la_sortie_de_lElysee_le_1er_octobre_2009_ReutersPhilippe_Wojazer.jpgfait à 9,90 euros par action, alors que le cours est déjà à peine de 6 euros. D’emblée, les Etats acceptent de prendre une moins-value de 2,2 milliards d’euros, dont 900 millions d’euros pour les finances publiques françaises. Aujourd’hui, ils ont tout perdu.

« Cela restera comme la seule recapitalisation de l’histoire réalisée au-dessus de son cours de Bourse », ne peut s’empêcher de souligner un connaisseur du dossier,  toujours très étonné par le traitement privilégié réservé aux actionnaires précédents. Il y avait manifestement des intérêts à ménager.

Dans les discussions, Nicolas Sarkozy a imposé que Pierre Mariani, son ancien bras droit au ministère du budget en 1993, devenu par la suite banquier à BNP Paribas, prenne la direction opérationnelle de pierre mariani.jpgDexia. Pour respecter les apparences diplomatiques, Jean-Luc Dehaene, le roi du compromis à la belge de ces vingt dernières années, est nommé président de conseil de surveillance.

 

Quelle est alors la mission de ce curieux attelage ? D’abord, gagner du temps. Les dirigeants financiers et politiques sont persuadés  que la crise n’est que momentanée, que tout va revenir très vite comme avant. De plus, par tradition, les banquiers estiment que le temps est le meilleur allié pour déminer les situations explosives : les vieilles dettes et les erreurs finissent toujours par s’oublier sous la poussière des années. Et puis, comme dans le cas de la crise grecque, cela permet à chacun de prendre ses dispositions et de ne pas être pris par surprise. 

 Qui aurait porté les pertes ?

Pierre Mariani devient ainsi syndic de faillite. Pendant des mois, il s’active à nettoyer le bilan de la banque. Les activités américaines sont vendues, le portefeuille obligataire est réduit de 265 milliards à une centaine de milliards, d’autres filiales cédées. Fin 2010, il assure que la banque est en voie de se redresser, avant que tout ne s’écroule huit mois plus tard. « Le sauvetage de la banque était jouable, si la deuxième crise de la dette n’était pas survenue à l’été 2011, si l’agence de notation Moody’s ne nous avait pas dégradé », a expliqué à plusieurs reprises Pierre Mariani. Pour lui, c’est cet enchaînement fatal qui a scié net la banque. En quelques semaines, la banque s’est retrouvée étranglée.

L’explication n’a jamais totalement convaincu. Dexia était-elle vraiment sur la voie de la convalescence ? N’a-t-on pas gagné seulement du temps pour désamorcer les dossiers les plus graves, notamment les engagements américains qui mettaient en danger l’Etat français ?

 

 

Côté belge, on soupçonne Pierre Mariani de n’avoir travaillé que pour sauvegarder les intérêts français plutôt que ceux de la banque. Dès le printemps, surviennent une série de démissions chez les dirigeants belges de la banque, dont celle du directeur financier de la banque, marquant leur désaccord avec la conduite de Dexia.

Jugé comme la caricature du haut fonctionnaire français froid et arrogant, il est reproché à Pierre Mariani d’écarter tous les avis internes au profit des seuls conseils du cabinet Bain, généreusement payé au passage : plus de 100 millions d’euros. « Toute la banque a alors été vidée de sa substance », dit un ancien dirigeant belge.

Si le démantèlement était inévitable, pourquoi alors ne pas l’avoir mis en œuvre dès 2008 plutôt que d’avoir laissé le problème perdurer trois années ? Car la liquidation en bon ordre et sans trop de dégâts de la banque, de son portefeuille, de ses actifs semble encore plus difficile aujourd’hui qu’hier. « Peut-être était-il possible d'aller plus vite sur certaines ventes. Mais le démantèlement était impossible en 2008. A l’époque, le bilan de Dexia est de 650 milliards d’euros. Il était beaucoup plus gros que celui de Lehman Brothers. Cela représentait un risque systémique pour le secteur bancaire européen. Vendre vite aurait alors cristallisé les pertes. Qui les aurait portées ? Les autres banques n’ont pas eu à souffrir de ce désastre. Il n’y a pas eu de scandale », explique un proche du dossier, imbibé du mode de pensée de l’Inspection des finances.

 

Pour Bercy, pour l’Inspection des finances, il n’y a effectivement pas de scandale autour de Dexia. La banque va peut-être coûter plus cher aux finances publiques que le sauvetage de la Grèce mais l’important est que cela ne fasse pas de bruit. Les milliards de pertes sont en train d’être passés en douceur. Et désormais, on sait qui porte les pertes : les Etats.

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En toute impunité

La Belgique a déjà dû débourser quatre milliards d'euros pour assurer la continuité de l’activité de banque de dépôts de Dexia dans le pays. Pour assurer la continuité d’une banque de crédit aux collectivités locales, la France a quant à elle dû revoir son plan de sauvetage tel qu’il avait été adopté en novembre par le parlement : la charge, transférée pour l’essentiel à la Caisse des dépôts, était trop lourde même pour l’institution gérant l’épargne publique des Français.

Au travers d’une usine à gaz, l’Etat va devenir actionnaire à hauteur de 46,3 %, aux côtés de la Caisse des dépôts et de La Poste pour recréer une banque des collectivités locales. Il est déjà prévu de détourner 12 milliards d’euros du Livret A pour assurer le financement de la banque et permettre aux collectivités de renégocier leurs 70 milliards d’emprunts toxiques. 

Il faut enfin gérer l’extinction de la banque. Dans le plan de démantèlement prévu, les Etats belge, français et luxembourgeois se sont portés garants de fin de vie du bilan de Dexia. Celui s’élève encore

à 500 milliards d’euros, c’est juste une fois et demie l’endettement de la Grèce. Mais là aussi, les chiffres sont sobrement tus. Les Etats ont tout accepté sans faire le tri sur les risques.

La garantie des trois Etats est de 90 milliards, dont 45 milliards pour la Belgique, 39 milliards pour la France et 6 milliards pour le Luxembourg. Pour la Belgique, la garantie représente 15 % de son PIB. La commission européenne, pourtant si sourcilleuse sur la rigueur des finances publiques, ne s’est pas beaucoup émue de cet engagement hors bilan. « On fait comme si cet engagement était sans risque, comme si les garanties ne devaient jamais être appelées. Mais qui le peut dire ? », remarque un proche du dossier.

 

Dans son communiqué de résultat, Dexia souligne elle-même les périls qui subsistent. Elle conditionne sa survie jusqu’à une fermeture ordonnée au maintien des Etats, à une rémunération très faible de ces garanties, à une acceptation de ces conditions par la Commission européenne. « En l’absence de mesures complémentaires correctrices, la non-matérialisation de l’une ou plusieurs de ces hypothèses pourrait avoir un impact sur la situation de continuité d’exploitation de Dexia et engendrer des tensions sur la situation de liquidité et de solvabilité du groupe. »En un mot, la banque peut sauter à tout moment et nous avec. 

Devant une telle faillite financière, économique, morale, il serait légitime que les Etats demandent au moins des comptes. Le scandale du Crédit lyonnais avait conduit à des enquêtes parlementaires, à des explications publiques, à un procès et des condamnations. Mais sur Dexia, rien.pierre richard.jpg

L’ancien dirigeant, Pierre Richard, inventeur de cette machine infernale, continue à couler des jours tranquilles comme conseiller de la Banque européenne d’investissement et parfois auprès du gouvernement sur la réforme des collectivités locales. Au titre d’ancien président de Dexia, il touche une retraite-chapeau, qui vient donc en supplément de sa pension normale, de 600.000 euros par an. Une provision de 11 millions a été constituée dans le bilan de Dexia pour assurer son versement.

Lors du conseil d’administration de Dexia, entérinant les pertes colossales, les administrateurs ont indiqué qu’ils étudiaient les éventuelles voies de recours pour suspendre cette retraite extraordinaire. Mais ils ne sont pas sûrs d’aboutir. Car désormais, dans ce monde, même quand les Etats paient les faillites privées, le contrat l’emporte sur la loi.

Les autres anciens dirigeants de la banque bénéficient eux aussi de la totale impunité, reconnue au monde de la finance en général, aux inspecteurs des finances en particulier. Bruno Deletré, ancien responsable des produits structurés chez Dexia, est désormais directeur général du Crédit foncier. Gérard Bayol, ancien directeur général de Dexia Crédit Local, est devenu directeur général délégué en charge du pôle entreprises et institutionnels de Crédit Mutuel-Arkéa. Alain Delouis, ancien directeur Dexia SA, a trouvé refuge chez Natixis comme directeur des ressources humaines. Sans oublier Gilles Benoist, qui a présidé aux débuts de l’aventure de Dexia aux côtés de Pierre Richard, qui dirige maintenant la CNP et aspire à en devenir président.

Il est vrai qu’il aurait été dommage pour le monde bancaire et financier de se priver de tant de talents. D’autant que « les banques n’ont rien coûté à l’Etat », comme le disaient certains...


(texte publié par Mediapart )

15/02/2012

L’Homme sans Passé ?

L'HOMME SANS PASSÉ

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Nicolas Sarkozy est un homme qui combine deux particularités : c'est un hyper mnésique qui, comme le dit Brice Hortefeux, "n'oublie rien et ne néglige rien", mais c'est également un amnésique qui a tendance à écrire l'histoire sur une table rase. L'écrivaine Yasmina Reza, qui le suivait durant sa campagne de 2007, l'entendit dire un soir : "Je suis étranger à mon passé. La seule chose qui m'intéresse, c'est cet après-midi, demain."

 

 

 

Souvent, ses conseillers regrettent de ne pouvoir lui parler que des huit jours à venir. "Il est hyper réactif, mais pour le long terme, il a du mal à se fixer", explique l'un d'entre eux. L'homme sans passé s'est de facto remis en mouvement.

 

 

 

"Toute la question de cette élection est de savoir si les Français vont réussir à oublier qu'il a été président de la République pendant cinq ans", résume une élue de la majorité


C’est la fin de l’article de R.Bacqué et de F. Fréssoz du journal Le Monde  mais espérons que les Français se souviendront du contenu du quinquennat  destructeur des acquis sociaux du système de santé , d’un règne ou l’injustice et la pauvreté se sont développées comme jamais !

 

Pas Candidat ou Candidat ? Devinez !

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Citoyens en Campagne pour François Hollande


Citoyens en campagne, à la rencontre des français par francoishollande

11/02/2012

Serge Letchimy, aucune excuse, aucune sanction, soutien total

Serge Letchimy, aucune excuse, aucune sanction, soutien total

 

 

«Quand on commence à hiérarchiser entre les civilisations, sur les degrés de  "l'inférieur"  et du "supérieur", on entre dans une dérive vers les pires horizons»: l'écrivain Patrick Chamoiseau revient sur les propos tenus par le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, et estime que le député Serge Letchimy a «vu juste et a dit ce qu'il fallait dire».

Quand on commence à hiérarchiser entre les civilisations, sur les degrés de  «l'inférieur » et du «supérieur», on entre dans une dérive vers les pires horizons. L’idée de civilisation, très à la mode durant les grandes conquêtes occidentales, renvoie à celle de culture dont elle serait le substrat le plus noble ; et le fait de culture débouche directement sur le socle de l’humain. Avec l’humain, venaient les absurdités de la « race » qui ont occupé les thèses de supériorité, et donc de hiérarchisation, où se sont abimés le comte Arthur de Gobineau, les anthropologies racistes, et toutes les justifications du colonialisme. L’idée de « race supérieure » engendrait celles de culture et de civilisation supérieures. Ce qui autorisait à inverser la formule et à considérer que la simple possibilité de civilisation supérieure impliquait sinon une race (on n’ose plus l’avancer) mais des cultures et des humanités inférieures. C’est pourquoi l’équation réversible coloniser = civiliser a si longtemps duré, et pointe encore de temps en temps un restant de ténèbres.

 

Dès lors, chaque fois qu'un pouvoir politique ou religieux a cru appartenir à une civilisation «supérieure», cela s’est toujours traduit par les grands crimes d'Etat que furent la Traite, l'esclavage, les colonisations, le système des camps de concentration, les apartheids, les génocides ou les purifications ethniques qui aujourd’hui encore occupent la vie du monde.

 

images (1).jpgDonc, réactiver l’idée de civilisation, et recommencer à les hiérarchiser n'est pas une mince affaire !

Ce n’est pas non plus une simple stratégie électorale, mais un état d'esprit, voire un semblant de pensée. Derrière les déclarations répétées de ministre de l’intérieur de la France, se dessine l’auréole du discours de Dakar, les chroniques de la chasse aux enfants immigrés alentour des écoles, les velléités de police génétique contre les regroupements familiaux, la traque honteuse des Roms, le spectre du ministère de l’identité nationale, le grondement régulier des charters expéditifs, les quotas d’expulsions prédéfinis et célébrés, le renvoi des étudiants étrangers, et même la fragilisation systématique des immigrés en situation régulière qui, en ce moment, dès trois heures du matin, affrontent les glaciations devant les préfectures... En face d’une telle convergence, on croirait voir de grandes ailes qui s’ouvre pour un sinistre envol.

Ecoutons le  « bon sens » du comte de Gobineau :

 

« Les peuples ne dégénèrent que par suite et en proportion des mélanges qu'ils subissent, et dans la mesure de qualité de ces mélanges (…) le coup le plus rude dont puisse être ébranlée la vitalité d'une civilisation, c'est quand les éléments régulateurs des sociétés et les éléments développés par les faits ethniques en arrivent à ce point de multiplicité qu'il leur devient impossible de s'harmoniser, de tendre, d'une manière sensible, vers une homogénéité nécessaire, et, par conséquent, d'obtenir, avec une logique commune, ces instincts et ces intérêts communs, seules et uniques raisons d'être d'un lien social… » On croirait entendre le cahier des charges du ministère de l’identité nationale, ou la feuille de route de ceux qui se donnent la mission explicite de protéger la civilisation française contre les invasions !

 

M. Letchimy a donc vu juste et a dit ce qu'il fallait dire comme il fallait le dire.

 

Et il a fait honneur non seulement à la Martinique mais à la France et à son Assemblée Nationale toute entière. Car enfin, sans lui, le « célébrant des civilisations supérieures » serait venu, se serait assis, aurait écouté je ne sais politiquerie, et serait reparti sans que rien ni personne ne lui trouble la conscience. Il suffit d’imaginer que, dans les bancs derrière lui, soient assis, Clémenceau, Hugo, Lamartine ou Jaurès, pour mesurer ce qu’il aurait manqué à cette haute assemblée si M. Letchimy n’avait pas été là. Il aurait manqué le courage. Il aurait manqué la lucidité. Il aurait manqué une vision exigeante de l’homme et du rapport que les humanités peuvent nourrir entre elles !

 

Il y a donc une profonde misère morale à laisser supposer que son intervention aurait pour base de je ne sais quelle « sensiblerie tropicale » ; qu’il aurait hérité d’une « émotivité antillaise liée à l’esclavage » qui expliquerait je ne sais quel « dérapage ».

 

Les soutiens et les analyses de cette sorte ne sont que honte et lâcheté.

 

De même, il est inadmissible que l’on balaie cela d’un revers de la main en indiquant qu’il s’agirait une polémique inutile. C’est un débat essentiel et profond. J’y vois l’affrontement majeur entre deux visions du monde et deux conceptions du vivre-ensemble dans le respect que l’on doit à la diversité des humanités. J’y vois une controverse radicale qui relève au plus au point de l’éthique contemporaine, laquelle est une éthique complexe et dont il faut à tout moment penser le déploiement. J’y vois le souci de dresser un rempart commun contre cette barbarie qui est déjà venue et qui peut revenir.

 

Quel sujet peut se révéler plus sérieux que la conception même du rapport que les humanités doivent nourrir entre elles ?! Quels seraient les fondements d’un projet culturel, social économique, ou d’un programme présidentiel, qui déserterait cela ? Et que vaut une assemblée parlementaire où on se révèle incapable de discuter de ces fondamentaux-là ? Et que vaudrait une Assemblée Nationale qui s’aviserait desanctionner (de quelque manière que ce soit) ce qui la ramène aux fondements des valeurs républicaines et aux lumières de Montaigne, de Montesquieu, de Voltaire, de Lévi-Strauss, ou de ce cher Edgar Morin ? Sanctionner M. Letchimy, ou même en caresser l’idée, reviendrait à les sanctionner tous, et à laisser la porte ouverte à ces très vieilles ombres qui nous fixent sans trembler.

 

Patrick CHAMOISEAU

(article lu sur médiapart le 11.02.2012)

 

 

Patrick Chamoiseau (né à Fort-de-France, 3 décembre 1953) est un écrivain français originaire de la Martinique. Auteur de romans, de contes, d'essais, théoricien de la créolité, il a également écrit pour le théâtre et le cinéma. Le prix Goncourt lui a été décerné en 1992.

 

10/02/2012

Pour un soutien franc et massif à Serge Letchimy

10 février 2012 | Par Jean-Luc Bonniol - Mediapart.fr

 

 

Rappelons, pour ne pas être accusé de sortir les phrases de leur contexte, les propos exacts de Claude Guéant, tenus le samedi 4 février, devant les étudiants de l’UNI réunis à l’Assemblé Nationale : « Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique… » 

jl_Bonniol_lac_Montjoie_qc_33.jpg  Si le Ministre avait employé les termes de « valeurs morales », ou d’ « idéaux politiques », qui aurait trouvé à y redire ? Qui, aujourd’hui, dans notre société, pourrait sérieusement remettre en cause les trois piliers de la devise républicaine ? Qui pourrait, sérieusement se faire l’avocat de la tyrannie, ou le propagandiste affiché de la haine sociale ou ethnique (même si l’on sait que celle-ci se murmure volontiers, y compris dans les couloirs et les antichambres du pouvoir…) ?

Mais il a employé le terme de « civilisations », et c’est là tout le problème… Car le terme recèle une redoutable ambiguïté, qui se révèle selon qu’on passe de son emploi au singulier à son emploi au pluriel : la civilisation s’oppose à la barbarie, en cela elle est universelle, constituant un état supérieur de l’humanité ; les civilisations, quant à elles, se développent dans l’histoire comme des entités singulières, enracinées dans la durée, pouvant même être confrontées au sentiment de leur propre disparition : « Nous autres civilisations, savons que nous sommes mortelles… », a pu écrire Paul Valéry. Mais il subsiste toujours, dans ce second niveau de sens, une trace du premier : la tentation a pu en effet être grande de hiérarchiser les civilisations en fonction de leur « degré de civilisation »… On pensait cependant que cette tentation avait fait long feu et qu’elle avait été abandonnée, au fil de l’affirmation politique de l’idée républicaine d’égalité, et par la diffusion, depuis les années 50, d’un relativisme anthropologique, que le Ministre attribue à la gauche, alors qu’il fut en France lancé avec force par Claude Lévi-Strauss (dont on ne peut dire qu’il était politiquement marqué très à gauche…), dans un texte fondateur, Race et histoire

 

 De deux choses l’une : soit l’inculture le dispute à la bêtise, comme semblerait le laisser penser le suivisme béat, en cette affaire, de l’ineffable Arno Klarsfeld, et ses propos souffriraient d’une erreur lexicale malencontreuse. On ne peut alors que rappeler, devant une telle bévue, cette formule que l’on attribue à Albert Camus pour résumer sa pensée : « mal nommer les choses contribue au malheur du monde… ». Soit il croit à ce qu’il a dit, et on est fortement tenté d’y souscrire, en sachant que ces formules sont dues à la plume du philosophe Yves Roucaute, cet ancien homme de gauche passé au néo-conservatisme, qui fut pourtant élevé dans ce pays des Cévennes qui dut subir un jour les dragonnades de la France « civilisée » du « grand roi » Louis XIV… Il faut alors le prendre au mot. Comment ne pas lire dans ce discours un revival de l’idéologie coloniale la plus rance, qui reprend allègrement du service en ces temps préélectoraux ? Car quelle est la civilisation à laquelle il se réfère ? C’est bien évidemment la sienne, la nôtre, la civilisation occidentale, européenne, française, selon le degré d’inclusion qu’on lui attribue.

  Face à ces mots, un député a eu le courage de se lever, et d’affirmer haut et fort que la coupe était pleine. Rappelons, là encore pour serrer au plus près la vérité des faits, les paroles qu’il a prononcées. S’élevant contre une « France obscure qui cultive la nostalgie » de la colonisation, il a poursuivi, parlant des propos tenus par le Ministre de l’Intérieur :serge-letchimy_502.jpg

« Non, M. Guéant, ce n'est pas “du bon sens”, c'est simplement une injure qui est faite à l'homme. C'est une négation de la richesse des aventures humaines. C'est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations. Aucune civilisation ne détient l'apanage des ténèbres ou de l'auguste éclat. Aucun peuple n'a le monopole de la beauté, de la science du progrès ou de l'intelligence. Montaigne disait “chaque homme porte la forme entière d'une humaine condition”. J'y souscris. Mais vous, M. Guéant, vous privilégiez l'ombre. Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l'esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ? ».

 

 C’est alors que le premier ministre a commencé à se lever et à quitter l’hémicycle, suivi par les députés de la majorité, dans un brouhaha qui a couvert les dernières paroles du député, qui évoquait cette « autre France, celle de Montaigne, de Condorcet, de Voltaire, de Césaire ou d’autres encore, une France qui nous invite à la reconnaissance, que chaque homme… », le Président de l’assemblée suspendant alors la séance. Incident grave, qui n’avait pas de précédent connu depuis… 1898, c’est-à-dire depuis l’affaire Dreyfus !

 Des excuses ont été exigées de la part du député, et du groupe parlementaire socialiste, alors qu’un vent médiatique commençait à se lever, parlant d’un « dérapage », qui, même pour Libération, effacerait celui de Guéant… Bref, pour beaucoup de commentateurs, Serge Letchimy aurait franchi une limite et, par son allusion au nazisme, il bloquerait le débat, provoquant un effet de « sidération »… En témoigne l’insistance de David Pujadas, lors de son entretien avec François Hollande, le soir du 7 février, demandant à son interlocuteur :« Est-ce que vous approuvez les propos de Serge Letchimy ? » et reposant trois fois cette question sous des formes différentes (« Donc, vous ne les désapprouvez pas ? » ; « Il n'a pas été trop loin ? »),

Or Serge Letchimy ne fait que reprendre, sous une forme finalement édulcorée et même respectueuse, ce qui avait déjà été exprimé en 1950, dans le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, son prédécesseur à la mairie de Fort de France, qui avait si magistralement, dans une prose fulgurante, démonté les prémisses coloniaux de l’avènement du nazisme… Il vaut la peine de refaire surgir in extensocette lave incandescente du passé où l’on voudrait la contenir, alors qu’elle garde encore  toute sa puissance pour rendre compte de la manière dont ce passé a constitué notre présent :

 « Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a au Viet Nam une tête coupée et un œil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.

 

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets. On s'étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C'est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l'a supporté avant de le subir, on l'a absous, on a fermé l'oeil là-dessus, on l'a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il sourd, qu'il perce, qu’il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies, de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

 Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il le vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation de l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d'Afrique.

 

Où veux-je en venir ? A cette idée : que nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu'une nation qui colonise, qu'une civilisation qui justifie la colonisation - donc la force - est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment…

Chose significative : ce n'est pas par la tête que les civilisations pourrissent. C'est d'abord par le cœur ».

 

Et dire que ce texte fut mis au programme du baccalauréat en 1994, sous le Ministère de François Bayrou, qui fut obligé de le retirer au bout d’un an, sous la contrainte d’Alain Griotteray et  des ultras de la droite ! Ce qui n’a pas empêché le pouvoir d’organiser une célébration nationale au Panthéon en l’honneur de Césaire, une fois celui-ci disparu, événement qui prend une tournure  de farce lorsqu’on se rend compte qu’on s’est empressé d’oublier la teneur de son œuvre… On pourrait dire la même chose de Claude Lévi-Strauss, considéré comme un  « trésor national » à l’époque de son centenaire, et dont on foule aujourd’hui au pied l’enseignement…

 Il n’est sans doute pas indifférent que Serge Letchimy soit, après que Césaire l’a été pendant un demi-siècle, député de la Martinique,  issu de ces Antilles que la France a enfanté dans la douleur sans borne de l’esclavage. Et qu’elle doit aujourd’hui reconnaître, dans la parole que ces « vieilles colonies » lui adressent. Une civilisation qui a produit la traite négrière et l’esclavage, qui a ensuite produit la Shoah, n’a pas à se draper dans une quelconque supériorité, et n’a surtout pas à donner de leçon… On lui conseillerait plutôt de faire profil bas, et de la jouer modeste ! Ce n’est pas là se complaire dans la haine de soi ou dans le « sanglot de l’homme blanc », car ce n’est surtout pas occulter  les grandeurs de la civilisation européenne, dont on sait qu’elle a donné au monde les Lumières, qu’elle a permis l’avènement de la pensée critique, qu’elle a vu l’affirmation de la démocratie politique, la promotion de l'égalité hommes-femmes… Mais c’est ne pas oublier que chaque civilisation, la nôtre comme les autres, a son côté obscur, et c’est, précisément, croire dans le même mouvement que chacune peut, aussi, accéder à ces valeurs universelles.

Quel député, dans l’hémicycle peut se targuer d’avoir été un personnage de roman ? C’est pourtant le cas de Serge Letchimy, l’urbaniste du roman de Patrick Chamoiseau, Texaco.  « Foudroyé » d'une pierre dès son entrée dans le quartier d’habitat précaire qui porte ce nom, il n'est pas « le Fléau », « l'ange destructeur » de la mairie moderniste que les habitants redoutent, mais il va se révéler leur futur sauveur… méritant le surnom messianique de « Christ », que lui donne le « marqueur de paroles » qu’est le romancier. C’est peut-être une part de ce personnage qui l’inspirait, lui donnant le souffle de dire "non" à des paroles intolérables qui venaient d’être prononcées, restaurant du même coup l’image que la France, et la République, peuvent donner au monde.

Oui, il faut soutenir, de manière franche et massive, Serge Letchimy.

 

 

NON À LA TVA SARKOZY QUI VA TOUCHER LE POUVOIR D’ACHAT DE TOUS LES FRANÇAIS


Nicolas Sarkozy : premier créateur de taxes... par PartiSocialiste

09/02/2012

Une réponse intéressante à l’intervention de Serge Letchimy que devrait méditer la droite parlementaire !

Incident à l'Assemblée : le tabou levé par Serge Letchimy

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D'une polémique politicienne peut-il sortir un saut pour la pensée politique collective? On a réduit l'intervention de Serge Letchimy à la maladresse d'un député se laissant piéger par une provocation. Il faut au contraire entendre, déplier, réfléchir à la phrase qui a provoqué la sortie du gouvernement de l'Assemblée nationale. «Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et coloniale.»

Cette phrase est le concentré puissant d'une problématique quasi-ignorée du débat politique général dont elle est pourtant le nœud caché: la place de l'idéologie coloniale dans l'apparition du nazisme et ses conséquences aujourd'hui. Serge Letchimy connaît très bien cette problématique parce qu'elle est au cœur du Discours sur le colonialismed'Aimé Césaire en 1950, son prédecesseur à la mairie de Fort-de-France et celui dont il revendique l'héritage politique.

Qu'apporte cette vision anticoloniale de la Shoah inaugurée par Césaire ? A raison, on a décrit le nazisme comme un summum de barbarie. Summum, on l'a aussi imaginé exception, qui arriverait de nulle part dans la civiliation européenne. Au mieux, comme la victoire d'un courant minoritaire – l'extrême droite – en raison du contexte (la crise économique) ou l'effraction (le coup d'Etat).

Ce que pointe Aimé Césaire dans le discours sur le colonialisme et récemment l'historien spécialiste de la Shoah, Enzo Traverso, dans La violence nazie, ce sont au contraire les éléments de continuïté entre l'histoire de l'Europe comme civilisation et le nazisme. Son enfantement, non pas seulement des entrailles d'une minorité illégitime et marginale (l'extrême droite), mais du centre légitime des idéologies du monde occidental. Enzo Traverso, dans son dernier livre, montre comment le nazisme n'est pas une incongruïté venue de la seule Allemagne, mais a des racines profonde dans le XIXe siècle européen, dans la mécanisation de la mort inaugurée par la guillotine, le darwinisme social, les massacres des conquêtes coloniales, le fordisme et les champs de bataille de la guerre de 1914. C'est tout un contexte de civilisation qui voit apparaître le régime national-socialiste et ses crimes.images.jpg

Le colonialisme allemand avant le nazisme

Serge Letchimy, en héritier de Césaire, insiste sur le colonialisme. Enzo Traverso montre de manière frappante comment la plupart des outils, des méthodes et du vocabulaire mis en œuvre par les nazis l'ont été d'abord par le colonialisme allemand dans ses colonies. Et quand l'Allemagne perd ses colonies en 1918, tout cela va se «reconvertir» mais contre l'Europe, le monde slave d'abord – race et civilisation inférieure à coloniser – puis contre le reste du continent. C'est ce qu'exprime avec force Césaire dans le discours sur le colonialisme: «Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches de Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'un Hitler l'habite, que Hitler est son démon, que s'il le vitupère c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation de l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.»

Si la phrase de Serge Letchimy a choqué, c'est peut-être aussi parce qu'elle lève ce premier tabou: sommes-nous capable de l'entendre ? Avons-nous le courage, blancs, Occidentaux, de répondre à l'invitation de Césaire de traquer ce démon?

Cette question sur le passé est aussi valable pour le présent: le démon n'a pas été expulsé. Comment ne pas voir que c'est faute de l'avoir pris au sérieux que des Sarkozy et Guéant peuvent continuer leur politique contre les roms, les musulmans, les noirs, les Arabes, les habitants des quartiers populaires? Qu'en ne ne pensant pas le nazisme dans le temps long de l'histoire européenne, on ne voit pas que la société laisse se réinstaller un racisme systémique qui transforme – comment dans le système colonial – une partie de la population en indigènes, citoyens à part?

Et cette question est aussi pour la gauche: faute d'avoir osé rouvrir ce compromis de la IIIe République qui a monnayé l'intégration ouvrière contre la création de l' «étranger» comme ennemi (y compris l'étranger de l'intérieur qui s'exprime dans une autre langue que le français), la gauche n'a pas soldé la part coloniale de sa pensée et échoue à penser la place des musulmans, des noirs, des Arabes mais aussi des cultures régionales, voire des personnes en situation de handicap, dans sa conception de la France. A force d'avoir reculé devant l'obstacle politique, théorique, spirituel et pratique de l'héritage colonial, nous avons laissé se substituer un clivage racial au clivage social: il est urgent d'entendre ce que disaient hier Fanon et Césaire, ce que disent aujourd'hui Letchimy, Traverso ou les Indigènes de la République.

 

 

Par VÉRONIQUE DUBARRY et STÉPHANE LAVIGNOTTE

 

Véronique DUBARRY est adjointe écologiste au maire de Paris, en charge des personnes en situation de handicap. Stéphane LAVIGNOTTE est militant écologiste, pasteur, directeur d'une maison de quartier.

08/02/2012

M. Guéant, en Martinique vous ne serez pas le bienvenu

Lettre ouverte adressée au ministre de l'Intérieur par Serge Letchimy, député et président du Conseil régional de la Martinique, où Claude Guéant doit se rendre prochainement

                      

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M. le Ministre,

Votre venue en Martinique dans les jours qui viennent, m’oblige à vous  rappeler que cette  terre a vu naître Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant. Qu’elle a été aimée par des hommes aussi admirables que furent Victor Schœlcher, André Breton, Léopold Sedar Senghor, Claude Lévi-Strauss, et de manière plus proche encore, par Léopold Bissol, Georges Gratiant, ou Camille Darsières, pour ne citer que quelques-uns de nos grands politiques. 

Ces hommes furent de grands humanistes. Leur vie et leurs combats se sont situés en face de ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… Tous ont combattu la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages. Cependant, je n’ai jamais entendu un seul de ces hommes lister ces attentats pour décréter que la civilisation européenne, ou que la culture française, serait inférieure à n’importe quelle autre. Je ne les ai jamais entendus prétendre que le goupillon de la chrétienté (qui a sanctifié tant de dénis d’humanité) serait plus primitif que tel bout liturgique d’une religion quelconque. 

Toujours, ces hommes ont établi la distinction entre cette France de l’ombre et la France des lumières. Pour combattre l’ombre qui menaçait leur humanité même, ils se sont référés à la France de Montaigne, de Montesquieu, de Pascal, de Voltaire, de Condorcet ; à celle qui s’est battue pour abolir la traite, puis l’esclavage, qui a supprimé la peine de mort  du code de ses sentences ou qui a accordé aux femmes le droit de vote et celui de disposer de leur maternités… A s’en tenir à votre logique, ils auraient eu mille raisons de condamner la civilisation occidentale, et de renvoyer aux étages inférieurs bien des cultures européennes. 

Voyez-vous M Guéant, vos chasses à l’immigré (qu’il soit en règle ou non), ou la hiérarchisation que vous célébrez sans regrets ni remords entre les cultures et les civilisations, vous ont enlevé la légitimité dont a pourtant besoin votre prestigieuse fonction. Vous portez atteinte à l’honneur de ce gouvernement, et à l’image d’une France qui visiblement n’est pas la vôtre, mais que nous, ici, en Martinique, avons appris à respecter. 

Toutes les civilisations ont produit, et de manière équivalente, des ombres et des lumières. Mais si les ombres n’ont jamais triomphé très longtemps, si beaucoup d’entre elles ont disparu dans les oubliettes de l‘histoire (en compagnie de régimes politiques ou religieux quelque peu lamentables), c’est simplement parce que des hommes de bon sens, pétris d’humanisme et de haute dignité, ont exalté les parts lumineuses que toutes les civilisations de l’homo-sapiens ont mises à notre disposition.

Les civilisations se sont nourries de leurs lumières mutuelles pour mieux combattre leurs propres ombres. Dans une transversale célébration et de grande foi en l’Homme, ces hommes ont honoré les lumières d’où quelles viennent ; les lumières se sont reconnues entre elles; leurs signaux réciproques ont conservé intact (de part et d’autre des lignes de partage ou de conflit) un grand espoir d’humanité pour tous. Grâce à eux, nous savons qu’il est dommageable de considérer l’ombre, ou de s’en servir à des fins qui ne grandissent personne. Ils nous ont donc appris à nous écarter de ceux qui l’utilisent, et qui, par là même, la transportent avec eux.  

M. Guéant, fouler le sol martiniquais, c’est toucher une terre que des hommes comme Aimé Césaire ont fécondé de leur sang. Un sang qui s’est toujours montré soucieux de l’humanisation de l’homme, du respect des civilisations et de leurs différences.  

Ce serait donc comme une injure à leur mémoire, à leur pensée, à leurs actions, que de vous laisser une seule minute imaginer que vous serez le bienvenu ici. 

C’est par-dessus vous, et du plus haut possible, que nous renouvelons à la France des lumières toute notre considération, et confirmons notre respect pour les valeurs républicaines qui, contrairement à celles dont vous êtes le héraut, sont à jamais très opportunes chez nous. 

07/02/2012

Solidarité avec Serge Letchimy.

Avant de faire une sortie digne de grand Guignol, François Fillon aurait du écouter la Question de Serge Letchimy.

Les journalistes qui se sont empressés de commenter ont eux même négligé d'écouter la question ;

Non Serge Letchimy ne dit pas que nous sommes dans un régime Nazi ! Il demande si les propos de Geant ne risque pas de mener aux idéologies qui ont conduit au nazisme.

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Texte intégral de la question de Serge Letchimy

"Monsieur le Premier ministre,
Nous savions que pour M. Guéant, la distance entre « immigration » et « invasion » est totalement inexistante, et qu'il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique.
Ce n'est pas un dérapage !
C’est une constante parfaitement volontaire !
En clair : c'est un état d'esprit et c’est presque une croisade!
La preuve c’est qu’il vient de s’autoproclamer protecteur d'une civilisation supérieure, la civilisation française, en déclarant du fond de son abîme, sans remords ni regrets, que «toutes les civilisations ne se valent pas ». Que certaines seraient plus « avancées » ou « supérieures » à d’autres.
Non, monsieur Guéant, ce n est pas du bon sens» !
C’est simplement une injure faite à l’homme !
C’est une négation de la richesse des aventures humaines !
Et c’est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations !
C’est triste de devoir le rappeler ici :
Toutes les civilisations ont déployé d’une manière égale des ombres et des lumières !
Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat !
Aucun peuple n'a le monopole de la beauté, de la science, du progrès, et de l'intelligence !
Montaigne disait que « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition ».
J’y souscris.
Et j’ajouterais que chaque culture, chaque civilisation, dans sa lutte permanente entre ses ombres et ses lumières, participe à l'humanisation de l’homme !
Mais vous Mr Guéant, vous privilégiez l’ombre !
Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial.
Monsieur Guéant le régime nazi, si soucieux de purification, si hostile à toutes les différences, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, portée par toute la chrétienté, était-ce une mission civilisatrice ?
Il existe, M. le Premier Ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque
Mais, il en existe une autre : celle de Montaigne, de Montesquieu, de Condorcet, de Voltaire, de Schœlcher, de Hugo, de Césaire, de Fanon, et de bien d’autres encore !
Une France qui nous invite à la reconnaissance que chaque homme, dans son identité et dans sa différence, porte l’humaine condition, et que c’est dans la différence que nous devons chercher le grand moteur de nos alliances !
Vos déclarations ne sous-tendent pas une stratégie, un calcul politique médiocre et pitoyable.
Votre seul but, Mr. Guéant, au mépris de l’éthique la plus élémentaire, c'est de vous servir de la récupération des voix du front national pour tenter d’installer une idéologie douteuse.
C’est un jeu dangereux !
Un jeu ignoble qui vous a déjà anéanti mais qui nous insulte tous !
Alors monsieur le premier ministre : Quand, mais quand donc votre ministre de l’intérieur cessera t-il de porter outrageusement atteinte à l’image de votre gouvernement et à l’honneur de la France ?

Serge LETCHIMY

 
 

19/01/2012

Quand Sarkozy proposait aux Français de le sanctionner s'il ne parvenait pas à 5% de chômeurs

19/12/2011

De François MITTERAND à François HOLLANDE


Expression directe du Parti socialiste : 14... par PartiSocialiste

15/12/2011

Que dire du Bilan de SARKO 2007-2011 ?

Que dire du Bilan de SARKO 2007-2011 ?

 

La dette publique : +612 milliards d’euros d’augmentation en 5 ans

 

 

 

Les cadeaux fiscaux pour les plus riches et perdus pour l’État : 75 milliards offerts en 5 ans

 

La multiplication des taxes pour tout le monde : +24 taxes supplémentaires depuis 2007

 

L’explosion du chômage : +1 million de chômeurs de plus en 5 ans.

                                                                                                                        

 

 

Les violences contre les personnes : +21,2% d’augmentation

 

La pauvreté : +337 000 personnes sont devenus pauvres

 

L’abandon de l’éducation : 80 000 postes supprimés en 5 ans

 

La dégringolade pour la liberté de la presse : 31ème en 2007, la France se classe 44ème

 

La santé : 4 millions de personnes n’ont pas de complémentaire santé ou renoncent aux soins

 

Les retraites : +60 000 retraités sont devenus pauvres depuis 2007

 

Le déficit de la sécurité sociale : +8,7 milliards d’augmentation en 5 ans

 

Le déficit commercial : +36 milliards d’augmentation en 5 ans

 

La croissance : 0 point de croissance supplémentaire sur l’ensemble du quinquennat

 

L’emploi industriel : -750 000 emplois dans l’industrie en 10 ans de droite, -350 000 depuis 2007

 

La précarité au travail : +70 000 actifs (en particulier les jeunes) sont devenus pauvres depuis 2007

 

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Il me semble qu’il souhaitait être jugé sur ses résultats ?

16/11/2011

Etat du Couple Franco Allemand

Dessin du Canard Enchaîné du 16 11 2011

 

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28/10/2011

SIGNEZ LA PETITION POUR UN AUDIT SUR LA DETTE

Appel pour un audit citoyen de la dette publique

 

Mediapart publie l'appel du Collectif national pour un audit de la dette publique, soutenu par des personnalités comme Etienne Balibar, Frédéric Lordon, Susan George ou Ariane Mnouchkine. Objectif du collectif, qui regroupe une vingtaine de syndicats et d'associations: organiser un «débat démocratique au plan local, national et européen» sur la question de la dette des Etats.

 

 

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Écoles, hôpitaux, hébergement d'urgence… Retraites, chômage, culture, environnement... nous vivons tous au quotidien l'austérité budgétaire et le pire est à venir. «Nous vivons au-dessus de nos moyens», telle est la rengaine que l'on nous ressasse dans les grands médias. Maintenant «il faut rembourser la dette», nous répète-t-on matin et soir. «On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France».


Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe. Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis vingt ans ont-ils asséché les budgets? Cette dette a-t-elle été tout entière contractée dans l'intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime? Qui détient ses titres et profite de l'austérité? Pourquoi les États sont-il obligés de s'endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que celles-ci peuvent emprunter directement et pour moins cher à la Banque centrale européenne?


Nous refusons que ces questions soient évacuées ou traitées dans notre dos par les experts officiels sous influence des lobbies économiques et financiers. Nous voulons y répondre nous-mêmes dans le cadre d'un vaste débat démocratique qui décidera de notre avenir commun.
En fin de compte, ne sommes-nous plus que des jouets entre les mains des actionnaires, des spéculateurs et des créanciers, ou bien encore des citoyens, capables de délibérer ensemble de notre avenir?
Nous nous mobilisons dans nos villes, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail, en lançant un vaste audit citoyen de la dette publique. Nous créons au plan national et local des collectifs pour un audit citoyen, avec nos syndicats et associations, avec des experts indépendants, avec nos collègues, nos voisins et concitoyens. Nous allons prendre en main nos affaires, pour que revive la démocratie.

 

Premiers signataires:


Marie-Laurence Bertrand (CGT); Jean-Claude Chailley (Résistance sociale); Annick Coupé (Union syndicale Solidaires); Thomas Coutrot (Attac); Pascal Franchet (CADTM); Laurent Gathier (Union SNUI-Sud Trésor Solidaires); Bernadette Groison (FSU); Pierre Khalfa (Fondation Copernic); Jean-François Largillière (Sud BPCE); Philippe Légé (Économistes atterrés); Alain Marcu (Agir contre le Chômage!); Gus Massiah (Aitec);Franck Pupunat (Utopia); Michel Rousseau (Marches européenne); Maya Surduts (Collectif national pour les droits des femmes); Pierre Tartakowsky (Ligue des droits de l'homme); Patricia Tejas (Fédération des Finances CGT); Bernard Teper (Réseau Education Populaire); Patrick Viveret (Collectif Richesse)Philippe Askénazy, économiste; Geneviève Azam, économiste; Étienne Balibar, philosophe; Frédéric Boccara,économiste; Alain Caillé, sociologue; François Chesnais, économiste; Benjamin Coriat, économiste; Cédric Durand, économiste; David Flacher, économiste; Susan George, écrivain; Jean-Marie Harribey, économiste;Michel Husson, économiste; Stéphane Hessel, écrivain; Esther Jeffers, économiste; Jean-Louis Laville, sociologue; Frédéric Lordon, économiste; Marc Mangenot, économiste; Dominique Méda, sociologue;Ariane Mnouchkine, artiste; André Orléan, économiste; Dominique Plihon, économiste; Christophe Ramaux, économiste; Denis Sieffert, journaliste; Henri Sterdyniak, économiste.

Signer l'appel:

http://www.audit-citoyen.org/

URL source: http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapar...

 

27/10/2011

Pétition : non à la taxe sur la santé qui dégrade l'accès aux soins des Français !

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Pétition : non à la taxe sur la santé qui dégrade l'accès aux soins des Français !

voici le lien :Pétition non à la taxe sur la santé

26/10/2011

Une image très realiste ?

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14/10/2011

Le 16 Octobre Mon vote c'est pour Martine

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22/08/2011

La règle d’Or : un marché de dupes, comme toujours avec Sarkozy

La règle d’Or : un marché de dupes, comme toujours avec Sarkozy

Je viens de lire un texte qui me semble mériter une grande diffusion afin d'informer le maximum de nos compatriotes des grandes manoeuvres de Sarkozy et Fillon au sujet de la "fameuse règle d'Or "

 

texte de Will Mael Nyamat (nouvel observateur .fr)

 

C’est bien connu ! Le président Nicolas Sarkozy prend tous ses interlocuteurs pour des demeurés et les Français sont devenus, depuis 2002, les premières victimes de ce passe temps présidentiel.

 

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À l’approche de mai 2012, ne pouvant plus exploiter les ficelles trop grosses de l’immigration et de l’insécurité, le président de "son" pouvoir d’achat vient d’inventer un nouveau gadget pour imbéciles heureux : La Règle d’or. Cette "nouvelle" règle budgétaire du président des déficits (33,6 milliards d’euros cumulés sur l’année 2011, contre 29,8 milliards d'euros en mars 2010) limiterait à 2% de la richesse nationale l’endettement possible de la France.

 

Mais c’est bien connu : tout ce qui brille n’est pas de l’OR, et venant du président bling bling (expression dérivée de l’argot américain et signifiant en réalité "toc", objets métalliques sans valeurs réelles), il serait naïf de ne pas voir venir le coup. Ce qui est présenté par notre président prestidigitateur (magicien de cabaret à ses heures perdues) comme une nouveauté, existe déjà en réalité : et cela s’appelle le pacte de stabilité, adopté par la France et l’ensemble des pays de l’union européenne lors de la mise en place de la monnaie unique.

 

Manœuvre

 

En effet, le traité de Maastricht adopté par notre pays inclut déjà une limitation des déficits publics à 3% du PIB. Lorsqu’on voit aujourd’hui la situation de la Grèce, ou encore la situation déficitaire de notre propre pays, on a du mal à imaginer pour quelles raisons les Etats membres et la France en particulier respecteraient une obligation même constitutionnelle de limitation des déficits alors que le président qui tente d’introduire cette règle dans notre loi fondamentale a été infichu de la respecter lui-même alors qu’un traité international (en l’occurrence un texte communautaire supérieur à la loi nationale selon la hiérarchie des normes) le lui impose déjà…

 

Il faut en réalité voir dans cette nouvelle manœuvre de Sarkozy un tour de passe-passe électoraliste comme il en a le secret. En feignant d’imposer à la France, et par ricochet à un éventuel gouvernement de gauche (il doit sentir sa fin proche) une prétendue rigueur budgétaire qu’il n’a pas lui-même respecté (record des déficits en moins de 4 ans pour des dépenses inutiles tels que l’avion présidentiel ou encore l’augmentation de son propre salaire entre autres,) le président de la République tente de surfer sur le mythe selon lequel, la gauche dépenserait plus que la droite, qu’elle augmenterait plus les impôts pour ceux qui travaillent et favoriserait l’assistanat.

 

"Bamboula budgétaire"

 

En résumé, "Regardez, je limite désormais les déficits (après les avoir creusés). Votez pour moi car sinon, avec la gauche ce sera la bamboula budgétaire".

 

À y regarder de plus près, que constate t-on ? Sous l’ère Sarkozy, les classes moyennes et les classes populaires qui ont voté massivement pour le candidat Sarkozy ont été les cocus de son épopée présidentielle. On remarquera sans mauvaise foi aucune… que ces catégories sociales n’ont pas été invitées au Fouquet's… Tout un symbole. Sans doute qu’il n’y avait pas assez de place pour tout ce monde… Au final : augmentation des impôts des catégories sociales citées au paragraphe précédent alors que les impôts des TRÈS TRÈS riches ont fondus comme neige au soleil.

 

À titre d’exemple, Liliane Betancourt, pour ne citer qu’elle, ne paye que 8% d’impôts par an. Pour info, son revenu s’élève à 500€/seconde. Inutile de régler votre écran d’ordinateur, vous avez bien lu. Inscrire dans la constitution un principe qui, déjà inscrit dans un traité international et jamais respecté, en plus d’être un "foutage de gueule" de la part du Président, reviendrait également à vider de sa substance l’existence même de la constitution comme norme de droit supérieur inviolable. En effet, ces règles de limitation budgétaires limitant fortement la souveraineté des États, effaçant la puissance publique derrière celle des marchés, la France, à la première difficulté, devra modifier sa constitution à nouveau. Au final, notre loi fondamentale n’aura plus la force que nous sommes censés lui avoir été conférée. Une seule certitude, les citoyens avisés que nous sommes ne se laisseront pas duper.

 

Reste à savoir si les candidats à la primaire socialiste sauront trouver les mots et le charisme nécessaire pour faire comprendre aux Français que ce type tente à nouveau de se moquer d’eux !

07/05/2011

Le procureur Courroye a agi en parfaite illégalité

Un procureur qui bafoue les lois voici ce qui n'est pas commun et qui devrait avoir des conséquences. Dans l'affaire qui a opposé le juge Courroye à la juge d'instruction Prevost Deprez, ce dernier a été désavoué par les juges bordelais qui ont considéré que l'action du procureur avait été illégale. Rien de moins.

 

Le Monde qui était partie prenante nous révèle l'affaire : Le désaveu, pour Philippe Courroye, le procureur de Nanterre, est cinglant. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a considéré, dans un arrêt rendu le 5 mai – dont Le Monde a eu connaissance –, que la procédure lancée en septembre 2010 à l'encontre de la juge Isabelle Prévost-Desprez, pour "violation du secret professionnel" était entachée d'illégalité.

En conséquence, les magistrats ont annulé l'essentiel de l'enquête. Ils ont fondé leurs arguments sur le fait que M. Courroye avait demandé aux services de police de se procurer les "fadets" – facturations téléphoniques détaillées – de deux journalistes du Monde, censés être en relation avec Mme Prévost-Desprez.

La chambre de l'instruction a estimé que cette initiative procédurale était totalement illégale. M. Courroye avait saisi l'Inspection générale des services (IGS), demandant aux policiers d'identifier les numéros de téléphones portables personnels et professionnels des deux journalistes du Monde puis de recenser les appels entrants et sortants, incluant les SMS échangés, dans la période allant du 23 juillet au 2 septembre 2010.

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Consigne était aussi donnée d'identifier les titulaires des lignes des correspondants des journalistes.

Dans ses attendus, l'arrêt rappelle qu'à aucun moment, "l'accord des intéressés, qui n'ont d'ailleurs pas été entendus au cours de l'enquête, n'a été recueilli", ce qu'exige pourtant l'article 77-1-1 du code de procédure pénale. Il y a, selon les magistrats, une "violation manifeste" de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 2 de la loi du 29 juillet 1881.

 

 

- La société démocratique est basée sur la confiance. Lorsqu’il est établit que vous avez agi en dehors des règles, quelle confiance les citoyens peuvent-ils avoir dans le rôle si important d’un procureur de la République comme Philippe Courroye dans un tribunal aussi important que Nanterre ?

Il me semble que Philippe Courroye a été désavoué et que ce désaveu devrait entraîner une modification de sa situation professionnelle, parce que le citoyen ne peut pas avoir confiance en un procureur qui viole la loi./Les procureurs peuvent être mutés et je pense qu’il est de la responsabilité de la Chancellerie de lui trouver une autre fonction.

La démocratie est basée sur la confiance. Nous, les écologistes, nous voulons un changement important de la société. Ce changement ne peut se conduire sans la confiance dans les institutions.

Il nous faut rappeler, ce qui ne sont pas des détails, toute l'attitude détestable de ce procureur dans l'affaire Bettencourt. Tout d'abord pour au moins deux raisons évidentes il aurait dû se dessaisir de cette affaire : a- parce qu'il a obtenu d'Eric Woerth, ministre du budget, le remboursement pour plusieurs milliers d'euros de son déménagement et b- car il était cité dans les enregistrements clandestins. Il y avait-là un double conflit. Ensuite il a saucissonné l'affaire afin de la rendre plus facilement classable selon les différentes enquêtes. Comme il ne l'a pas confié à un juge d'instruction, il n'a pu enquêter en Suisse sur le volet fiscal de l'affaire Bettencourt, uniquement sur l'aspect escroquerie. Du reste vous remarquerez que l'on ne parle plus de la veuve dorée qui a quand même fraudé le fisc. Aucune poursuite pénale ne semble être à l'ordre du jour. Il avait aussi refusé à la juge Prevost Deprez les enregistrements malgré un arrêté de la cour. Il a lutté pied à pied pour empêcher ce volet de l'affaire d'avancer. Il avait du reste changé d'opinion en ce qui concerne l'abus de faiblesse de la veuve dorée et que celle-ci avait été avertie deux mois avant que la décision serait bonne.

l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 2 de la loi du 29 juillet 1881.

Il va falloir attendre de cette décision ce que va en faire la chancellerie. Nous savons déjà quelle a été l'attitude d'un autre procureur, le sieur Marin dans l'affaire Clearstream et je doute qu'elle agisse ne se contentant que de garder les sceaux. En tout cas Eva Joly, elle demande qu'il y ait une mutation (LeNouvelObs) : Quelle conséquence peut avoir un tel arrêt ?

 

 

 

24/11/2010

Sarkozy: «A Jacques Servier, la nation reconnaissante

Sarkozy: «A Jacques Servier, la nation reconnaissante

 

Par  

michel de pracontal 

 

L'affaire du médicament Mediator, cause probable de 500 décès, braque les projecteurs sur les laboratoires Servier. Et l'on retrouve Nicolas Sarkozy qui décora il y a peu Jacques Servier des insignes de grand-croix de la Légion d'honneur. Histoire d'une vieille amitié,

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qui remonte à 1983, à la mairie de Neuilly et au cabinet d'avocats d'affaires du président.

 

 


La nation vous est reconnaissante de ce que vous faites. Vous êtes une publicité vivante pour les médicaments Servier parce que, franchement, l'âge n'a absolument aucune prise sur vous. Je dirais même que par une certaine coquetterie, vous rajeunissez Jacques. C'est extrêmement énervant!»

 

 Je me souviens de notre première rencontre en 1983. C'était déraisonnable, c'est là que je vois que vous êtes enthousiaste, vous pensiez déjà à l'époque que je serais président de la République. Incorrigible Jacques Servier ! Vous êtes un personnage hors du commun. Votre ascèse et votre sobriété forcent le respect de tous. Mais je ne veux pas faire votre portrait, comme on croque quelqu'un à distance. Je vous connais trop bien pour cela. »

 

 

 

 

On savait que les médicaments Servier pouvaient avoir des effets sur le cœur, on découvre qu'ils ont aussi des vertus régénératrices... Les sirops Servier, nouvelle eau lustrale ? Les propos reproduits ci-dessus sont tirés d'une allocution   prononcée le mardi 7 juillet 2009 à l'Elysée par le président de la République à l'adresse de Jacques Servier, patron du laboratoire qui a produit le Mediator. Ce jour-là, Jacques Servier, âgé de 87 ans mais manifestement en pleine forme, reçoit les insignes de grand-croix de la Légion d'honneur, des mains de Nicolas Sarkozy, qui s'adresse à lui comme à un ami proche 

Nicolas Sarkozy n'y va pas avec le dos de la cuillère-doseuse pour complimenter son « cher Jacques », qualifié d'«homme de santé et de recherche », formé à l'école de Pasteur et des « nombreux prix Nobel dont notre pays peut s'enorgueillir ». Jacques Servier est si touché par l'allocution de son ami président qu'il la fait reproduire in extenso sur le site de son groupe.

 

Il serait de mauvais goût de rappeler qu'au moment où le président de la République prononce ce vibrant éloge, au CHU de Brest, le docteur Irène Frachon s'efforce d'évaluer le risque de valvulopathie cardiaque induit par la prise de Mediator, le médicament Servier commercialisé en 1976 et qui ne sera retiré du marché qu'en novembre 2009, malgré les nombreux signaux inquiétants survenus depuis 1999 .

Non seulement ce serait de mauvais goût, mais ce serait le signe d'un esprit à courte vue. Le président de la République, qui sait de quoi il parle puisqu'il connaît parfaitement ce « grand Français » qu'est Jacques Servier, a reconnu en lui un « visionnaire », un « entrepreneur comme la France en compte peu », grâce à qui « notre pays peut saluer une industrie de classe mondiale », privilège « réservé à moins d'une dizaine de pays dans le monde ».

Le discours de Sarkozy nous apprend aussi, ce qu'on ne savait pas forcément, que le président de la République a personnellement « joué un rôle » dans la grande aventure industrielle de Servier. Jacques Servier a fait de son groupe une fondation, statut grâce auquel « tous les résultats du groupe sont redistribués dans la recherche ». Cette dernière affirmation est un tout petit peu exagérée si l'on en croit Le Figaro:

« Le laboratoire, qui ne publie pas ses comptes, est détenu par une fondation créée par Jacques Servier. Un moyen de consacrer 25% de ses revenus, beaucoup plus que ses concurrents, à la recherche et au développement. Comme eux, le groupe multiplie depuis quelques années les partenariats avec les sociétés de biotechnologie françaises et étrangères et les instituts publics.»

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Jacques Servier semble avoir un goût pour les fondations : outre celle qui détient son groupe, il s'est associé à la fondation Prometheus, qui associe une dizaine d'entreprises et dont l'objet est de « contribuer à l'analyse des enjeux de la mondialisation, de  concourir à la paix économique et à la transparence des échanges pour la participation à l'élaboration de politiques publiques et la promotion de la recherche stratégique ». On retrouve la vision planétaire de Jacques Servier, surtout lorsqu'on découvre, parmi les entreprises à l'origine de ce projet prométhéen, Alstom, Areva, Dassault, EADS et Thales... 

 

Concrètement, l'activité de Prometheus consiste, entre autres, à établir chaque année un « Baromètre de transparence des ONG » qui donne une note de 1 à 10 aux organisations non gouvernementales. Par exemple, en 2009, Prometheus a attribué la note 1/10 à la Criirad (association d'expertise indépendante sur le nucléaire), 2/10 à Négawatt (association qui plaide pour les économies d'énergies) et à « Ecologie sans frontières », 4/10 à Attac et 5/10 à Greenpeace, mais 10/10 à Médecins du monde...

 

Au passage, le représentant du groupe Servier au sein de Prometheus est Christian Bazantay, secrétaire général du groupe Servier et ami de longue date du président de la République. Mais comment ce dernier a-t-il connu Jacques Servier ? En 1983, tout jeune avocat, âgé de 28 ans, Nicolas Sarkozy entre au cabinet de Me Guy Danet, bâtonnier.

 

La même année, il est élu maire de Neuilly (un cumul de fonctions autorisé par la loi). Sarkozy apprend le métier d'avocat d'affaires, à l'école de Danet, un grand bâtonnier dont le cabinet est sis près du parc Monceau et qui est, entre autres, l'avocat de Paris Match. Le futur président développe son réseau, notamment grâce aux relations qu'il peut nouer dans les milieux huppés de Neuilly. Or, le groupe Servier est installé à Neuilly depuis 1954.

En 1987, Nicolas Sarkozy quitte Guy Danet et crée son propre cabinet, avec deux associés, Arnaud Claude et Michel Leibovivi (aujourd'hui décédé). Sa carrière d'avocat lui permet de développer ses relations dans le monde des affaires, comme le racontent Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans leur livre enquête Le Président des riches 

 

. Mais avec son « cher Jacques » Servier, ce n'est pas une question d'argent, mais d'amitié et de fidélité entre le président de la République et un médecin doué d'une « conception profondément humaine de (son)métier ». C'est bien sûr en vertu de cette humanité que Jacques Servier a déclaré sans sourciller que l'affaire du Mediator – cause probable de 500 décès – était« une fabrication » et un « bruit médiatique disproportionné ».  

 

 

 

17/11/2010

Référendum pour le retrait des lois sur la retraite

Référendum pour le retrait des lois sur la retraite

11 Novembre 2010 Par JJMU

L'article 11 de la Constitution ayant été révisé en 2008, il y a moyen de contraindre le président de la république à un référendum sur les retraites : que ce référendum soit proposé par 1/5 des parlementaires, eux-mêmes soutenus par 1/10 des électeurs (nous). 

Même si la réforme des retraites a été adoptée par le sénat et l’assemblée nationale, tout n'est pas perdu, la loi peut ne pas être appliquée. Il est encore temps de tout mettre en ouvre pour s'opposer à cette réforme des retraites. 

Voici donc le lien pour signer cet appel (opérationnel dès ce soir du 11 novembre) : 

http://www.referendumretraites.org
 

1/10e des électeurs, ça fait du monde (environ 4,3 millions *) ! À nos claviers ! Envoyons ce lien à tous ceux que nous connaissons, sur toutes les listes que nous possédons, pour faire boule de neige. 

*Pour mémoire, 
Élection présidentielle du 6 mai 2007 (la plus importante): 44 472 733 inscrits. 
Élections européennes de 7 juin 2009 (l'avant dernière): 44 282 823 inscrits. 
Élections régionales du 21 mars 2010 (la plus récente): 43 350 204 inscrits dont 6 764 004 pour la région parisienne soit un peu plus de 15 %. 

 

Une nouvelle piste : Karachi un témoin cite Nicolas SARKOZY et ouvre la piste "Clearstream"

Gérard-Philippe Menayas, ancien haut dirigeant de la DCN, vient de révéler qu'une partie des commissions suspectes du contrat des sous-marins Agosta, qui auraient permis en 1995 le financement de la campagne SARKO-MAIN1.pngde Balladur, a transité par la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream. Le nom de Nicolas Sarkozy est cité à de nombreuses reprises. Charles Millon confirme un système de corruption.

 

09/11/2010

DES MANIFESTANTS PLUS QUE JAMAIS DETERMINES ET MOTIVES

LE COMBAT CONTINUE

 

BORDEAUX LE 06 NOVEMBRE 

toujours en lutte

 

 


Manifestation du 6 novembre 2010 à Bordeaux
envoyé par lepontcaral. - L'actualité du moment en vidéo.

Une vidéo qu'il faut revoir !


Je veux une République irréprochable
envoyé par ump. - L'actualité du moment en vidéo.

Depuis la dernière campagne présidentielle de 2007 , il est bon de revoir cette vidéo de l'UMP pour faire un bilan des promesses présidentielles qui n'avaient aucune incidence financiere  sur le déficit de la France .

Sur ces engagements de SARKOZY candidat , on peut dire que le Président a menti  20 fois sur les 20 promesses !

07/11/2010

A Bordeaux le combat continue

Manifestation du 06 novembre 2010

Des manifestants plus que jamais motivés , le combat continue!

 

08/08/2010

Une des conséquences de la Politique de R.BACHELOT (illustrée)

 

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02/08/2010

Sécurité: Robert Badinter dénonce une "faute politique" de Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) — L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter a dénoncé lundi sur France-Inter une "faute politique" de Nicolas Sarkozy après son discours sur la sécurité, vendredi à Grenoble, dans lequel le chef de l'Etat a souhaité que des "personnes d'origine étrangère" puissent être déchues de leur nationalité en cas d'atteinte à la vie d'un gendarme ou d'un policier.

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Le sénateur socialiste, ancien président du Conseil constitutionnel, a rappelé "l'article Ier de la Constitution qui est celui que chacun doit toujours conserver en tête, s'il est un Républicain" et qui "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine".

"Le principe que nous devons conserver en mémoire, c'est que tous les Français, tous les Français, sont égaux devant la République, devant loi quelle que soit leur origine", a-t-il martelé. "Qu'est ce qu'on veut faire? On veut faire des discriminations, contre les Français au regard de même crimes, de mêmes infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française".

Pour Robert Badinter, c'est "contraire à l'esprit républicain", mais aussi une "faute politique". En effet, a-t-il expliqué, "le coeur du problème, nous le savons tous, c'est le sentiment de certains de ces Français que M. Sarkozy appelle d'origine étrangère de demeurer quel que soit leur carte d'identité des étrangers dans la nation". AP

 

Lettre de Jeanne Moreau à Brice Hortefeu

02/07/2010

Affaire Bettencourt : les banques suisses chargent Eric Woerth

Affaire Bettencourt : les banques suisses chargent Eric Woerth

Extrait du Monde .fr

Parties de Paris il y a quinze jours, les vagues causées par l'affaire Bettencourt-Woerth atteignent les rives du lac Léman. Les financiers suisses ricanent doucement et s'emportent contre Eric Woerth. Les langues se délient, tel ce financier spécialiste des "family offices" qui s'emporte dans la Tribune de Genève, contre l'ancien ministre du budget qui menaçait, à l'automne, quelques milliers de citoyens français dont les noms figuraient sur un listing volé par Hervé Falciani chez HSBC Private Bank à Genève. "Eric Woerth, qui avait fait de l'évasion fiscale sa priorité, nous a longtemps fustigés comme les ennemis numéro un. C'est lui aussi qui (...) nous a conduits sur la liste grise de l'OCDE, celle des paradis fiscaux non coopératifs. Mais savez-vous qu'au même moment, sa femme Florence, l'une des gérantes de fortune de Liliane Bettencourt, était vue très souvent dans le "family office" de la milliardaire française, qui se situe à deux pas de l'Hôtel d'Angleterre ?" "Eric Woerth, durant ces deux dernières années, ne pouvait pas ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève. Et que ce n'était certainement pas pour voir son Jet d'eau !" Le locataire de la rue de Grenelle appréciera.

 

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Les enregistrements rendus publics par Mediapart ont mis au jour deux comptes bancaires, l'un à Vevey, de 65 millions d'euros, l'autre à Genève, de 16 millions d'euros. "Ces comptes auraient été déplacés au mois d'avril dernier, dans une assurance-vie en France au profit du petit-fils de Liliane et fils de Françoise, aujourd'hui en procès avec sa mère". Le quotidien suisse poursuit en évoquant le transfert "de 280 millions d'euros des comptes français de Liliane Bettencourt chez UBS Genève".

 

7 MILLIONS D'EUROS POUR LA CAMPAGNE DE 2007

La Tribune de Genève renvoie vers Matin Dimanche, qui affirmait le 19 septembre 2009, qu'en tant que trésorier de l'UMP, Eric Woerth s'est rendu au printemps 2007 en Suisse chez "Pierre Condamin Gerbier, responsable de l'UMP à Genève et gérant de fortune ardent défenseur des "family offices"" qui a été "chargé, notamment, d'organiser le dîner de gala au Crowne Plaza, puis au Caviar House, avec les plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande, en mars 2007, lorsque Woerth était venu collecter des fonds pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy". Le quotidien reprenait alors les propos d'un autre banquier genevois, lui aussi extrêmement courroucé : "Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu'on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français." La collecte finale avait rapporté, en tout, plus de 7 millions d'euros.

Le Matin Dimanche rappelait que Nicolas Sarkozy, avocat d'affaires avant de devenir président de la République, accompagnait des clients à Genève et les introduisait auprès de financiers, reprenant une information du site Rue89 le 2 avril 2009, titrant "Quand Sarkozy l'avocat ne méprisait pas les paradis fiscaux". "Voir (...) Nicolas Sarkozy en procureur Fouquier-Tinville des fraudeurs du fisc, cela ne manque pas d'étonner dans la cité de Calvin", s'étonnait alors Le Matin.

 

23/06/2010

L’enjeu des retraites par Bernard Friot

Dans une période déjà longue ou la propagande gouvernementale avec le soutien appuyé des médias , l'analyse de Bernard Friot doit nous permettre de revenir avec lucidité à une autre perspective de l'avenir des retraites et de lutter avec détermination contre la réforme 'véritable régression, proposée par le gouvernement .

J’apprécie la possibilité de parler ici du livre que je publie en mars. L’enjeu central des retraites est l’émancipation du travail de la valeur travail. Toutes les institutions nécessaires à cette émancipation existent déjà. Elles sont le fruit d’une construction pragmatique. Il faut leur donner aujourd’hui une densité théorique afin d’en faire le fondement d’un discours alternatif à l’argumentaire dominant. En matière de retraites, l’affaire semble entendue et ne pas souffrir de débat: il y a un problème des retraites. Un problème démographique, d’abord. Avec le passage d’un actif pour un retraité à un pour deux d’ici 50 ans, la question selon la présidente du Medef (organisation patronale française), ne serait «ni de droite ni de gauche, mais arithmétique».

Un problème comptable, ensuite: les déficits actuels et surtout prévus seraient tels qu’il faudrait dans l’urgence «sauver le régime par répartition» en réduisant ses prestations, à «compléter» par de la capitalisation.

Un problème moral, enfin: il faudrait rétablir la «solidarité intergénérationnelle» car nous serions en train de nous constituer des droits qui obligeront nos enfants à nous payer dans l’avenir des pensions d’un trop fort niveau compte tenu de ce qu’ils pourront produire. Et Madame Parisot (présidente du Medef) n’est pas la seule à nous le dire: les gouvernements successifs de droite et de gauche nous le disent depuis vingt ans, les experts nous le répètent de rapports en rapports, et le consensus est partagé. Il faut combattre pour briser ce consensus. C’est le sens de ce livre. Le résultat de mes recherches et de mes réflexions peut se résumer dans les propositions suivantes.

1. Le but des réformateurs est de mettre fin aux retraites comme «salaire continué»

32a_Friot.jpgLa réforme poursuivie avec une grande continuité au moyen d’une succession de dispositions réglementaires et législatives par les gouvernements français successifs depuis 1987 a pour but de mettre fin au système des retraites en tant que «salaire continué». Celui-ci est aux côtés de l’assurance-maladie la composante centrale du «salaire socialisé» dont j’ai fait l’histoire et la théorie dans un livre précédent [voir Et la cotisation sociale créera l’emploi (1999) ainsi que Puissances du salariat: emploi et protection sociale à la française - 2008].

Après l’abandon du système de l’épargne retraite par le gouvernement de Vichy en 1941, la pension des salariés du privé va progressivement se rapprocher du «traitement continué» de la fonction publique. Les droits des fonctionnaires reposent sur leur qualification (leur grade) et non sur leur emploi (leur poste): attaché à leur personne, leur grade ne s’éteint pas avec leur cessation d’activité et leur pension, calculée sur la base de leur dernier (et meilleur) salaire, est en permanence revalorisée selon la valeur courante de l’indice qui a servi à leur calcul. Elle est bien du salaire continué, et ce modèle de la fonction publique sera transposé dans les entreprises à statut (SNCF, EDF-GDF, pour prendre les plus importantes). Comme remplacement du meilleur salaire de la personne, indexé sur le mouvement moyen des salaires, il sert d’horizon pour les salarié·e·s du secteur privé dont la pension va se rapprocher du salaire continué avec référence aux 10 meilleures années et indexation sur les salaires. Cette progression est assurée par une hausse constante du taux de cotisation, qui passe de 8 à 25% du salaire brut ente 1945 et les années 1980. Juste avant la réforme, l’échantillon inter régimes des retraités donne le taux de remplacement du dernier salaire net par la première pension nette des retraités à carrière complète nés en 1930: il est en moyenne, pour le secteur privé, de 84%. Certes, tous les retraités n’ont pas une carrière complète, les femmes en particulier, mais les femmes peuvent espérer, avec l’amélioration du taux d’emploi des cohortes arrivant à la retraite dans les années 2000, une nette amélioration de leur situation. Ce sont les femmes que la réforme, qui stoppe cette progression, vise en premier.

Ce qui justifie de parler de «réforme» au singulier est la constance de la détermination réformatrice des gouvernements, de gauche comme de droite, qui partagent et poursuivent un projet exposé clairement depuis 1991 dans le Livre Blanc de Michel Rocard. Qu’on en juge: Chirac indexe les pensions du secteur privé sur les prix par une mesure réglementaire de 1987 qu’en 1993 Balladur transforme en loi pour cinq ans, loi que Jospin pérennise en 1998, que Raffarin étend à la fonction publique en 2003 et Fillon aux régimes spéciaux (SNCF, EDF-GDF...) en 2008.

Rocard énonce en 1991 les principes de séparation entre contributif et non contributif, de durcissement des conditions de retraite à taux plein à 60 ans, d’extension de la période du salaire de référence et d’allongement de la durée d’une carrière complète que Bérégovoy, qui en dépose en 1992 le projet de loi, n’a pas le temps de mettre en œuvre et dont Balladur réalise en 1993 une première étape que complète Raffarin en 2003. Juppé rate en 1995 la réforme des régimes spéciaux que Fillon réalise en 2008 ; sa loi sur les fonds de pension n’a pas de décrets d’application quand il perd le pouvoir et Jospin l’abroge pour créer un fonds de réserve et une formule d’épargne salariale qui servira de matrice à l’épargne retraite que met en place Raffarin, avec en prime un fonds de pension obligatoire dans la fonction publique. Jospin refuse à ses alliés communistes une loi rendant possible la retraite pleine avant 60 ans pour les travailleurs à carrière longue, car il entend en faire la monnaie d’échange de la réforme du régime des fonctionnaires que son échec aux présidentielles ne lui donnera pas l’occasion de mener à bien, mais que Raffarin négocie avec la CFDT un fameux 16 mai 2003 … contre la retraite avant 60 ans pour les travailleurs ayant cotisé quarante ans. Jospin installe en 2001 un Conseil d’orientation des retraites qui produit depuis le référentiel consensuel de la réforme, celles de 2003, de 2008, et celle à venir dont il vient de tracer les grands traits dans son rapport de janvier 2010.

La réforme peut donc se résumer en deux objectifs centraux: donner un coup d’arrêt quantitatif au mouvement de continuation du salaire dans la pension à partir de 60 ans et qualitativement, délier la pension du salaire pour la lier à l’épargne, au revenu différé et à l’allocation tutélaire, trois formes de ressources résolument non salariales.

2. Qu’est-ce un retraité ?

Un retraité est celui qui n’est pas un «vieux». Voici quelques décennies en effet, dans le langage courant, les fonctionnaires ou les cadres âgés, qui ont les premiers accédé à la retraite, n’étaient pas désignés comme «vieux», terme réservé aux ouvriers ou aux employés qui n’ont touché une pension présentant un réel taux de remplacement de leur salaire qu’au cours des années 1970. Aujourd’hui encore, «vieux» désigne davantage une femme qu’un homme, non pas d’abord parce que les femmes meurent plus âgées, mais parce qu’elles accèdent plus difficilement à la pension de retraite.

Un retraité est d’autant moins un «vieux» et d’autant plus un «retraité» qu’il touche une part élevée de son salaire d’activité. Et cette pension est un salaire à vie. Quoi qu’il fasse, ce salaire est irrévocable. Il le touche chaque mois sans qu’il craigne de le perdre et sans que des comptes lui soient demandés sur sa légitimité. Et que fait-il avec ce salaire à vie ? S’il est en bonne santé, s’il a conservé de sa vie professionnelle ou créé depuis un réseau social porteur de projets, il travaille. Ce sont ces retraités qui le disent: ils «n’ont jamais autant travaillé», ils «n’ont jamais été aussi heureux de travailler». Certes il ne s’agit là que d’une forte minorité, mais sur les bientôt quinze millions de retraités, cela fait du monde ! Cela en fait des enfants qui voient leurs grands parents heureux au travail alors qu’ils constatent que leurs parents, eux, s’y épuisent, partagés entre l’amertume, l’angoisse et la rage.

Et si la réforme des pensions avait à voir avec cette expérience contradictoire du bonheur et du malheur au travail ? Quel est le secret du bonheur des retraités au travail ? Entre les conditions dans lesquelles les actifs et les retraités sont au travail, quelle est la différence qui explique que la source de malheur pour les uns est une source de bonheur pour les autres ? Cette différence saute aux yeux: le salaire des retraités est irrévocable, ils n’ont pas d’emploi et n’ont pas à se présenter sur un marché du travail, ils ne produisent pas sous la dictature du temps de travail: en un mot, c’est leur qualification personnelle qu’ils déploient.

Alors le «sauvons les retraites !» des réformateurs prend un tout autre sens. Non pas faire face à un vieillissement et un choc démographique dont mon livre montre qu’ils sont fantasmés, mais ramener les vieux à la maison. Réaffirmer que la retraite est du temps de loisirs bien mérité après une longue vie de travail. Que le travail est affaire d’emploi et donc d’employeurs et de marché du travail. Que les choses sérieuses se font entre actionnaires, dirigeants «de grand talent» et éditorialistes économistes, et qu’il faut laisser les seniors s’amuser dans le bac à sable de leurs «activités». Rappeler aux salariés qu’ils sont titulaires non pas d’une qualification leur donnant droit de regard sur les fins et les moyens du travail, mais d’un gagne-pain générant un droit à un revenu différé après leur dernier emploi. Bref remettre les pendules à l’heure du capital.

3. Ce que la réforme nous dit au sujet du capitalisme

Le capitalisme est cette forme spécifique d’organisation de la production qui la mesure – qui lui donne valeur - par le temps de travail moyen nécessaire. Le travail n’a pas de valeur. Il est, sous sa forme abstraite présente dans toute production la mesure de la valeur. Les marchandises valent le temps de travail nécessaire à leur production, non pas le temps individuel, mais le temps moyen que révèle le prix auquel elles s’échangent. Seul le capitalisme mesure la production par le travail, parce qu’il s’est construit sur la base d’un rapport social abstrait: le rapport d’échange entre des vendeurs et acheteurs de «forces de travail» vouées à produire des marchandises, c’est-à-dire des biens ou services mesurés non pas par leur utilité mais par la quantité de travail abstrait qu’ils incorporent. Le marché du travail définit les individus comme forces de travail «demandeuses d’emploi».

Ces forces de travail ne peuvent être mises en œuvre qu’à l’initiative d’employeurs qui les achètent sur le marché et les mettent en œuvre selon la logique de la valeur travail pour la production de marchandises, seules génératrices du profit. Pour qu’il y ait profit, il faut que tout, travailleurs et produits, soit transformé en marchandise, et que ce soit donc le dénominateur commun à ces marchandises, à savoir le temps de travail abstrait nécessaire à leur fabrication, qui devienne la mesure de toute chose. D’où la dictature du temps de travail que va introduire la compétition intercapitaliste. L’organisation de la production sur la base d’une telle abstraction est marquée par une contradiction essentielle: elle émancipe le capital des modalités traditionnelles du travail, ce qui est la source d’une dynamique infinie dans la production de marchandises, tandis que se creusent les effets de l’exploitation de producteurs dépossédés de leurs capacités créatrices et voués à produire des marchandises qui leur échappent.

Aujourd’hui, nous sommes bien plus riches qu’il y a quarante ans (le PIB a doublé en euros constants), mais nous vivons bien plus mal cette dimension décisive de notre existence qu’est le travail. Le constat d’une consommation plus large ne compense plus l’expérience amère de l’incertitude, du désintérêt, du mépris et de la fatigue au travail, d’autant que le doute s’est installé sur la consommation de produits dont le caractère toujours plus marchand altère la qualité ou la finalité. Bref, les apories d’une production dynamique qui mutile les personnes et dévoie les produits sont en train d’éclater au grand jour.

Le bonheur au travail des retraités est que, précisément, dotés de l’assurance d’un salaire à vie, ils travaillent libérés du joug de la valeur travail. Cette expérience est massive, mais non dite dans l’espace public: nombre de retraités la vivent même comme un privilège dont ils sont gênés quand ils comparent leur bonheur au travail et le malheur au travail de tant «d’actifs». Il importe que ce bonheur privé devienne public, en démontrant que ce que vivent les retraités au travail peut devenir la norme universelle.

4. La qualification personnelle des retraités permet de libérer le travail de «l’emploi»

Le salaire continué repose sur une qualification personnelle. Dans la minorité significative des retraités qui sont au travail, selon des formes et sur des objets qu’ils décident, on trouve des personnes qui mobilisent trois atouts: une pension en réel rapport avec leurs meilleurs salaires, des capacités transversales reconnues qu’ils vont pouvoir transposer (le gestionnaire d’une petite entreprise qui va devenir juge au tribunal de commerce ou la prof de comptabilité trésorière d’un club sportif amateur), un réseau personnel de pairs qu’en général ils avaient constitué avant leur retraite, ou qu’ils ont pu construire dans les premières années de leur retraite.

Ce sont là les trois ingrédients indispensables de la qualification personnelle, celle qui est attachée à la personne, et non pas à l’emploi, et qui peut effectivement se mettre en œuvre dans la liberté: l’absence de l’un des trois rend plus difficile la «seconde carrière» des retraités. Armés d’une qualification personnelle, les retraités sont en mesure de travailler hors du carcan de la valeur travail: ils n’ont besoin ni de se présenter sur un marché du travail, ni de se soumettre à un employeur, ni de transformer leur production en marchandise. Les activités des retraités sont-elles du travail ? Oui si on désassocie le travail de l’emploi. Il n’y a pas d’essence du travail, ce qui est désigné comme «travail» est contingent, fort différent d’une société à une autre ou d’un siècle à l’autre. C’est en permanence l’objet du débat public. La logique de l’emploi veut que tout travail qui échappe à la mesure par le temps n’en soit pas vraiment et n’ait pas à être payé. Or, parce que l’emploi, qui réduit les personnes à des forces de travail soumises à la valeur travail, a été aussi, historiquement, le vecteur de la socialisation du salaire à travers la cotisation sociale et la qualification des postes, la définition du travail est aujourd’hui tiraillée entre l’emploi et le salaire socialisé.

Le «travail», est-ce la part de notre activité vouée à produire des marchandises pour alimenter le capital (emploi), ou est-ce la part de notre activité qui met en œuvre notre qualification (salaire socialisé) ? La récente mise en emploi de toute une série d’activités de service aux personnes les a transformées en travail, et de la plus mauvaise façon pour la dernière vague d’entre elles, les services au domicile, contemporaine de la transformation des emplois en jobs, car le salaire socialisé lié à ces emplois est faible. Contradictoirement, le constat que la pension se rapproche d’un salaire continué conduit à considérer comme du travail les activités des pensionnés menées hors de tout emploi. Et à en tirer toutes les conséquences quant au changement de sens du mot travail dont est porteur le fait d’assumer comme travail des activités délivrées du marché du travail et de la valeur travail. Nous pouvons, à partir de l’expérience des retraités, imposer un autre fondement de la reconnaissance sociale du travail: non plus l’emploi mais la qualification des personnes.

5. Les confusions autour de la «solidarité intergénérationnelle»

L’argument classique selon lequel les retraités ne travaillent pas dit qu’ils dépendent du travail des actifs lequel serait à l’origine de la cotisation vieillesse. Cet argument est faux. La prénotion qui veut que «les actifs financent les inactifs», et que la cotisation sociale soit une «taxe sur le travail» repose sur la confusion entre flux de monnaie et flux de valeur. La valeur a son support dans la richesse produite, la monnaie est l’expression de la valeur mais non son support. Le travail des retraités crée de la richesse à laquelle est attribuée une valeur, et les pensions sont l’expression monétaire de cette valeur. La valeur attribuée au travail des retraités n’a pas de mesure marchande, elle est mesurée par leur qualification personnelle, à laquelle, comme pour toute qualification, est associé un salaire, la pension.

L’illusion du «transfert social», en tant que transfert de valeur d’un groupe à un autre, vient du mode de création monétaire dans nos économies capitalistes. La forme qu’impose le capital à la création monétaire est décisive parce que la tyrannie de la valeur travail, clé de l’extorsion du profit, n’est possible que si la production est marchande. Ne créer de monnaie qu’à l’occasion de l’anticipation du chiffre d’affaires des entreprises, c’est donc disposer de la force de rappel qui en permanence impose la loi du capital. Si seules les marchandises sont l’occasion de création monétaire, alors toute reconnaissance du travail non marchand, toute reconnaissance du travail non subordonné à la valeur travail, a deux conséquences. D’une part, elle entraîne une hausse du prix des marchandises, qui doivent inclure la reconnaissance supplémentaire de ce travail qui ne trouve pas sa reconnaissance directe ; et cette hausse est en permanence dénoncée comme obstacle à la compétitivité des entreprises en période de mondialisation de la concurrence afin de rogner sur les «coûts du travail». D’autre part, cette reconnaissance se fait concrètement par des « transferts» monétaires sous forme d’impôts et de cotisations sociales qui sont en permanence disqualifiés comme «prélèvements obligatoires».

Cette expression de combat repose sur l’assimilation erronée des flux monétaires et des flux de valeur. Comme la monnaie n’est créée qu’à l’occasion du prix attribué aux marchandises des entreprises capitalistes (par le jeu des anticipations de ce prix par les banques prêteuses à ces entreprises), celle qui mesure la valeur de la richesse créée par les retraités transite par ces marchandises, et donc un flux monétaire passe des titulaires d’emploi du secteur capitaliste vers les pensionnés à travers la cotisation vieillesse. Mais il ne s’agit pas d’un transfert de valeur: ce sont bien les retraités qui produisent la richesse à laquelle est attribuée la valeur correspondant à leur qualification.

6. Le problème démographique est un fantasme, l’augmentation du taux de cotisation patronale est possible et nécessaire

Le consensus sur l’existence d’un choc démographique, argument fondateur de la réforme des retraites, s’enracine dans l’absurde conviction que nos sociétés vieillissent et que le rapport entre les générations est un enjeu social majeur. Or les notions de génération et de vieillesse, qui ont évidemment un sens dans le champ de la biographie ou dans celui de la famille, n’ont aucune pertinence dans celui de la société. Aujourd’hui, y compris dans un cadre statistique qui fait des retraités des inactifs, nos sociétés de longue vie sont plus productives que les sociétés à faible espérance de vie, dont les PIB par tête sont plus faibles, ce qui détruit l’argument démographique. Et, s’agissant de la production de la richesse, les actifs et les retraités ne sont pas dans un rapport de génération: ils ont le même statut de salariés payés à la qualification, sauf que les actifs travaillent en subordination à un employeur et les retraités non.

Or, précisément, l’originalité inouïe de la retraite avec salaire continué est qu’elle a résolu le «problème de la vieillesse» en transformant les «vieux» en salariés. La pension comme salaire continué est la première dénaturalisation d’ampleur d’une caractéristique biographique, et son abstraction porte en germe un fort enrichissement de la citoyenneté. On comprend que «le retour des vieux» (on dira seniors bien sûr) est l’horizon obsessionnel des réformateurs, qu’ils n’ont de cesse de nourrir à nouveau la problématique générationnelle. Car le gros du fonds de commerce réformateur depuis le Livre Blanc Rocard est la peinture apocalyptique des déficits gigantesques que le vieillissement démographique va générer dans les régimes de retraite en répartition.

C’est une construction fantasmée, y compris si l’on raisonne dans les cadres statistiques rangeant les retraités dans les inactifs. D’une part parce qu’un rapport démographique n’est pas un rapport économique: dire que le rapport des plus de 60 ans sur les 20-59 ans va doubler n’a pas d’intérêt, dès lors que le rapport des inoccupés sur les occupés (le seul qui ait une signification économique) va rester relativement stable au cours des prochaines décennies. D’autre part parce que le choc démographique repose sur le postulat d’absence de gains de productivité. Or on peut produire autant avec un actif pour un retraité qu’avec deux actifs pour un retraité.

Le raisonnement selon lequel le recul de la part des actifs occupés rendra impossible le financement des retraites en répartition est aussi absurde que si l’on avait prédit au début du 20ème siècle la famine pour la France du 21ème parce que la part des paysans allait se réduire à moins de 3% de la population. Depuis plus de soixante ans, nos régimes de pension par socialisation du salaire nous montrent que nous avons assumé sans aucun problème une croissance du poids des pensions dans le PIB très supérieure à sa croissance future. Au cours des cinquante dernières années, les pensions sont passées de 5% à 12% du PIB, alors qu’au cours des cinquante prochaines, elles devraient passer de 12% à 20% si l’on supprime les réformes menées depuis 1987: le poids de pensions a été multiplié par 2, 4 de 1950 à 2000, il devrait l’être par 1, 7 seulement d’ici 2050.

A moins de fonder les calculs sur une perspective de stagnation du PIB ce qu’aucun des réformateurs ne fait, cette décélération (alors que le discours du choc démographique suppose une accélération fantasmée) signifie évidemment une plus grande facilité demain à absorber la hausse du poids des pensions, alors même qu’elle l’a été sans difficulté jusqu’ici. Cette facilité s’explique simplement: le PIB doublant de volume tous les quarante à cinquante ans, la progression plus rapide d’un de ses éléments s’accompagne de la progression, et non pas de la régression, de la richesse disponible pour les autres composantes. Dans un PIB qui augmente, il n’y a pas besoin de déshabiller les actifs pour habiller les retraités.

7. La lutte contre l’épargne retraite doit se poursuivre

La démonstration de la nocivité de l’accumulation financière, qui n’a entraîné aucune croissance de l’investissement mais contribué fortement à la bulle spéculative, n’empêche pas les réformateurs de continuer à préconiser l’épargne retraite avec deux arguments. Le premier est «l’équité intergénérationnelle»: les droits à pensions que se constitue la génération aujourd’hui au travail seront une charge excessive pour la génération future. Il faut donc que chaque génération, au moins partiellement, finance ses propres pensions par de l’épargne qui sera liquidée lors de son entrée en retraite. D’autant plus que – second argument – le travail va manquer relativement aux besoins à satisfaire (on reconnaît là la rhétorique du «problème démographique»), et nous serons heureux lorsque viendra la disette d’avoir épargné des fonds que nous pourrons alors liquider pour compenser le déficit en travail. Ces deux arguments sont faux.

La monnaie déposée pour l’épargne sert à acheter des titres financiers qui n’ont en eux-mêmes aucune valeur. Mais - et c’est l’origine de la croyance dans leur capacité à congeler de la valeur - ils sont des titres de propriété dotés de droits à valoir sur la monnaie en circulation le jour où ils seront liquidés. Si la monnaie ne préexiste pas à cette transformation des titres en monnaie, les titres ne valent rien. Or c’est le travail courant qui rend possible cette création de monnaie préalable à la liquidation des titres.

Autrement dit, à supposer que les retraites soient assurées par l’épargne des fonds de pensions, la vente de titres nécessaire à la transformation de l’épargne en pensions en 2040 sera fonction de la monnaie dont disposeront alors les actifs désireux de les acheter pour se constituer eux-mêmes des droits. Cette monnaie sera l’équivalent de ce qu’ils auront produit par leur travail de l’année 2040. Dans ce cas, l’épargne ne sert à rien puisque les actifs auraient pu affecter à un régime en répartition cette monnaie utilisée pour acheter des titres. Qu’on soit en répartition ou en capitalisation, c’est toujours le travail de l’année qui produit la richesse correspondant à la monnaie qui finance les pensions de l’année. L’épargne ne peut donc en aucun cas être un substitut du travail, ni permettre à chaque génération de financer ses pensions. Sa promotion repose en réalité sur deux choses. D’une part, la propriété de titres permet de ponctionner de la monnaie sur le travail du monde entier, alors que la répartition est réduite à l’espace national des règles politiques du droit du travail: magie du raisonnement impérial. D’autre part, comme le rendement des titres est, hors les situations de crise financière aiguë, supérieur au taux de croissance, la rente progresse plus vite que les salaires et donc que les cotisations pour la retraite, qui progressent moins vite que le taux de croissance: faire valoir en faveur de la capitalisation qu’il est plus rentable d’épargner que de cotiser, c’est avouer très ingénument que toute épargne retraite est un vol sur le travail d’autrui, et qu’il est infiniment plus rentable d’avoir un portefeuille de titres que de travailler.

Promouvoir la propriété d’usage suppose de s’attaquer à la propriété lucrative, dont la pension comme salaire continué montre l’inutilité. La propriété lucrative est défendue par les réformateurs au nom de l’investissement, qui suppose, disent-ils, des investisseurs. Or qu’est-ce qu’un investisseur ? Le discours courant, soigneusement entretenu par le discours savant, dit qu’il apporte un indispensable capital. Rien n’est plus faux. Un investisseur n’apporte rien. Un investisseur qui «apporte» par exemple un million d’euros pour une entreprise n’a pas un million d’euros en billets dans une valise, pas plus que les titres dont il est porteur ne sont dotés, par une curieuse métaphysique, d’une quelconque valeur: ce sont des titres de propriété lucrative qui vont lui donner le droit de ponctionner un million sur la valeur attribuée au travail d’aujourd’hui. Un investisseur est un parasite qui a le droit de ponctionner une partie de la valeur de la production contemporaine pour transformer les producteurs ainsi expropriés en forces de travail et les contraindre à produire les marchandises qu’il a décidé de produire, bref à travailler sous le joug de la valeur travail. Un investisseur nous vole et nous aliène dans la même opération.

Dans l’expérience réussie de la cotisation vieillesse, on a la démonstration à grande échelle de l’intérêt qu’il y a à se passer d’investisseurs financiers. Cette cotisation est la façon d’assurer sans épargne des engagements massifs et de long terme, comparables à l’investissement. Sur le modèle de la cotisation sociale, on peut parfaitement financer sans épargne l’investissement. S’il est possible de financer la pension au plus grand bénéfice des régimes et des pensionnés sans aucune logique d’épargne et de prêts, il est possible de financer l’investissement de la même façon en affectant une cotisation économique au salaire (de l’ordre de 35 % du salaire brut), prélevée sur la valeur ajoutée comme les cotisations sociales ou le salaire direct. Cette cotisation serait collectée par des caisses d’investissement qui financeraient sans taux d’intérêt, puisqu’il n’y aurait pas d’accumulation privée du capital. Accumulation financière, crédit bancaire, prêt à intérêt, bourse, toutes ces institutions peuvent être remplacées en transposant pour le financement de l’investissement l’expérience de la cotisation sociale, ce qui est évident puisque tout investissement est financé sur la production courante. La cotisation sociale a débarrassé notre quotidien individuel des usuriers, la cotisation économique débarrassera notre quotidien collectif de la bourse et des banquiers.

8. Le «revenu différé» et la «solidarité nationale» confortent les institutions du capital

La réforme tente d’interrompre la montée en puissance de cette institution salariale en modifiant le sens des régimes de retraite en répartition: d’une pension en répartition assurant la continuation du salaire à une pension en répartition assurant un revenu différé doublé d’une solidarité nationale. Car ce binôme, lui, conforte les institutions du capital.

Il y a en effet deux formes contradictoires de régimes de retraite en répartition, le régime salarial et le régime de prévoyance. La pension comme continuation du salaire (régime salarial) repose soit sur le maintien de la qualification personnelle du fonctionnaire, soit sur l’attribution au retraité du privé de la qualification moyenne de ses meilleurs emplois: elle pose les personnes comme des salariés dotés d’une capacité à produire. Au contraire, la pension comme revenu différé (régime de prévoyance) repose sur des droits proportionnels aux cotisations de la carrière avec un pouvoir d’achat garanti: elle pose les personnes comme des employables dotés d’une capacité de gain. Le cœur de la réforme des retraites vise à passer de la première à la seconde forme de répartition. Elle dispose pour cela de trois leviers: le gel des taux de cotisations, l’indexation sur les prix et la montée de la contributivité entendue dans le sens de «la neutralité actuarielle individuelle» (pour chacun, le total des cotisations de la carrière doit être égal au total des pensions). Une cotisation dont le taux est stabilisé sur le long terme fonde en répartition, selon un calcul strictement contributif, une pension dont le pouvoir d’achat est garanti par son indexation sur les prix: voilà les trois caractéristiques d’un revenu différé. Ses promoteurs savent bien que, fondé sur un calcul individuel sans règles de compensations (comme des validations de trimestres sans cotisations) et tenant compte des périodes de très faible salaire dans les carrières professionnelles, il laisse sans ressources suffisantes tous ceux et surtout toutes celles qui n’ont pu se constituer un compte de cotisations suffisant. C’est pourquoi la promotion de la neutralité actuarielle est toujours doublée d’un plaidoyer pour une large solidarité nationale finançant, à côté du revenu différé, un «minimum contributif» garanti et des «prestations non contributives» (minimum vieillesse, bonifications pour enfants). Le discours réformateur se présente ainsi avec la double vertu de la justice de prestations strictement contributives et de la solidarité avec les «pauvres». Il y a là une régression considérable par rapport au salaire continué.

Régression en matière de justice, d’abord. Faire de la pension la contrepartie du passé de mes cotisations, et donc de mon travail subordonné, et non de l’actualité de ma qualification (et donc de mon travail émancipé) suppose et conforte le marché du travail, l’emploi, la marchandise, la subordination et la propriété lucrative. Nié dans sa qualification de producteur, l’employable prévoyant est maintenu à l’état de mineur économique, en permanence à la merci de l’employeur qui le pose comme titulaire d’un gagne-pain dont il tire un revenu. La prévoyance est ce qui reste lorsqu’on a déshabillé le salarié de l’essentiel, sa qualification. La multiplication des comptes notionnels s’impose alors pour assurer une sécurité et une capacité de rebondir à un travailleur placé, y compris à l’intérieur de son entreprise, sur un marché du travail qui le soumet en permanence au soupçon de distance à l’emploi qu’il occupe ou auquel il postule.

Le régime salarial est au contraire porteur de l’attribution d’une qualification à chaque personne, sans exception sous quelque prétexte que ce soit, avec poursuite indéfinie du salaire. La contribution de chacun à ses ressources repose non pas sur sa capacité à épargner une partie des gains acquis comme force de travail (la «contributivité» des réformateurs), mais sur sa capacité à participer à la définition des objets d’un travail libéré de la marchandise et de la valeur travail. Son rapport à l’avenir repose alors sur l’entretien de sa qualification et non pas sur un patrimoine susceptible de fournir un revenu alternatif à la rémunération des emplois: en effet, la distinction entre emploi et hors emploi, constitutive du binôme rémunération/prévoyance, est dépassée dans le continuum de la qualification. Il s’agit là de nouveaux continents du déploiement de la personnalité humaine à découvrir. A l’inverse, le régime de la prévoyance nous enferme dans le passé capitaliste.

Régression en matière de solidarité, ensuite. L’invitation à la solidarité avec des personnes victimisées est sans doute une des dimensions les plus perverses de la réforme. En posant des personnes comme «pauvres», «victimes» ayant droit à solidarité, elle naturalise la disqualification des producteurs inhérente au capitalisme. Le capitalisme fait de l’actionnaire et du «dirigeant de grand talent» qu’il a mis à la tête de l’entreprise les seuls acteurs, les seuls sujets de la production. Les salariés sont alors des mineurs sociaux réduits au statut de victimes s’ils ne parviennent pas à conserver leur employabilité: victimes des inévitables suppressions d’emplois et non moins inévitables délocalisations, victimes d’une formation insuffisante, victimes de la crise. Tant de victimes ont droit à la solidarité nationale, responsabilité des pouvoirs publics. Le couple actionnaire/victime est ainsi en permanence réactivé, naturalisé, parce qu’il est indispensable au maintien des institutions du capital. Il n’y a pas de possibilité d’un droit de propriété lucrative ou de tyrannie de la valeur travail sans un déni - qui définit précisément la victime- du droit de la qualification au cœur du salaire. Alors qu’au contraire la solidarité salariale repose sur la promotion de la qualification pour tous, fondatrice d’une solidarité entre égaux: non pas celle des prévoyants vers ceux qu’ils vont qualifier de pauvres, mais celle de la délibération politique dans l’attribution de la qualification à chacun et dans le souci de son exercice effectif.

9. Le développement progressiste des retraites est un enjeu politique

En termes revendicatifs, le développement progressiste des pensions comme salaire continué suppose un argumentaire avec un volet négatif et un volet positif.

Le volet négatif devrait être de refuser tout ce qui fait obstacle à la poursuite du salaire et appuie le binôme revenu différé/solidarité nationale:
- la stabilité, voire le recul pour les bas salaires, du taux de cotisation ;
- l’indexation sur les prix des salaires pris en compte pour le calcul de la pension et des pensions liquidées ;
- l’inscription des cotisations dans des comptes individuels comme à l’ARRCO et à l’AGIRC, le déplacement de l’objectif gestionnaire du taux de remplacement du meilleur salaire vers le taux de rendement des cotisations ;
- la distinction entre la part contributive et la part non contributive de la pension, la CSG et le Fonds de solidarité vieillesse, le minimum contributif, la mise en cause des bonifications pour enfants et de la réversion ;
- la neutralité actuarielle individuelle comme idéal de justice avec la référence de la pension à l’ensemble de la vie active et non au seul meilleur salaire ;
- l’abandon de l’âge légal (sauf comme âge plancher qu’il faudrait élever au-delà de 60 ans) et l’allongement de la durée de cotisation, les décotes et surcotes ;
- la distinction entre pension publique et pension professionnelle, l’épargne salariale. Le volet positif devrait avoir trois axes:
- promouvoir l’affirmation de la pension comme salaire continué dans les régimes actuels: pas de pensions inférieures au Smic, indexation sur les salaires, augmentation annuelle du taux de cotisation patronale (et salariale si le salaire brut est augmenté à proportion), calcul de la pension nette sur la base de 100% du meilleur salaire net pour une carrière complète de 150 trimestres validés, liquidation sans décote de la retraite à 60 ans ou le jour de la cessation d’activité s’il est postérieur (ou antérieur à 60 ans pour les travaux pénibles),
- pousser à une politique de soutien de la qualification personnelle des retraités dans la sphère publique et pas seulement privée, collectivement et pas seulement individuellement: soutenir leurs réseaux de pairs, les aider à définir des objets de travail, à constituer ou rejoindre des collectifs de travail, financer des projets. Il s’agit d’encourager les retraités à faire entreprise et à inventer ainsi les chemins nouveaux d’une production libérée de la valeur travail. Une telle responsabilité est certes très heureuse, mais a besoin d’un dispositif politique pour pouvoir s’exercer, dont les droits liés à un âge politique sont un élément décisif: 60 ans, l’âge d’entrée en retraite, doit devenir un âge politique.

10. Une revendication unitaire: la qualification personnelle pour tous

C’est le troisième axe du volet positif. La liberté et le bonheur des retraités au travail doivent devenir le fait de tous ceux qui sont au travail, et c’est d’ailleurs la condition de leur maintien chez les retraités eux-mêmes. A leur exemple, la qualification personnelle doit pour tous remplacer l’emploi comme support des droits sociaux et économiques. On mesure combien cette proposition et la précédente réévaluent le rôle des retraités, ce qui suppose de s’appuyer fermement sur leur statut de salarié pour en finir avec leur traitement comme «seniors» préconisé, lui, par les réformateurs.

La qualification personnelle, nouveau support des droits aujourd’hui inscrits dans l’emploi, est un droit collectif (tout comme la pension, dont le montant est personnel, est un droit collectif). Elle est déjà anticipée chez les retraités et dans la fonction publique. Elle sera attribuée à toute personne, par exemple dès la fin du lycée, et elle progressera sans ruptures ni reculs jusqu’à sa mort. Elle a quatre composantes indissociables:
- l’attestation (non scolaire car l’école certifie mais ne qualifie pas) de la maîtrise d’un ensemble de capacités transversales à plusieurs métiers appartenant aux champs correspondant par exemple aux six ou sept conventions collectives interprofessionnelles en débat aujourd’hui (communication, éducation et culture, énergie, transports, …) pour dépasser l’émiettement conventionnel ;
- un niveau de salaire correspondant au niveau des capacités reconnues ; par exemple, dans une hiérarchie des qualifications de 1 à 4 correspondant à une échelle des salaires de 1 à 5, un premier niveau de qualification avec un salaire démarrant à 2000 euros net par mois, un second niveau avec un salaire démarrant à 4000 euros, un troisième niveau au salaire de départ de 6000 euros, et un quatrième niveau au salaire de départ de 8000 euros, pour une hiérarchie salariale allant de 2000 à 10000 euros net.
- un réseau de pairs pour rester en permanence socialisé dans le champ de la qualification dont on est titulaire ; par exemple une association professionnelle, un réseau d’acteurs locaux, un réseau international de spécialistes, qui sont le support d’échanges, de services, d’édiction de règles d’exercice et de leur contrôle, de mutualisation d’outils, de formation, de valorisation d’activités individuelles des membres.
- le droit à une institution représentative pour faire valoir ses droits au respect et à la progression de sa qualification. La qualification (et donc le salaire qui va avec) est un attribut de la personne, elle ne peut pas lui être retirée et elle ne peut que progresser au cours de la vie. La qualification personnelle est le contraire de la sécurisation des parcours professionnels, qui laisse la portion congrue aux droits transférés de l’emploi vers la personne puisqu’il ne s’agit que des droits liés à une certaine sécurisation de la mobilité de travailleurs devant en permanence prouver leur «employabilité» (les comptes épargne en matière de formation, de pensions, de couverture santé, le droit au reclassement). Elle est également le contraire du revenu universel. Le revenu universel (au sens de distribution universelle d’un forfait de plus ou moins haut niveau selon les projets, disons entre le RMI et le SMIC) pose les personnes comme porteuses de besoins qui pourraient être, pour un premier étage, financés par le revenu d’un patrimoine collectif dont l’Etat est le gardien et sur lequel chacun a un droit de tirage. A cet aval donné à une institution du capital aussi fondamentale que la propriété lucrative, le revenu universel ajoute le fait que, «premier chèque», forfaitaire, constitutif des ressources individuelles, il appelle un «second chèque», fonction de la contribution de l’individu à la production et donc confortera le marché du travail et la valeur travail. Le revenu universel est ainsi l’antagoniste du salaire universel, qui lui nous délivre du marché du travail, de la disqualification des producteurs posés comme êtres de besoins, de la fiction du revenu, de la valeur travail et de la propriété lucrative.

On mesure combien la qualification personnelle est créatrice d’égalité. Elle supprime le marché du travail et donc la subordination de demandeurs d’emploi à des employeurs, elle fait accéder toute personne au statut commun de titulaire d’une qualification et du salaire qui lui est lié. Elle unifie par le haut les revendications des retraités, des étudiants, des fonctionnaires, des chômeurs, des intermittents du spectacle, des salariés du privé, dont ceux des TPE (Très petites entreprises) et de tous les déserts syndicaux, des travailleurs indépendants. En particulier, elle permet de mener une action de promotion de la fonction publique en revendiquant l’extension à tous les salariés de la distinction entre grade et poste, ce qui veut dire, pour tous, la reconnaissance de la qualification, l’absence de chômage, la maîtrise individuelle de la mobilité. Tant il est vrai que c’est la production de tous les biens et de tous les services qui mérite d’être assurée par des salariés libérés de l’emploi et de la marchandise !

11. La nécessité d’une vision forte du salaire comme institution proprement politique

Il est temps de sortir du discours convenu du salaire identifié à la rémunération du travail subordonné. Combattre l’argumentaire réformateur est impossible sans une forte vision du salaire comme institution politique qui enrichit la citoyenneté par l’attribution à chaque personne d’une qualification personnelle et par le financement salarial de l’économie. Nous nous inscrivons ainsi dans une tout autre perspective que le plein-emploi. Notre qualification et donc notre salaire ne doivent plus dépendre des décisions d’employeurs sur un marché du travail. La nostalgie du bon emploi n’est pas bonne conseillère pour nous aider à affronter la transformation des emplois en jobs qu’opère la réforme. Vaincre la réforme ne se fera pas dans le retour à un vrai plein-emploi. Car nous avons mieux à faire qu’à renouer avec la phase progressiste de l’emploi, quand, au tournant des années 1970, il a été la matrice du salaire socialisé, car c’était au prix exorbitant de la subordination à des employeurs.

Il ne s’agit pas non plus de «sécuriser» la condition des travailleurs. Le vocabulaire de la sécurité a intériorisé le fait que dans le capitalisme les travailleurs sont des mineurs sociaux: ils sont récusés comme étant les producteurs, et ils ont droit non pas à la direction de l’économie mais à la sécurité du revenu et de l’emploi. L’enjeu des retraites, c’est précisément de sortir de la revendication de sécurité du revenu et de l’emploi pour promouvoir une nouvelle figure du travailleur en mesure de soutenir notre aspiration commune à diriger l’économie et de sortir enfin de l’économisme de la valeur-travail.

La qualification est ainsi un attribut politique qui enrichit la citoyenneté, au même titre que le droit de vote. Tout comme le suffrage universel a ouvert à chacun l’âge de la majorité politique et fondé un premier stade de la citoyenneté, la qualification universelle ouvrira à chacun l’âge de la majorité salariale et fondera une extension qualitative de la citoyenneté.

Bernard Friot va publier en ce mois de mars 2010, aux Editions La Dispute un ouvrage intitulé «L’enjeu des retraites». Cet ouvrage renouvelle le regard sur le «bonheur du retraité», celui qui bénéficie du «salaire continué» et dont le travail est enfin libéré du capital.

 

RÉVÉLATION - Quand Woerth remettait la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, le conseiller de Liliane Bettencourt

RÉVÉLATION - Quand Woerth remettait la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, le conseiller de Liliane Bettencourt

INFO LEPOINT.FR

 

L'homme de confiance de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, a reçu les insignes de la Légion d'honneur des mains d'Éric Woerth, alors ministre du Budget, le 23 janvier 2008 à Bercy. Cet épisode, passé inaperçu dans la tourmente politico-médiatique de ces derniers jours - mais révélé dansLe Point à paraître jeudi 24 juin - pourrait relancer les doutes sur la relation entre le conseiller de la milliardaire, mis en cause dans les enregistrements de son maître d'hôtel, et le couple Woerth. Florence Woerth, l'épouse du ministre, travaille sous les ordres de Patrice de Maistre depuis novembre 2007. Après la révélation de possibles malversations et fraudes fiscales commises dans la gestion de la fortune de Mme Bettencourt, elle a annoncé cette semaine sa prochaine démission, tout en certifiant avoir été tenue à l'écart des opérations contestées.

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La divulgation de conversations dans lesquelles Patrice de Maistre présentait Éric Woerth comme "un ami" a conduit, par ailleurs, l'actuel ministre du Travail à affirmer que l'homme d'affaires n'était pour lui qu'une "connaissance". C'est pourtant bien sur le contingent réservé à son ministère que M. de Maistre avait été promu, le 14 juillet 2007, au grade de chevalier de la Légion d'honneur, dans la première promotion suivant l'élection présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Report

Signe du destin : la cérémonie officielle de remise de la décoration avait été initialement fixée au 19 novembre 2007, soit au moment même où Florence Woerth faisait son entrée au sein de la société Clymène, l'une des structures chargées de la gestion des avoirs de Liliane Bettencourt, dont M. de Maistre est le directeur général. Mais ce jour-là, André Bettencourt, ancien ministre et époux de la milliardaire, décédait des suites d'un cancer et la réception fut annulée. Elle ne put finalement se tenir qu'au début de l'année suivante, au ministère. Éric Woerth prononça alors l'éloge du récipiendaire.

Aucun élément issu de l'enquête sur l'affaire Bettencourt ne permet de supposer que le ministre savait, à cette date, que M. de Maistre participait, dans le cadre de ses fonctions, à des opérations d'évasion fiscale de grande ampleur, ainsi que les enregistrements semblent l'attester. Mais l'épisode de cette distinction oubliée risque de compliquer la défense publique d'Éric Woerth, alors que l'annonce par l'entourage de Mme Bettencourt du rapatriement de ses avoirs expatriés confirme a posteriori l'existence d'une dissimulation

 

22/06/2010

Affaire Bettencourt : les bandes parlent

L'affaire Bettencourt deviendra -t-elle l'affaire Eric Woerth ?

17/06/2010

Eric Woerth: "Non, je n'ai pas touché d'argent" de Liliane Bettencourt

"Non, je n'ai pas touché d'argent" de Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal, a déclaré Eric Woerth, ce jeudi matin, sur RTL

 

Pourquoi le ministre du Travail se défend-il d'avoir touché de l'argent de la femme la plus riche de France, dont la fortune est évaluée à 22 milliards de dollars?

Le ministre du travail, ex-ministre du budget , le champion de la réforme des retraites, partisan d'une sécurité sociale au rabais  serait il l'homme des fréquentations

intéressées ?

Car le nom d'Eric Woerth est cité dans des enregistrements clandestins, réalisés à l'insu de Liliane Bettencourt, comme l'ont rapporté Mediapart et Le Point mercredi.

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Dans ces enregistrements, qui ont été remis à la police, une conversation entre le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt et cette dernière laisserait entendre qu'Eric Woerth et Valérie Pécresse -entre autres personnalités de la majorité- auraient bénéficié de dons financiers de la part de la milliardaire

 

Mediapart fait précisément état d'"opérations financières destinées à échapper au fisc, des relations avec le ministre Eric Woerth et son épouse, ainsi que les immixtions de l'Elysée dans la procédure judiciaire". En effet, dans deux semaines aura lieu le procès qui oppose la fille de Liliane Bettencourt et le photographe François-Marie Banier. Ce dernier, ami et confident de la milliardaire
est poursuivi en justice par la fille de la milliardaire, qui l'accuse d'avoir abusé de la faiblesse de sa mère de 87 ans

 

"Possible qu'il y ait eu des dons"
"Je ne sais même pas de quoi il s'agit", a affirmé le ministre du Travail sur RTL. Avant d'expliquer: "Si son nom apparaît, c'est parce que mon épouse travaille tout simplement dans le 'family office' de Mme Bettencourt [la vocation d'un Family Office est de fournir aux familles les plus fortunées un ensemble de services, ndlr]. Ça fait 25 ans, qu'elle fait ce métier." "Elle ne le dirige pas, elle y travaille", a-t-il précisé.

Florence Woerth est directrice des investissements de la société Clymène, la structure de gestion financière des actifs de Liliane Bettencourt, indique Le Monde.fr.

Eric Woerth, qui est à la fois ministre et trésorier de l'UMP, a reconnu sur RTL qu'il est "possible qu'il y ait eu des dons" dans le cadre de la campagne pour les dernières  élections régionales. Le ministre du Travail a assuré que "la loi le permet. Tout Français peut contribuer à la vie d'un parti politique". Aux dernières régionales, Valérie Pécresse était alors la tête de liste de l'UMP en Ile-de-France.

14/06/2010

Les plus d'1,70m privés de photo souvenir avec Sarkozy

 

Les plus d'1,70m privés de photo souvenir avec Sarkozy

En vue de la visite du chef de l'Etat à Bordes (Pyrénées-Atlantiques) le 22 juin, deux émissaires de l'Elysée ont organisé un casting des salariés qui pourront figurer à ses côtés sur les photos et vidéos prises ce jour-là

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Taille maximum exigée: 1,70m. Au delà, pas la peine d'espérer poser avec Nicolas Sarkozy le jour du baptême de l'usine Turbomeca. Selon la République des Pyrénées, deux émissaires de l'Elysée se sont rendus il y a quelques jours dans la nouvelle usine de moteurs d'hélicoptères du groupe Safran, à Bordes, (Pyrénées-Atlantiques), pour retenir les salariés autorisés à figurer sur les images de la visite du Président.

Le quotidien souligne d'ailleurs la mise à l'écart d'une jeune ingénieure mesurant 1,85 m, qui devait présenter la ligne de fabrication à Nicolas Sarkozy

 

Estrade

Contacté par le site d'information Le Post, un salarié de l'usine confirme l'information, et confie: "En interne, plusieurs personnes ont râlé, estimant qu'elle était la plus qualifiée pour présenter la ligne de fabrication. Du coup, elle va quand même pouvoir figurer aux côtés de Nicolas Sarkozy. Mais il est d'ores et déjà prévu que le président montera sur une estrade".

Un tel casting, destiné à masquer la petite taille du locataire de l'Elysée, avait déjà été révélé par un reportage de la télévision belge RTBF en septembre 2009. Une ouvrière de l'usine Faurecia, située à Caligny (Orne), reconnaissait avoir été sélectionnée en fonction de sa petite taille pour figurer sur les images de la visite de Nicolas Sarkozy

 

 

17/05/2010

Les médias nous vendent un Sarkozy , sauveur de l'Europe

JFK a raison !

 


16/05/2010

Le train de vie de Nicolas Sarkozy vu d’Allemagne

Le train de vie de Nicolas Sarkozy vu d’Allemagne

En France, ça passe quasiment comme une lettre à La poste bientôt privatisée, mais en Allemagne, on se gausse ! Lisez donc ce qu’écrit le Bild Zeitung, déniché par Blogiboulga, sous le titre insolent de Sarkozy vit comme dieu en France :

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"8 avions, 61 voitures de fonction, 1000 employés. Le train de vie princier de Sarkozy en France.

Paris. Toute la France est touchée par les mesures de récession. Toute la France ? Une personne ne joue pas le jeu : le Président Nicolas Sarkozy (54 ans). Le budget de la Présidence a toujours été tenu secret en France. Pour la première fois il est révélé sous Nicolas Sarkozy.

* Dans les 300 mètres carrés de l’appartement de fonction des Sarkozy les fleurs doivent être fraîches en permanence : coût 280 000 euros par an.

* Lorsque Nicolas Sarkozy voyage à titre privé, un avion gouvernemental vide l’accompagne en permanence, pour lui permettre de rentrer à Paris en cas d’urgence.

* Il dispose de 61 voitures de fonction, 2 Airbus et 6 avions Falcon-Jet. Le dernier avion en date (60 millions d’euros) a été baptisé "Carla" du prénom de madame Sarkozy numéro 3.

* Dépenses annuelles pour les boissons (Champagne, etc.) : 1 million d’euros.

* Il a presque 1 000 employés à son service, deux fois plus que la Reine d’Angleterre. Parmi eux 44 chauffeurs et 87 cuisiniers.

* Les cuisiniers-chefs peuvent se servir librement dans les caves à vin du Palais de l’Elysée, le repas de midi leur est servi par des laquais.

* Carla et Nico peuvent commander de la nourriture ou des boissons 24 heures sur 24. La cuisine est en service en permanence."

Sarkozy ? C’est à l’étranger qu’on en parle le mieux !

15/05/2010

Retraites: Quand Gérard Filoche démonte l'argumentaire actuel

Retraites: Quand Gérard Filoche démonte l'argumentaire actuel

 

Si vous prenez la peine d'interroger votre entourage, vos collègues, vos amis, vos proches, sur le sujet de la retraite, le plus grand nombre vous répondra : « c'est super compliqué ». Les plus désabusés, dans un haussement d'épaules, avoueront que « de toute façon, tout est déjà décidé». D'autres se lanceront dans des explications confuses sur les effets du baby-boom, de la crise, du chômage...

Côté politique ou syndical, les réponses sont tout aussi embrouillées, résignées et/ou évasives. Chacun y va de sa petite solution , sans approfondir les données du « problème ». Tant et si bien que nous gardons à l'esprit qu'il y a un problème, mais sommes incapables de l'énoncer clairement....

Moralité, même en y mettant de la bonne volonté, en se renseignant, en lisant abondamment tout ce que les médias publient sur le sujet, au final, on ne sait pas plus qu'avant si il y a un vrai problème des retraites, actuel et à venir,qu'elle est sa nature, s'il faut réagir vite ou prendre son temps pour construire un système pérenne, voir même si un tel système peut être pérenne.