24/12/2008

Déclaration du Bureau National de SOS Racisme

Déclaration du Bureau National de SOS Racisme

Depuis vendredi dernier, une avalanche médiatique a gravement sali l’image et la réputation de SOS Racisme. Cette réalité est d’autant plus désagréable que ni SOS Racisme ni un quelconque de ses dirigeants ne se trouvent concernés par l’enquête préliminaire en cours.

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Face aux amalgames entretenus par la présentation médiatique des faits, SOS Racisme tient à rappeler quelques vérités :



Premièrement, les comptes de SOS Racisme sont d’une transparence absolue. En effet, l’association, malgré un budget limité, est sans doute l’une des plus regardées par des contrôles extérieurs. Ainsi, SOS Racisme est sujette, du fait qu’elle perçoit des fonds publics, à des contrôles de la Cour des Comptes, dont le dernier remonte à 2003. En outre, SOS Racisme est tenue de disposer de comptes certifiés par un commissaire aux comptes après établissement de sa comptabilité par un cabinet d’expertise comptable. Enfin, SOS Racisme, depuis plus de 5 ans, est directement et régulièrement contrôlée par un contrôleur d’Etat détaché du Ministère des Finances.



Deuxièmement, au regard des amalgames visant à insinuer le doute, nous sommes tenus d’affirmer avec sérénité et fermeté que pas un centime d’euro reçu par l’association n’a été utilisé à des fins autres que la réalisation des actions antiracistes.



Les conclusions et les assimilations rapides de ces derniers jours sont d’autant plus révoltantes que la réalité de l’engagement antiraciste, ce sont des générations de jeunes militants qui, bien loin de s’enrichir dans leur combat, donnent de leur temps, de leur énergie mais aussi de leur argent en étant convaincus qu’il est utile de passer une partie de sa jeunesse à faire progresser le vivre ensemble dans notre pays.


SOS Racisme ose espérer que, dans les jours qui viennent, les médias rétabliront ces vérités en faisant preuve d’une rigueur qui n’a manifestement pas été la règle jusqu’à cet instant.

22/12/2008

L'UMP trompe les Français et transforme le Parlement en chambre d'enregistrement

L'UMP trompe les Français et transforme le Parlement en chambre d'enregistrement

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On le sait, l'UMP accuse la gauche d'obstruction massive sur le projet de loi réformant l'audiovisuel public. La gauche a raison de tout faire pour bloquer ce texte dangereux qui transfère les recettes publicitaires sur les chaînes privées sans garantie financière pour le service public et qui permet la nomination du président de France Télévisions directement par l'Élysée.

Mais au-delà de cette simple justification, il y a en réalité une manipulation honteuse de la majorité gouvernementale. En effet, l'illusion de cette obstruction a été construite et entretenue par la droite. Par exemple, en levant des séances à minuit quand le règlement de l'Assemblée autorise un examen jusqu'à 5h du matin (ce qui est courant).

L'objectif était clair : faire croire aux Français que la possibilité de déposer des milliers d'amendements constitue une obstruction excessive et anti-démocratique. Ainsi, l'UMP pensait pouvoir faire adopter sans trop de difficulté, avec le soutien médiatique et celui des Français, l'article 13 du projet de loi organique en application de la révision constitutionnelle du 23 juillet dernier.

Cet article prévoit la possibilité d'une "procédure impartissant des délais pour l'examen d'un texte" au Parlement. Dans ce cadre, les amendements déposés par les parlementaires pourront être mis au voix... sans aucune discussion. C'est cela qui est très clairement anti-démocratique.

D'autant que, comme l'a déclaré Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, on peut qualifier de "véritable tartuferie" les arguments employés par le gouvernement et la majorité selon lesquels cet article 13 est indispensable du fait de l'obstruction menée depuis 18 mois par l'opposition.

En 30 ans à peine, sept textes sur 1 450 adoptés ont dépassé 100 heures de débat, et ce fut à quatre fois à l'initiative de la droite et non de la gauche. Aucune loi n'a jamais été empêchée par le droit d'amendement. Le seul abus que connaisse notre démocratie, c'est celui d'un exécutif autoritaire qui ne tolère aucune contradiction ni contre-pouvoir.

Il est urgent d'en informer les Français. Ils doivent savoir que leurs députés UMP avalisent la transformation du Parlement, seule institution réellement représentative, en chambre d'enregistrement de tout ce qui est décidé au gouvernement et en réalité... à l'Élysée.

À lire aussi, cet article du Courrier international, celui-ci de la Revue parlementaire et ce dernier sur la réforme constitutionnelle de juillet dernier.

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène

07/12/2008

La France, mauvaise élève des droits de l'homme, selon Hessel

 

La France, mauvaise élève des droits de l'homme, selon Hessel

 

La France ne peut se targuer d'être exemplaire en matière de droits humains vu sa façon de traiter les étrangers et les prisonniers, estime Stéphane Hessel, co-auteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

Cette appréciation d’un sage comme Stéphane Hessel devrait attirer l’attention de tous nos concitoyens qui ne prennent pas au sérieux l’action des associations et de leurs militants qui au fil des jours mènent un combat en faveur du respect des « droits de l’homme «

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A 91 printemps, le vieil homme aux manières délicieuses est l'invité permanent des cérémonies du 60e anniversaire de ce texte adopté le 10 décembre 1948 à Paris par les 48 pays membres de la toute jeune Organisation des Nations unies.

Ces cérémonies culmineront mercredi par une soirée au palais de Chaillot, où Stéphane Hessel lira le préambule de la Déclaration avant la projection de 22 courts-métrages réalisés par autant de metteurs en scène du monde entier.

Le diplomate avait à peine 30 ans lorsqu'il entama les travaux conduisant à la rédaction du texte.

Soixante ans plus tard, malgré son grand âge, l'ancien résistant, qui joua aussi les médiateurs pour les sans-papiers, veut rester un aiguillon pour les autorités françaises.

"Non, elle ne doit en aucun cas s'enorgueillir, c'est toujours mauvais", répond-il quand Reuters lui demande si la France de 2008 peut se vanter d'être encore la patrie des droits de l'homme.

"Elle doit constater que si elle fait certaines choses correctement il y en a d'autres qu'elle ne fait pas bien. Notamment, elle s'occupe mal de ses immigrés, elle s'occupe mal de ses sans-papiers et elle ne s'occupe pas bien du tout non plus des questions d'asile", ajoute-t-il.

En avril 2007, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France pour la façon dont elle renvoie les étrangers menacés dans leur pays d'origine.

Plus récemment, elle lui a demandé de surseoir à un projet de charter franco-britannique visant à rapatrier vers leur pays des Afghans en situation irrégulière.

"PAS À LA HAUTEUR"

"La France ne fait pas ce qu'elle devrait car elle a une tradition de pays d'immigration et de pays d'asile. Elle n'est pas la hauteur", regrette Stéphane Hessel.

Le diplomate se fait aussi le garant des droits des détenus à l'heure où les prisons françaises enferment plus de 64.000 personnes, un chiffre record qui s'ajoute à la multiplication des suicides de détenus -- plus d'une centaine cette année.

Le 16 octobre, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné Paris pour manquement à son obligation de "protéger le droit à la vie d'un détenu".

"Nous devrions faire un effort pour avoir des prisons un peu moins inhumaines", insiste Stéphane Hessel.

Distillées de débats en réunions, ses mises en garde visent d'abord l'Elysée.

"Tous mes messages, je les adresse toujours au président de la République française, quel que soit son nom", dit-il.

"Le nom actuel est celui d'un fils d'immigré. Donc s'il y a quelqu'un qui devrait savoir qu'il faut considérer l'immigration non comme un fléau mais comme une richesse, c'est bien notre président actuel Nicolas Sarkozy", fait-il remarquer à propos du chef de l'Etat, qui est d'origine hongroise.

Aux yeux de Stéphane Hessel, l'actuel président "pourrait en faire beaucoup plus", tout comme la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade. "Elle est très sympathique. Mais fait-elle assez pour promouvoir les droits de l'homme dans le monde ? Je n'en suis pas absolument convaincu."

Malgré ses critiques, Stéphane Hessel ne veut pas se laisser aller au pessimisme et relève les avancées obtenues en 60 ans sur le chemin des libertés.

"Il y a eu la fin du stalinisme, la fin de la colonisation, la fin de l'apartheid, nous avons un Tribunal pénal international pour juger les tyrans : bien sûr que les choses progressent", lançait-il le mois dernier lors d'un débat en présence de l'écrivain bangladaise Taslima Nasreen, chassée de son pays pour avoir critiqué les extrémistes islamistes.

Mais quand on lui demande si les Jeux olympiques de cet été à Pékin ont permis d'améliorer les droits humains en Chine, sa réponse est sans appel : "Ça n'a servi à rien."

declaration de stephane Hessel " l'express.fr"

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