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31/07/2008

JEAN JAURES 1859-1914

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Naissance le 3 septembre 1859 à Castres (Tarn), décès le 31 juillet 1914 à Paris

Homme politique français
Fils d'un agriculteur, il fit ses études secondaires à Castres, puis entra, en 1877 ~ en même temps qu'Alfred Dreyfus ~, au collège Sainte-Barbe. L'année suivante, il fut reçu premier au concours d'entrée à l'École normale supérieure, où il eut pour condisciple Henri Bergson. Agrégé de philosophie en 1881, il fut nommé professeur à Albi, puis, en 1883, maître de conférences à la Faculté des lettres de Toulouse. Il collabora au quotidien La Dépêche et fut élu, en 1885, député de Castres; d'abord proche de Jules Ferry, il ne tarda pas à évoluer vers le socialisme. Battu aux élections de 1889, il retrouva son poste à Toulouse et fut élu, l'année suivante, conseiller municipal. Il soutint ses thèses de doctorat en 1892 et accepta la même année, à la suite de la grève des mineurs de Carmaux, de se porter à la députation dans cette ville. Élu en janvier 1893, il devint aussitôt le principal porte-parole à la Chambre du groupe socialiste. Après une nouvelle grève à Carmaux, il aida les ouvriers licenciés à fonder, en 1896, la célèbre «verrerie ouvrière» d'Albi. ~ Le 19 janvier 1898, il signa, avec les autres membres de son groupe parlementaire, le manifeste s'opposant à tout engagement des socialistes en faveur d'Alfred Dreyfus; dès le 22 janvier, cependant, il dénonça à la Chambre l'attitude du gouvernement dans l'Affaire, et en février, il accepta de déposer au procès Zola, en faveur du romancier. Battu aux élections de mai 1898, il devint alors codirecteur politique de La Petite République; il y publia du 10 août au 20 septembre, sous le titre «Les preuves», une série d'articles qui démolissaient les charges alléguées contre Dreyfus. ~ Elu de nouveau à Carmaux en 1902, il fonda en 1904 le quotidien L'Humanité; après la création de la S.F.I.O. en 1905, il devint le véritable leader du socialisme français. Désormais pacifiste militant, il s'attira l'hostilité croissante des mouvements nationalistes; le 31 juillet 1914, il fut assassiné par un adhérent de la «Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine», Raoul Villain.

« Jaurès avait senti la nécessité d'unir les forces de gauche»

Social. Le parti socialiste commémore aujourd'hui à Carmaux et à Castres le 94ème anniversaire de la mort de l'homme politique.

L'humaniste et homme politique a été assassiné le 31 juillet 1914. Quatre-vingt-quatorze ans après, le co-fonfateur de la SFIO, ancêtre du Parti socialiste reste une figure emblématique. Samuel Cèbe, secrétaire fédéral du parti socialiste tarnais, revient sur le parcours de cet homme d'exception, dont les luttes sont, plus que jamais d'actualité.

Vous célébrez aujourd'hui la mort de Jean Jaurès. Que représente cette date pour les socialistes ?

Cette commémoration est très importante pour l'ensemble des hommes et des femmes qui sont animés des valeurs portées par Jean Jaurès. La lutte sociale, la paix et la justice sont à la base du message socialiste. La journée se divise en deux temps, une première célébration à Carmaux dès 11 h 00 et une seconde à 18 h 30 à Castres, sur les places qui portent le nom de cet homme hors du commun.

Jaurès est devenu un mythe, un exemple. En 2008, existe-t-il un personnage politique capable d'incarner la justice sociale et de porter le mouvement socialiste ?

Évidemment, personne ne peut le remplacer. Il est unique. C'était un intellectuel et un philosophe puissant capable d'anticiper les événements. Lui le premier avait senti la nécessité d'unir les forces de gauche.

Justement, il pensait que seule l'unité de la classe ouvrière permettrait le progrès social. Qu'en est-il aujourd'hui ?

La question de l'unité est fondamentale. Nous attendons le congrès du PS pour nous rassembler sur des points de convergence. Il faut créer des États Généraux pour aborder les questions essentielles qui peuvent créer des points de contacts entre les partisans. Nous traiterons du fond. Le problème des retraites, des conditions de travail et de la sécurité sociale professionnelle touchent l'ensemble des travailleurs.

Quand il est entré en politique, Jaurès était un républicain modéré. Il a ensuite glissé vers le socialisme. Certaines personnes de gauche reprochent au PS de glisser à droite. Les évolutions s'inversent. Qu'en est-il exactement ?

Le PS n'évolue pas au centre. Il est le parti majeur de la gauche et c'est lui qui va unir les forces. Il est absolument hors de question de lorgner au centre, un centre qui soit n'existe pas, soit est clairement de droite.

Le parcours politique de Jaurès est différent. Au départ, républicain, il a pris des engagements profondément laïques. Sa vision de la République est inséparable du socialisme. Ses valeurs sont et restent permanentes. Nous voulons aussi porter une république, la VIème.

Le PS remet-il encore en cause le fonctionnement de la société capitaliste source de guerres et de conflits selon Jaurès ?

Oui, bien sûr. Nous fustigeons les avatars du capitalisme qui génèrent l'instabilité et la précarité sociale. En France, la situation est tendue et la redistribution des richesses ne suffit plus. Il faut s'attaquer à la machine capitaliste.


Paul Quilès: «Un homme moderne et actuel»

Ancien ministre et ancien député (PS), désormais maire de Cordes-sur-Ciel, Paul Quilès nous a adressé également une tribune libre sur l'assassinat de Jean Jaurès: 31 juillet 1914. Un cri s'élève dans les rues de Carmaux : « Ils ont tué Jaurès !»… terrible tragédie, qui se poursuit le lendemain par la déclaration de guerre.

Ce dramatique événement a été le point de départ de la grande fresque que nous avons réalisée à Carmaux en 1994.

Nous avons voulu faire revivre les moments forts de la vie du grand tribun, parce que c'est ici qu'il a mené ses premiers combats aux côtés des mineurs et des verriers et qu'il a façonné les chemins de sa pensée politique.

Mais l'évocation d'un événement, aussi fort soit-il, ne suffit pas et la gauche serait bien inspirée aujourd'hui de ne pas oublier la modernité et l'actualité de la pensée de Jaurès.

Modernité et actualité… que d'affirmer la nécessité d'aller plus loin dans l'approfondissement de la République ; …que de répéter que les droits sociaux sont indissociables des droits politiques ; que de plaider pour l'arbitrage international des conflits et de rejeter les solutions militaires pour les résoudre.

Il faut relire Jaurès et méditer son histoire, sa pensée et sa pratique. Celle d'un Jaurès à la fois intellectuel et philosophe brillant, homme politique influent, journaliste courageux, militant ardent et sans tache, parlementaire actif, présent sur tous les terrains, sachant faire la synthèse entre l'action locale, les discours à la Chambre des députés, les débats dans les congrès de son parti et l'action au sein de l'Internationale socialiste.

Orateur exceptionnel, qui maniait le verbe avec un rare bonheur devant tous les publics, Jaurès ne cédait jamais à la démagogie, même sur la forme, considérant qu'il ne fallait pas mépriser le peuple en réservant la belle langue aux élites.

Mais qu'est-ce que la parole sans l'acte ?

Et la grandeur de Jaurès, c'était probablement d'agir : pour la paix, contre la guerre ; pour l'unité des socialistes ; pour la défense des plus humbles ; pour la justice. Comme il agissait, il était critiqué, détesté, parfois même haï.

Avec le temps, on a parfois tendance à donner de lui une image consensuelle, presque « bonhomme », alors qu'il était un homme au tempérament fort, un lutteur déterminé à défendre à tout prix ses convictions. Il en fut d'ailleurs la victime le 31 juillet 1914. Ce jour là, son assassin pensait tuer tout ce qu'il représentait. Près d'un siècle plus tard, sa mémoire demeure bien vivante, son message de paix reste toujours actuel. Sa pensée porte l'espoir, plus que jamais

23:08 Publié dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (0)

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