07/02/2009

Bernard Kouchner : ange et démon ?

Il est surprenant d'entendre les arguments de ceux qui apportent leur soutien à Bernard Kouchner -Il n'a rien fait de contraire à la loi -etc ...-

Mais Bernard Kouchner fondateur de médecins du monde , champion du bénévolat et des droits de l'homme  peut il d'un revers de manche repousser les demandes d'explications en s'en prenant à l'auteur du livre .

Nombreux sont ceux qui comme moi , ont fait confiance à l'action de Bernard Kouchner à une époque où l'action humanitaire était sa seule priorité .C'est du reste en fonction de cette confiance passée que l'on ne peut comprendre les contradictions d'un homme qui aujourd'hui apparaît comme aveuglé par un orgueil et une ambition démesurée.

C'est à ce titre que je reproduis l'article publié aujourd'hui par Agora Vox

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La récente publication du livre de Pierre Péan ayant pour cible Bernard Kouchner et la polémique suscitée montre que l’on peut être à la fois ange et démon, le premier exerçant sur le plan médiatique et le second, nécessairement plus obscur, d’un point de la gestion patrimoniale d’un fonds de commerce. Le concernant c’est sans doute l’histoire de sa vie, sa faiblesse érigée en système, son appétît pathologique d’honneurs et d’argent incompatible avec ses postures donneuses de leçon en matière de morale et de droits de l’homme. Conflit d’intérêt donc, pas seulement sous l’acception judirique du terme mais surtout entre conscience et cupidité.

Les chiffres mis à jour liés à des encaissements de factures (plus de deux millions d’euros selon Péan) issues de sociétés avec lesquelles Bernard Kouchner a collaboré ou qu’il a lui-même créée paraissent énormes face aux difficultés financières de bon nombre d’entre nous et abyssales lorsqu’il s’agit de la pauvreté des populations africaines pour lesquelles ces prestations étaient destinées (mise en place d’un système de sécurité sociale au Gabon par exemple) Si l’on peut considérer logique que tout un chacun puisse vivre de l’exercice de ses compétences même au prix fort, il est certainement discutable que la mise en avant d’une notoriété liée à la défense des victimes soit vendue au plus offrant, au mépris d’une réelle implication vis-à-vis d’elles. Du parcours de Bernard Kouchner, une vie déjà très longue comme il le dit lui-même, les exemples sont nombreux mélant une réelle volonté d’agir mais saccagé par ses « arrangements » avec sa conscience. On en extirpera deux, seulement deux mais suffisamment significatifs pour illustrer le propos.

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Le Kosovo ou le jude box...

Rappelons les faits. En juillet 1999 Bernard Kouchner est nommé haut représentant de l’ONU et administrateur du Kosovo suite à une résolution du conseil de sécurité. Sa mission est d’organiser l’assistance humanitaire, l’administration civile, l’économie et de réorganiser les institutions du pays dans le respect de ses diverses communautés. Il y restera jusqu’en janvier 2001, quittant ce poste à sa demande. On peut dire quelques mots de son bilan, objectivement mitigé. Fort critiqué par la mise en scène constante de son action, son narcissisme et sa mégalomanie, il put néanmois accompagner la reconstruction du pays par la mise en place de nouvelles administrations et l’organisation d’élections locales mais il laissa la main à ceux qui persécutèrent les Serbes et plus de 200.000 d’entre-eux durent fuir le pays. Il faut se remettre dans le climat local d’après-guerre, la misère et la ruine pour se souvenir et juger d’une conférence de presse qu’il tint quelques temps après son entrée en fonction, sans doute oubliée de tous, mais révélatrice, où celui-ci annonça sans vergogne qu’il se mettait en grève tant que l’ONU ne lui verserait pas ses émoluments !

Total(e) soumission

La scène se passe la veille du Noël 2003. Bernard Kouchner vient d’apprendre que son rapport sur le rôle de Total en Birmanie a été remis à la justice par les avocats de la compagnie pétrolière dans le cadre de la plainte déposée par des victimes birmanes du travail forcé au cours de la construction du gazoduc. Cette nouvelle le consterne car ce rapport commandé pour dédouaner Total de toutes implications dans les crimes commis, et ils sont nombreux, peut devenir explosif entre les mains des avocats de la partie adverse. Revenons un peu en arrière. Ses premiers contacts avec la réalité birmane remontent à décembre de l’année précédente au cours d’un voyage, accompagnant son épouse Christine Ockrent venue rencontrer Aung San Suu Kyi pour un article à publier dans la presse féminine. A l’époque celle-ci est encore libre de ses contacts et elle déclarera à la journaliste que « l’opposition refuse toute forme d’aide qui ne profiterait qu’à la clique au pouvoir » visant ainsi directement la compagnie Total, installée depuis une dizaine d’années et versant à la junte l’argent de sa survie politique et de son enrichissement. A leur retour, l’un des avocats de Total, Jean Veil, fils ainé de Simone Veil prend contact avec Kouchner pour commander au nom de son client une mission d’enquête. Pour s’exécuter il crée une société »BK Conseil » "Jean Veil m’a demandé une enquête sur le volet médico-social de Total en Birmanie et j’ai accepté", expliquera plus tard l’actuel ministre des affaires étrangères. Durant quatre jours -pas un de plus- du mois de mars 2003, il retourne en Birmanie, visite le site du gazoduc et rencontre quelques salariés du groupe. Puis il rédige son rapport (une vingtaine de pages toujours disponibles sur le site internet de Total) rendu public en septembre de la même année. La lecture en est aisée. C’est un plaidoyer pour le pétrolier, justifiant sa présence dans le pays et lui donnant l’absolution pour tous reproches qui pourraient lui être faits d’un point de vue de sa spécialité : la défense des droits de l’homme et des victimes. Qui plus est, il explique que Total a beaucoup fait pour le pays en terme d’équipements sanitaires et scolaires ! Bien entendu c’est un tollé de la part des différentes associations et ONG impliquées dans la lutte contre la dictacture. Il n’en a rencontré aucune, lui pourtant le créateur de Médecins sans Frontières ! Bon, il expliquera, malgré ce que disent ces ONG, qu’il n’ôtera pas une seule ligne de son rapport, qu’il ne l’a pas rédigé pour des raisons financières. Persiste et signe donc. Rémunéré officiellement 25 000 euros pour 4 jours de visite, beaucoup plus selon certains (on a évoqué un montant de 200.000 euros via des sociétés du groupe en Afrique). Laissons parler Htoo Chit, figure des démocrates birmans en France, lorsqu’il dit que "ce rapport biaisé cherche à faire croire que la présence de Total en Birmanie est positive". Cet opposant à la dictature aide depuis longtemps les réfugiés birmans, dont certains ont fuit la zone du gazoduc, installés dans des camps le long de la frontière thaïlandaise. "Pourquoi M. Kouchner ne les a-t-il pas visités ? ajoute-il. Pourquoi avoir refusé de voir la réalité du travail forcé, incluant celui d’enfants ? M. Kouchner a balayé du revers de la main la réalité de cet esclavage de centaines de Birmans avec un argument incroyable : les tuyaux du pipeline seraient trop lourds pour être portés par des enfants... Mais pourquoi ne pas avoir expliqué que le travail forcé avait été utilisé pour nettoyer le site du gazoduc, couper des arbres, creuser des tranchées et porter les équipements des ouvriers et des soldats ?"

Cette réalité là, il est bien certain que Bernard Kouchner ne peut l’ignorer, de même qu’il ne peut méconnaître que l’argent du gaz finance les armes de la répression. En d’autres temps il aurait été, avec le talent qu’il faut lui reconnaître, le pourfendeur des compagnies telles que Total qui remisent toutes éthiques lorsqu’il s’agit de pérenniser leurs profits, quitte à être complices de la brutalité et la tyrannie.

Droit del’hommisme : un fonds de commerce comme un autre

L’homme qui recueille encore la meilleure popularité en France et sait choisir ses amis, tels que Nicolas sarkozy ou Philippe Val de Charlie Hebdo a des goûts de luxe et un train de vie princier. D’autres font des affaires ou de la politique mais il a choisi une voie bien curieuse pour y accéder puisqu’il se veut l’apôtre des victimes et le V.R.P des droits de l’homme. Et c’est de cet endroit sensible de sa personne qu’il tient sa soif de sacralisation, celle que refusent toutes ces petites mains de l’humanitaire oeuvrant sans souci du paraître et de la possession, en Afrique ou en Asie et qui lui donnent toute sa grandeur. Cette matière là, qu’on pensait non monnayable, a maintenant un prix : celui payé par les clients de Bernard Kouchner...


 

05/02/2009

entrer dans la banque

Sarkozy a un petit perinée

 

 

La chute d'une idole ?

 

 

Incroyable démesure sarkozyste

Incroyable démesure sarkozyste

c24575e.jpgComment une République peut-elle accepter une telle démesure digne des Républiques bananières ?

Mardi, le chef de l'État est passé 1h05 sur Nîmes (après avoir atterri à l'aéroport avec les deux avions de la République) pour présenter ses vœux au monde de la culture.

Conséquences... :

Plus de 1 000 CRS et gardes mobiles (sans compter l'importante garde rapprochée du président de la République) ont bouclé l'ensemble du centre-ville (interdiction aux voitures, vélos, etc. et même de marcher à pied) de 6h à 14h15 (pour à peine plus d'une heure de venue de Nicolas Sarkozy dans un secteur très restreint du centre-ville).

Toutes les rues (même piétonnes et celles à l'opposé du "parcours présidentiel") ont été bouclées par des véhicules anti-émeutes et des policiers qui ressemblaient plutôt à des "Robocops".

Les infirmières et autres professionnels à domicile ont été interdits de se rendre chez leurs patients (parfois sérieusement malades) ou clients.

Les commerces ont eu l'obligation de fermer et les professions libérales n'ont pas eu l'autorisation d'accéder à leur bureaux.

Les rares ayant pu accéder à leurs bureaux en centre-ville ne pouvaient plus en sortir, ce jusqu'à une heure après le départ du chef de l'État.

Les riverains ont été cantonnés chez eux et ceux qui voulaient y rentrer n'ont pas pu.

30 agents des Renseignements Généraux (venant du Gard, des Bouches-du-Rhône et de l'Hérault) ont été mobilisés.

Les 1 200 personnes (intermittents, étudiants, militants PS et PC, syndicalistes, associations culturelles, mais aussi policiers, etc.) qui ont manifesté ont été cantonnés sur le parvis des Arènes, à 250 mètres minimum de là où se trouvait Nicolas Sarkozy (au musée Carré d'Art, face au monument romain de la Maison Carrée). Il y a eu des heurts (notamment coups de matraques et jets de gaz lacrymogène sur les manifestants) qui n'ont étonnement eu aucun écho dans les médias français (à tel point que les photos qui illustrent cet article viennent de médias suisses)...

Des tireurs d'élites ont été placé sur les toits du Carré d'Art et des bâtiments alentours.

de16acd.jpg Seule une vingtaine de Nîmois ont été autorisés à rester derrière les barrières de sécurité lors de l'entrée du chef de l'État dans le Carré d'Art par la sortie de secours. Ce sont les seuls habitants qu'il a bien voulu voir...

Pour la petite histoire, Nicolas Sarkozy a visité la collection permanente du musée d'art contemporain (une des plus importantes de France) en... 11 minutes (remise des présents et saluts aux élus nîmois compris), en compagnie des maires UMP de Nîmes et d'Avignon ; des parlementaires du grand Sud Est ; et du président de la région Languedoc-Roussillon, avant de faire son discours devant les près de 300 invités.

Notons que le chef de l'État a annulé son passage à la Mairie de Nîmes (à 200 mètres du Carré d'Art) "pour des raisons de sécurité" alors même que les rues du centre étaient désertes (si l'on ne prend pas en compte les policiers et CRS).

Évidemment, les Nîmois ont été scandalisés par une telle opération et ont souvent rappelé que "lorsque François Mitterrand ou Jacques Chirac venaient, eux, on pouvait les croiser dans les rues pour leur serrer la main"... Le quotidien local Midi Libre, plutôt classé à droite, et certains élus de la majorité ont trouvé eux-mêmes ces mesures totalement disproportionnées.

Tout cela a un coût exorbitant que nous ne connaissons pas. Tout cela a aussi un impact économique négatif pour de nombreuses personnes. Tout cela a des relents d'autoritarisme...

Mais surtout, on peut s'interroger sur cet homme, notre président de la République, qui développe depuis qu'il est ministre une peur panique de ses concitoyens,  et sur ce que cela dit sur son engagement...

J’écoute mais je tiens pas compte” …

"J’écoute mais je tiens pas compte". Voici ce qu’a déclaré Nicolas Sarkozy lors d’un déplacement sur la réforme de la carte militaire.

Le respect des règles grammaticales devrait aller de soi de la part d’un président de la République française. Pourtant, on ne dit pas "je tiens pas compte", mais "je ne tiens pas compte". On constate d’ailleurs que si certaines dépêches reprennent la phrase telle que prononcée, d’autres rajoutent elles-mêmes l’adverbe de négation manquant.

Une telle déclaration -qui visait tous les "conservatismes" qui s’opposeraient à ses réformes- est également symptomatique de sa conception du pouvoir. Cela signifie qu’il est pour lui inutile de prendre en considération les appréciations de ceux avec qui il serait en désaccord. Nous avons là la confirmation du pouvoir d’un seul, d’une véritable monocratie.

Enfin, Nicolas Sarkozy a déclaré : "On ne voulait pas l’armée italienne, on a eu Carla. C’est quand même plus agréable, en tout cas pour moi". Au-delà de l’humour quelque peu déplacé du chef de l’État, on se demande ce qu’il y a de drôle dans la suppression de 54 000 postes civils et militaires…

Jean-Louis Bianco

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