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31/08/2007
SARKOZY AU MEDEF "PLUS DE RISQUE DE PRISON POUR LES PATRONS"
Et maintenant qui pourra dire que ce n'est pas une justice de classe !
SARKOZY ET LE MEDEF
Le chef de l'Etat a choisi "le camp des patrons indélicats", dénonce le Syndicat de la magistrature. Nicolas Sarkozy avait annoncé jeudi vouloir "mettre un terme à la pénalisation du droit des affaires".
Dépénaliser le droit des affaires ? L'annonce faite par Nicolas Sarkozy jeudi lors de l'université d'été du Medef a mis les juges en émoi.
En effet, les principaux syndicats de magistrats n'ont pas caché leur inquiétude devant ce risque de mettre l'éteignoir sur certaines malversations.
le Syndicat de la magistrature a estimé que Nicolas Sarkozy avait "choisi le camp" des patrons "indélicats". La pénalisation du droit des affaires ne vise "rien d'autre que des fraudes à la loi, lorsqu'un chef d'entreprise agit contre les intérêts de sa société", a insisté la présidente du syndicat, Emmanuelle Perreux, "atterrée" par les propos du président. Nicolas Sarkozy "durcit sans cesse son propos et la législation contre les plus faibles, mais a la plus grande mansuétude envers les patrons qui auraient détourné l'intérêt social de leur entreprise au profit de leur intérêt personnel", a-t-elle poursuivi.
l'Union syndicale des magistrats (majoritaire) a plaidé pour le maintien d'une "régulation pénale" du monde des affaires "afin que ceux qui franchissent la ligne rouge soient sanctionnés". Réagissant à chaud aux propos de Nicolas Sarkozy, son président, Bruno Thouzellier, a espéré que cela ne signifie pas "que la justice n'a plus à se mêler du monde des entreprises". Il a aussi rappelé qu'il y a en France "une pénalisation extrêmement faible du droit des affaires", en comparaison "avec la manière dont la justice américaine traite certaines affaires comme le scandale Enron", la plus retentissante faillite d'entreprise aux Etats-Unis.
19:39 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mr Chevènement défend Mme Royal

Jean-Pierre Chevènement monte au créneau pour défendre Ségolène Royal, cible de nombreuses critiques au sein du PS : « Je trouve d'abord peu élégant de taper à bras raccourcis sur une candidate qui a quand même fait 47 % des voix, soit 17 millions de suffrages », a-t-il déclaré hier dans une interview au « Parisien ». La suite du plaidoyer est plus surprenante : « Ségolène Royal a fait une campagne courageuse, elle a su résister victorieusement à l'offensive pro-Bayrou menée de l'intérieur même du PS par les Gracques, Michel Rocard, Bernard Kouchner et quelques autres », déclare-t-il, oubliant la main tendue de la candidate au président du Modem entre les deux tours de la présidentielle. Pour l'avenir, « la gauche est à refaire », souligne-t-il : « Ce qui a manqué au PS en 2007, comme en 2002, c'est, outre une analyse solide de la globalisation, un projet à la fois original et crédible pour la France. La gauche doit à la fois assumer la nation et «penser mondial». »
08:42 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ségolène Royal "très déçue" par les annonces de Sarkozy devant le MEDEF
L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal s'est dite "très déçue" jeudi par les annonces économiques de Nicolas Sarkozy devant l'université d'été du MEDEF, invitant le chef de l'Etat à "sortir de l'inaction et de ce mouvement apparent". "Nous sommes très déçus" et "très inquiets", a-t-elle déploré au terme de la réunion des présidents de régions socialistes qui se tient chaque année à l'hôtel de ville de La Rochelle (Charente-Maritime). "Nous pensions qu'au bout de cent jours, le gouvernement avait la capacité d'annoncer des réformes précises, des engagements financiers tangibles".
"Nous attendions avec beaucoup d'impatience le discours du président de la République" et "nous attendions des réponses extrêmement précises destinées à améliorer la vie de nos concitoyens", a souligné celle qui n'est plus que présidente de la région Poitou-Charentes.
"Ce que nous attendions du chef de l'Etat, c'est des annonces concrètes sur des sujets extrêmement urgents en cette rentrée", a-t-elle développé, citant les aides économiques aux petites et moyennes entreprises (PME), et "dans ce domaine nous n'avons rien entendu". Elle a également évoqué la relance de l'innovation et de la recherche, mais "le compte n'y est pas". Enfin, elle espérait "des annonces financières concrètes pour l'université" suite à la loi sur l'autonomie votée cet été.
Ségolène Royal a donc déploré "le flou", "l'inertie" et "l'inaction" de son ex-rival pour l'Elysée Nicolas Sarkozy, brocardant "l'illusion de mouvement, l'illusion de l'accumulation des discours et des commissions". Elle l'a pressé d'assumer ses "responsabilités" et de "sortir de l'inaction et de ce mouvement apparent".
L'ex-candidate a par ailleurs montré du doigt la proposition de la présidente du MEDEF Laurence Parisot de relever de 60 à 62 ans l'âge de la retraite. "Le principal problème, c'est le taux de chômage très élevé des salariés de plus de 50 ans. Ce type d'annonce idéologique n'est pas sérieuse", a-t-elle tempêté.
La réunion des présidents de régions socialistes se tenait comme de coutume à La Rochelle à la veille de l'ouverture de l'Université d'été du PS, dont Ségolène Royal doit prononcer le discours inaugural vendredi après-midi. Selon son entourage, elle n'assistera pas dimanche au discours de clôture du Premier secrétaire François Hollande, son ex-compagnon à la ville.
08:41 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30/08/2007
Sarkozy veut remplacer le CDI par la PDI : période d’essai à durée indéfinie
Promettant tout à tout le monde, les annonces concrètes que le Président Sarkozy a faites devant le MEDEF cet après-midi sont très inquiétantes pour l’avenir des relations sociales dans notre pays.
Sa volonté d’introduire une séparation à l’amiable entre patrons et salariés témoigne, comme son fameux slogan “travailler plus pour gagner plus”, d’une méconnaissance patente de la réalité des relations sociales et des rapports de force en entreprise.
De la même façon qu’il était mensonger d’essayer de faire croire aux salariés qu’ils pourraient librement choisir d’eux-mêmes de travailler plus pour gagner plus, comparer les rapports employeurs-salariés aux rapports de couple et à la procédure de divorce par consentement mutuel relève purement et simplement de l’abus de langage.
Aujourd’hui la séparation amiable est déjà possible si les deux parties sont d’accord. La proposition du MEDEF, reprise par Nicolas Sarkozy, vise en fait à inscrire dans le contrat de travail dès l’origine l’indemnité que l’employeur devra verser en cas de rupture du contrat de travail à son initiative.
Si tel est le sens de la proposition cette mesure reviendrait purement et simplement à abolir la notion de contrat à durée indéterminée à laquelle nos concitoyens sont particulièrement attachés, pour placer le salarié en insécurité permanente dans une sorte de période d’essai infinie.
20:24 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Un vice-procureur convoqué par Dati: pourquoi c'est inquiétant
R.DATI VEUT SINGER SARKOZY MINISTRE DE L'INTERIEUR MAIS EST ELLE UN MINISTRE DE LA JUSTICE ?
On ne peut qu'être scandalisé par cette convocation du Procureur !
Reprise de la tribune parue dans Rue89Par Michel Huyette (Magistrat)
Les médias se sont fait l'écho d'un événement inhabituel et de nature à inquiéter bien au-delà du seul cercle des magistrats. De quoi s'agit-il?
Au tribunal de grande instance de Nancy, à une audience correctionnelle, une personne est poursuivie pour une infraction commise en récidive (on est légalement en état de récidive quand on commet un délit après avoir déjà été sanctionné pour un précédent délit). Comme la nouvelle infraction a été commise après l'entrée en vigueur de la loi dite sur les "peines-planchers" (mi-août), les nouvelles dispositions peuvent être appliquées à ce prévenu. Cette loi établit qu'en cas de récidive, la peine plancher est d'un an si la sanction maximale de la peine est de trois ans de prison, de deux si la sanction maximale est de cinq ans, de trois ans pour sept ans et de quatre ans pour dix ans.
Mais comme dans toute situation, il y a les faits bruts mais aussi la personnalité de l'auteur de l'infraction, la loi permet de prononcer une peine inférieure à la peine plancher "en considération des circonstances de l'infraction, de la personnalité de l'auteur ou des garanties d'insertion ou de réinsertion" qu'il présente.
C'est le principe le plus fondamental de notre droit pénal : celui de l'individualisation de la sanction, même à l'intérieur d'une gradation des peines encourues en principe. Il doit donc y avoir à l'audience un débat approfondi tant sur les faits que sur la personnalité du prévenu.
A Nancy, un vice-procureur, Philippe Nativel, a dans une affaire particulière, indiqué qu'il ne demandait pas au tribunal de prononcer la peine plancher, mais une peine inférieure, et il a développé son argumentation. Mais voilà que dans un journal local il a été écrit qu'il avait déclaré:
"Je ne requerrai pas cette peine plancher de quatre ans, car les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir. Ce n'est pas parce qu'un texte sort qu'il doit être appliqué sans discernement".
Le vice-procureur a démenti avoir tenu ces propos, ce qui a été confirmé par les personnes présentes dans la salle.
Le Ministère de la justice, apparemment à la seule lecture de ce journal et sans demander l'avis des personnes impliquées ou présentes dans la salle d'audience ni des autorités judiciaires locales, a tout de suite convoqué ce magistrat à Paris.
C'est inhabituel, car quand il est envisagé qu'un magistrat ait commis une faute, ce qui s'est produit dans d'autres situations et se produira encore, il lui est d'abord demandé de s'expliquer devant sa hiérarchie locale, qui procède à une enquête. Si elle l'estime utile, elle saisit ensuite les échelons supérieurs, jusqu'au ministère si les fautes commises sont graves... Insistons sur le fait que les pouvoirs des magistrats sont tels que toute faute délibérée et inexcusable doit être fermement sanctionnée de quelque façon que ce soit.
Mais surtout, ce qui est préoccupant, c'est que ce magistrat semble avoir uniquement utilisé les prérogatives que lui donne… la loi. Il existe en effet dans le code de procédure pénale un article 33 très important :
"Il [le magistrat du Parquet]est tenu de prendre des réquisitions écrites conformes aux instructions qui lui sont données (…). Il développe librement les observations orales qu'il croit convenables au bien de la justice."
Hiérarchiquement subordonné au ministère de la justice le procureur doit certes appliquer les instructions qu'il reçoit; mais dans toute affaire particulière, en tant que magistrat, il a le droit de s'exprimer de la façon qu'il estime la plus appropriée et la plus juste.
Chacun doit comprendre qu'il s'agit là non pas d'une protection du procureur, mais d'une protection essentielle des citoyens et notamment des prévenus. Ce que dit la loi, c'est qu'au moment de requérir une peine, un procureur ne doit faire que ce que sa conscience lui dicte, et non se contenter d'appliquer mécaniquement une instruction si elle lui paraît inappropriée.
A Nancy, non seulement le vice-procureur n'est pas allé à l'encontre d'une quelconque instruction de son procureur, mais, en invitant le tribunal à prononcer une peine inférieure à la peine plancher théoriquement applicable, il n'a –de nouveau- fait qu'appliquer… la loi voulue par le gouvernement et votée par le Parlement. Au demeurant, le tribunal correctionnel a été de son avis et aurait même prononcé une peine inférieure au fameux plancher.
Alors pourquoi une telle agitation au ministère en présence d'une situation locale tout à fait ordinaire? C'est bien cela qui inquiète les magistrats (les syndicats puis la conférence nationale des procureurs ont fait part dans des communiqués successifs de leur très grande inquiétude).
On ne peut s'empêcher de rapprocher cet événement des propos de la ministre de la justice qui, très récemment, énumérait les premiers tribunaux ayant condamné des prévenus aux peines-planchers. Serait-ce interdit de faire autrement et d'appliquer la nouvelle loi dans toutes ses dispositions, même les moins répressives?
Dès lors, sauf si une autre justification nous est proposée dans les heures ou les jours qui viennent, une seule explication vient à l'esprit, tellement inquiétante que l'on hésite à l'écrire: tout écart vis-à-vis de la doctrine gouvernementale apparaîtrait-il à nos dirigeants comme insupportable, et l'existence d'une justice qui n'exécute pas mécaniquement les volontés du pouvoir serait-elle considérée comme une ennemie qu'il faut faire rentrer dans le rang, y compris par la menace ou l'intimidation?
Le Ministère de la justice va-t-il demain convoquer les juges (les juges du siège, ceux qui prononcent les peines après les réquisitions du procureur et l'audition de la défense), pourtant constitutionnellement indépendants, s'ils ne jugent pas comme il faut et osent adapter leurs décisions en fonction des dossiers qui leur sont soumis en prenant leur distance avec les souhaits ou les humeurs des gouvernants?
Essayons de nous convaincre aujourd'hui qu'il ne s'agit que d'un mauvais rêve, et qu'il n'est pas prévu tout de suite de nous faire revenir un demi-siècle en arrière, au temps où l'indépendance de la justice n'était pour le pouvoir qu'une expression détestable.
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29/08/2007
Michel Rocard : « C’est une décision personnelle »
Après avoir été victime d'un accident cardio vasculaire au début de l'été , Michel Rocard est maintenant une nouvelle foi victime de son orgueil démesuré et de la haute estime qu'il a de lui même !
Si au début de sa carrière , comme leader du PSU , j'ai pu estimer l'homme notamment en 1968 allant même jusqu'à aller voter pour lui aux élections présidentielles de 1969 , comment peut on comprendre cette dérive d'un homme qui maintenant choisit une démarche personnelle !
Un Homme qui a été le premier secrétaire du parti socialiste peut il à ce point ignorer et mépriser les militants de ce parti !
Déjà au cours de la campagne présidentielle , il n'a pas hésité à critiquer la candidate choisie par les militants allant jusqu'à lui demander de se retirer à son profit .
Mais plus grave , comment un homme de gauche peut il croire qu'il peut être utile à la droite sans trahir ses convictions .
L'action politique ne repose pas sur une trajectoire individuelle et le chemin que prend Michel Rocard n'est pas celui qu'un homme de gauche .
Il pourra se souvenir que François Mitterand qu'il a souvent critiqué a su rester dans l'opposition de 1958 à 1981 et qu'il s'est efforcé de construire avec les militants les conditions de la victoire de la Gauche !
Comment le disait le Général De Gaulle , La vieillesse est vraiment un naufrage
M. Rocard n’a pas consulté ses « camarades » du Parti socialiste. « C’est une décision personnelle, en réponse à une proposition qui m’a surtout été formulée en tant qu’ancien premier ministre », souligne-t-il. M. Rocard a précisé qu’il a été sollicité directement par le ministre de l’éducation, Xavier Darcos. « Un homme réputé pour avoir des idées », a-t-il commenté. Enfin, il a indiqué avoir répondu positivement après s’être donné « une semaine pour réfléchir
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28/08/2007
SARKOZY VEUT JUGER LES FOUS
08:09 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
pas d'"obstacle recevable" à l'audition de Mme Sarkozy par les députés
Pierre Moscovici, député PS et ancien ministre des Affaires européennes, a souligné lundi qu'il n'y avait "sur le plan juridique aucun obstacle recevable" à ce que la future commission d'enquête parlementaire sur la Libye convoque Cécilia Sarkozy, malgré le refus exprimé par l'Elysée.
Dans une tribune publiée par Libération, Pierre Moscovici juge "farfelue", "abracadabrantesque" et "baroque" l'argumentation de l'Elysée pour exclure que Mme Sarkozy soit entendue devant la future commission d'enquête.
Cécilia Sarkozy s'est rendue à deux reprises en Libye dans la phase finale des négociations ayant mené le 24 juillet à la libération des soignants bulgares, en compagnie du secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant.
Selon Pierre Moscovici, prétendre que Mme Sarkozy ne peut pas être entendue, au nom de la séparation des pouvoirs, puisqu'elle était "l'envoyée personnelle" de Nicolas Sarkozy, "c'est accepter l'inacceptable, que le président et son épouse ne fassent qu'un, que celle-ci, d'une certaine façon, ne soit qu'une partie - une extension - de celui-ci, qu'elle soit protégée de tout par ce statut de confusion". "Cela n'a aucun sens", dit-il.
Il fait observer aussi que Claude Guéant, qui lui est prêt à témoigner, selon l'Elysée, "est ni plus ni moins que Mme Sarkozy" l'envoyé personnel du chef de l'Etat.
L'ancien ministre socialiste se défend de tout "acharnement" ou "curiosité malsaine" à l'égard de l'épouse de Nicolas Sarkozy.
"Dès lors qu'elle intervient dans une affaire publique, en jouant un rôle politique ou diplomatique majeur, elle doit pouvoir, comme tout citoyen, comme tout émissaire public, venir s'expliquer devant la représentation nationale", fait-il valoir.
Selon M. Moscovici, c'est "la règle républicaine" et "il n'est pas acceptable d'inventer pour s'y dérober une monstruosité juridique et institutionnelle".
Evoquant un "étrange climat bonapartiste", le député du Doubs a jugé que "cette question, qui devrait être mineure ou toute simple, (devra) trouver une solution pour ne pas devenir une affaire d'Etat".
08:03 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27/08/2007
ENTRETIEN DE SEGOLENE ROYAL AVEC LE JOURNAL SUD OUEST
Mme Royal, après vos vacances, comment allez-vous ?
Je vais très bien ! (Rires.) Je suis heureuse de me retrouver, après cette longue coupure, au contact des militants, des sympathisants, de tous ceux qui me demandaient au cours de l'été : « Qu'est-ce qu'on fait à la rentrée ? » J'assume une responsabilité. Le traumatisme de 2002 avec le départ de Lionel Jospin est resté dans les esprits, et les gens se demandaient si j'allais faire la même chose. Je leur dis que non, et qu'en même temps je ne suis pas pressée. C'est une rentrée en douceur, pas une rentrée tonitruante. Après l'aventure exceptionnelle d'une campagne, les épreuves, les chocs, les joies immenses, et les peines aussi, je suis aujourd'hui une femme différente, fidèle à mes intuitions, ma liberté de pensée et de parole. Mais plus lucide, sereine, déterminée, forte de ce que j'ai vécu et partagé.Cette campagne vous a-t-elle changée ?
Je ne sais pas si c'est le terme exact. Il y a à la fois une renforcement de ma nature profonde et une dimension nouvelle qui me donnent envie de vivre à un rythme maîtrisé. Nous sommes inscrits maintenant dans un temps long. Le Parti socialiste reste à rénover, des idées neuves doivent germer, et je ne veux plus perdre la moindre seconde dans les affrontements stériles ou les violences verbales. J'ai un besoin profond d'apaisement et de maîtrise de mon temps.
Vous allez publier un livre sur cette campagne ?
Oui ! Il paraîtra fin octobre. C'est un bilan mais aussi une volonté de ne pas oublier la leçon.
Quand l'avez-vous écrit ?
J'ai pris beaucoup de notes pendant la campagne. J'ai beaucoup réfléchi cet été, même si je me suis beaucoup occupée de mes enfants. Maintenant, je vais m'y consacrer.
C'est indispensable parce qu'il y a encore beaucoup de questions, et ce que je veux, c'est que la leçon ne soit pas perdue, que ce moment démocratique intense laisse son empreinte.
Une chose demeure dans les esprits, c'est que sur le smic à 1 500 euros et les 35 heures, vous n'y croyiez pas ?
Je n'ai jamais dit cela. C'est une exigence de vérité. La politique ne peut plus se faire avec des slogans trop simplistes parce qu'alors ils ne sont pas totalement crédibles. J'ai dû bâtir un projet présidentiel très rapidement. Je participais à un combat collectif. Je me suis rendu compte au cours de la campagne que les propositions du projet socialiste sur le smic et les 35 heures rencontraient beaucoup d'avis dubitatifs. Comme j'étais très en écoute, j'ai bien vu que cette proposition du smic à 1 500 euros avait beaucoup moins d'impact que celle de mon adversaire sur l'exonération des heures supplémentaires, car nous n'avions pas défini comment la mettre en oeuvre.Je suis peut-être trop sincère, mais on ne l'est jamais assez. Il est nécessaire de faire le bilan de ce qui a été compris par les Français. C'est pourquoi le programme du Parti socialiste devra être élaboré avec eux.
Le PS a aussi du mal, aujourd'hui, à se situer dans l'opposition...
Les gens ont soif de voir leurs problèmes résolus. Nous devons peser pour que les problèmes soient réglés, et pas seulement pour critiquer systématiquement.
Vous fixez-vous des échéances ?
On verra. Cela dépendra de ce qui va se passer dans les semaines et les mois qui viennent, comment nous pourrons fédérer et rassembler les intelligences. Il n'en manque pas à gauche et au PS, puisque même la droite y a fait appel !
Comment jugez-vous le premier bilan de Nicolas Sarkozy ?
Si on ne veut pas entrer dans la caricature, je dois lui reconnaître sa capacité de mouvement. Certains la jugeront excessive. C'est son style. L'important, c'est d'avoir un style, et ce n'est pas négatif. Nous avons quelqu'un qui démontre, au moins dans la forme, sa volonté que ça marche. Mais paradoxalement, le principal risque, c'est celui de l'immobilisme.
On voit bien que les réformes les plus douloureuses qui permettraient de remettre le pays sur le chemin de la croissance n'ont pas été faites. Au lieu d'évaluer la situation, on a droit à une nouvelle agitation. Le paquet fiscal a avantagé la rente plutôt que les entreprises dynamiques.
En matière politique, les municipales seront-elles l'occasion de conclure des alliances nouvelles ?
J'ai tendu la main à François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle parce que les Français veulent qu'on sorte de l'affrontement bloc contre bloc. Je pense qu'en effet la question se pose d'une vaste coalition de la gauche, des altermondialistes et du Modem, sur des projets municipaux. Mais pas de façon désordonnée.Sur la responsabilité et la morale politiques, la dépense publique, il y a plein de questions sur lesquelles on peut se retrouver avec les centristes, mais en évitant que ce soient des alliances à la carte, qui risqueraient d'émietter le Parti socialiste, ce qui serait regrettable. Avec le Modem, qui a refusé toute proposition, les choses peuvent évoluer.
Votre présence à l'université du PS ?
Je ferai l'ouverture avec les cinq nouveaux députés de la région, parce que notre score a été exceptionnel ici, ce qui est aussi une forme de reconnaissance de la politique régionale. Je choisirai donc des thèmes d'action régionale qui ont un écho national, comme, par exemple, la décision de justice qui m'a donné raison contre le préfet sur les « contrats nouvelle embauche » et notre politique d'évaluation des OGM.
L'Elysée a fait savoir que Mme Sarkozy ne témoignerait pas devant la commission d'enquête sur la Libye...
Ce qui anormal, c'est que des annonces élyséennes soient faites avant même que la commission se soit réunie. C'est une atteinte dans la séparation des pouvoirs. Le président, qui est si actif et si disponible, comment peut-il refuser de s'y rendre ? Il doit être cohérent et ne pas changer de principes en fonction des ses intérêts. C'est la commissaion parlementaire qui doit dire si l'audition de Mme Sarkozy est nécessaire ou pas
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26/08/2007
Yasmina Reza, écrivain en cour (ou de cour)?
Le livre portrait du Président, L'aube le soir ou la nuit' a bénéficié d'un emballage et d'un emballement médiatique comme on n'en a rarement rencontrés. Récit d'une impossible critique
Pour celles et ceux qui auraient envie de lire le livre portrait du héros des temps moderne, Nicolas Sarkozy, la note parue dans Marianne apporte un éclairage intéressant sur ce livre ...... de cour ......
D'autant que – ô bizarrerie - le train en question n'aborde pas toujours la seule question qui vaille pour le lecteur ou l'auditeur : « L'aube le soir ou la nuit » est-il un bon livre ? L'auteur a-t-elle réussi le pari de nous faire approcher la vérité du personnage ? Laisse tomber, mon ami, ce n'est pas le problème des medias : quand on parle d'un livre-événement, on parle surtout de l'évènement, et, en général, très peu du livre. Priorité au making off : comment « le » miracle s'est produit.
Enfin, en gros, hein. Par exemple, pas question de trop insister sur l'absence totale de Cécilia Sarkozy dans le portrait intimiste de son mari. Non, non, ce n'est pas ce que vous croyez, Nicolas n'a pas voulu imposer le silence sur son épouse, comme il a tenté de le faire dans Le Monde. Simplement, Cécilia n'était pas présente dans la campagne. Il fallait y penser. L'ouvrage de Yasmina Reza ne saurait donc être suspecté d'être un livre de commande, ou simplement contrôlé. La preuve ? Yasmina Reza remercie notre Président de l'avoir laissé opérer « en toute liberté ». Et d'ailleurs, les « avocats » de Reza l'écrivent : on ne peut pas la critiquer comme on le ferait d'un journaliste, c'est un écrivain. Donc, l'écrivain est quelqu'un qui peut accepter un «deal» avec le sujet de son livre. Un peu comme ça se faisait en Roumanie….
Au fait, les journalistes ont-ils pu le lire, le fameux livre ? L'éditeur a fait savoir que seuls « quelques rares privilégiés avaient eu accès au manuscrit »…. Impossible de joindre, ce matin, l'attachée de presse de Flammarion, que j'imaginais baillonnée par son propre fil de téléphone : comment répondre lorsque vous êtes assaillie d'un seul coup d'un seul par la moitié d'une profession (36 000 cartes de presse, tout de même !) tandis que les palettes déposées dans la cour de la maison d'édition, place de l'Odéon, maigrissent à vue d'œil ? Appelé une connaissance de la maison. Qui m'a dit : " Ca va être dur. » Donc à quinze heures, toujours pas de livre…. Jusqu'à un petit miracle : mon voisin de bureau, Joseph Macé-Scaron (voir sa chronique dans Marianne de samedi) lui, en avait deux de livres et il a bien voulu…. Je tiens l'objet. Et c'est encore pire que ce que laissait imaginer les quelques extraits parcimonieusement concédés par Teresa Cremisi, la pdgère de Flammarion, au Nouvel Observateur. Une écriture faisant comme si Marguerite Duras n'avait jamais existé. Des anecdotes fulgurantes : « Bon, pas d'oreilles indiscrètes, nous avons pris une décision Tony (Blair, NDLR) et moi, nous allons conquérir l'Europe ! " ; ou bien
- Tu t'es approprié Jaures maintenant. "
- Oui. "
Ou bien encore :
Nicolas : « Bayrou ? "
Pierre (Giacometti, directeur des études de l'institut IPSOS, NDLR) : " Il n'est pas exclu qu'il parle jeudi ou vendredi. "
Nicolas : " il dira qu'on est deux burnes (lui et Ségolène, NDLR) , je m'en fous. J'ai bien fait de dire qu'on a jamais vu le troisième en finale de Roland-Garros. C'est du gros rouge, mais ça fait du
bien. "
Des phrases inimaginables, comme celle-ci : " Nicolas me présente comme un écrivain de génie. » Ah bon ?
Et cette page 2 du livre, qui s'ouvre sur cet incroyable passage : " Dans la salle de maquillage préfabriquée, des pruneaux, du chocolat, des pâtes de fruits. Lui picore sans cesse. Picore et engouffre à toute allure. " Picore ou engouffre ?"
20:40 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






Doit-on traduire les criminels déclarés fous devant un tribunal ? Non, ce n'est pas une blague ou un sketch des Monty Python, c'est la dernière trouvaille de Nicolas Sarkozy.