11/05/2009

Hadopi: amis artistes, vous vous trompez de combat!

L'UFC-Que Choisir, le chapître français de l'Internet Society, La Quadrature du Net, l'Union de syndicats des artistes interprètes créateurs et enseignants de la musique, de la danse et de l'art dramatique (SAMUP) et le collectif «Pour le Cinéma» adressent cette «lettre ouverte à quelques artistes» s'inquiétant de leur avenir si le projet de loi Création et Internet et les invite à de prochaines Assises de la création et du numérique

Chers amis artistes, vous êtes nombreux à éprouver des inquiétudes face au bouleversement que connait actuellement le monde culturel. Ces doutes sont légitimes. Cependant, nous sommes réellement décontenancés par le soutien que certains d'entre vous apportent au projet de loi Création et Internet.

Car il s'agit, en fait, de mener des actions punitives contre votre public! Créer un délit de «défaut de sécurisation» et inciter à installer sur chaque ordinateur un mouchard en permanence relié à des serveurs sous la responsabilité de l'Hadopi – Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet – freineront immanquablement le développement de l'Internet et la formidable opportunité qu'il offre à tous les artistes pour faire connaitre leurs œuvres.

Injuste pour le public et pour les artistes

Nous sommes très étonnés que vous puissiez défendre le système actuel – qui est des plus injustes envers les artistes. En effet, sur la vente d'un CD ou d'un fichier numérique, la répartition des revenus se fait dans des proportions qui sont de 92% pour les maisons de disques et 8 % pour les artistes. De plus, apprécier la santé de l'économie de la culture à partir du marché de la vente de CD ou de DVD est tellement restrictif! En effet, la vente de CD ou de fichier numérique ne représente que 16% des revenus de la Sacem; les artistes se rémunèrent bien plus avec les concerts, les passages radio et autres sonorisations publiques. Se fonder sur l'évolution de la vente des CDs pour s'opposer à cette loi, c'est avoir une logique similaire à celle qui vous aurait menés à vous battre pour l'interdiction du CD pour protéger les ventes de vinyls. La chute des ventes de certains supports a bien plus à voir avec leur obsolescence (et nouveaux usages culturels «nomades» : MP3, téléphonie mobile multimédia, Netbook, ) qu'avec le téléchargement.

Dans sa globalité, le secteur de la culture se porte plutôt bien, et les chiffres parlent d'eux-mêmes : les revenus de la Sacem n'ont pas baissé, la SACD enregistre des perceptions record et les entrées en salle explosent. Ainsi, le public, même s'il télécharge, dépense toujours plus dans la culture, alors même que – toutes les études le prouvent – le revenu disponible des ménages français est en baisse constante ces dernières années.

Le soutien du public aux artistes et à la création ne se dément pas

Dans cette mesure, est-il raisonnable de soutenir un projet de loi qui traite les consommateurs, votre public, comme de vulgaires voleurs à la tire ? Les évolutions technologiques et les nouveaux comportements qu'elles induisent ne doivent pas rompre le lien qui unit les artistes à leur public, mais le renforcer. Se mettre autour d'une table et réfléchir ensemble à une adaptation juste et équilibrée des droits du public et des artistes à l'ère d'Internet, élaborer ensemble les nouveaux modèles de financement pour la création tout en défendant les libertés d'échanges numériques condition de la diversité culturelle; c'est précisément ce que nous proposons au sein de notre plateforme Création, Public et internet. Nous sommes un regroupement d'artistes et contributeurs à la création et d'organisaiton de consommateurs et d'internautes qui se sont donné pour tâche d'organiser au plus vite des Assises de la création et du numérique. Nous vous encourageons à vous joindre à nous pour participer à la construction d'une nouvelle donne numérique qui réconciliera les artistes, le public et l'Internet : www.creationpublicinternet.fr

10/03/2009

Félicie

Félicie

16:07 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : m

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La lettre

06/10/2007

LES TESTS ADN UNE INFAMIE !

RESITER ET LUTTER CONTRE LES TESTS ADN, C'EST D'UNE IMPERIEUSE NECESSITE, C'EST UN DEVOIR !

be4c1d1c0e5852584eda4fa239d24fee.jpgEn instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par l’Assemblée nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une utilisation, non plus simplement médicale et judiciaire, mais dorénavant dévolue au contrôle étatique

Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.
Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va-t-elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont père ou mère les personnes qui apportent amour, soins et éducation à ceux et à celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants.
Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi sur la bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté. Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.f02acd5fdc30c2eff5cd6bac95c398b4.jpg
Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble, introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi nous, signataires de cette pétition, appelons le président de la République et le gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration.