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19/09/2007
LIONEL JOSPIN : 2002, UNE DEFAITE TOUJOURS PAS ASSUMEE ?
Avant hier , je posais la question :" Lionel Jospin est il le mieux placé pour expliquer l'échec de l'élection présidentielle "?
Je trouve que l'analyse de Nicolas CADENE apporte un éclairage pertinent sur les attaques de Lionel Jospin
LIONEL JOSPIN : 2002, UNE DEFAITE TOUJOURS PAS ASSUMEE ?
Alors même que le Parti Socialiste tend à se réunifier autour d’une idéologie et de structures à rénover, Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste de 1997 à 2002, semble livrer sa rancœur et son amertume dans un nouveau livre qui est présenté comme clairement « anti-Royal ».
Son ouvrage, qui s’ajoute à la liste des livres « règlements de compte » de cette rentrée, ne semble pas constructif dans l’analyse tant elle est fondée sur le ressentiment.
L’auteur ne fait qu’entretenir les querelles de personnes tant décriées (avec raison) par les sympathisants. Son objectif réel est d’essayer de mettre « hors jeu » Ségolène Royal.
Il le fait de la pire des manières. Au vu des extraits, le ton employé est tout simplement choquant, comme la façon de le camoufler par des précautions d’écritures dont use l’auteur pour se défendre de toute misogynie.
S’attaquer ainsi à celle investie à plus de 60% par les militants il y a moins d’un an n’est pas digne d’un camarade et peut même apparaître comme une offense aux 16,7 millions de Français qui ont voté pour elle le 6 mai dernier. D’autant qu’aujourd’hui nos « piques » ne devraient avoir pour cible que la droite et ses projets souvent dramatiques pour nos concitoyens.
Mais Lionel Jospin ne donne pas l’impression de s’en soucier. N’assumant toujours pas son cuisant échec de 2002 (absent au second tour de l’élection présidentielle), il tire à vue sur celle qu’il n’a pas su remplacer auprès des militants et sympathisants lors de son demi retour raté en août 2006.
Bref, les propos de l’ancien Premier ministre ne forment qu’une succession d’attaques cachant mal la colère, la frustration et l’aigreur d’un homme qui refuse toute remise en question personnelle, quand Ségolène Royal permet le débat sur sa défaite.
Un débat qui n’avait jamais vraiment eu lieu lors des précédents revers électoraux socialistes, et notamment au lendemain du 21 avril 2002 : voici une des causes réelles de notre échec en 2007, que doit assumer M. Jospin.
Pourtant, cet ancien Premier Secrétaire sait parfaitement que ce genre de propos fait mal à l’ensemble de la gauche.
Mettons nous à la place de tous ceux qui ont découvert aujourd’hui ces déclarations et qui doivent se sentir si éloignés d’un Parti censé défendre leurs idéaux.
Nos échecs électoraux et la déception largement répandue de la population vis-à-vis du PS ne suffisent-ils pas à comprendre le besoin de changement radical des pratiques ?
La réponse est évidente. Pourtant, Lionel Jospin a orchestré un parfait plan de communication qui ne fait qu’aggraver les conséquences de ses propos : le livre ne sort que dans une semaine et il est donc délicat de lui répondre. Toute cette semaine, l’auteur va saturer l’espace médiatique alors même que personne ne l’a lu complètement.
Car soyons sûr que les médias ouvriront largement leurs portes à toute alimentation des divisions à gauche, évitant ainsi de traiter de questions autrement plus graves et concernant directement les Français : Loi Hortefeux sur l’immigration, dossier iranien, « stratégie sociale du gouvernement », etc.
Aujourd’hui, Lionel Jospin ne fait pas honneur au socialisme et par pur orgueil fait le jeu de Nicolas Sarkozy : diviser toujours un peu plus une opposition que l’on pourrait qualifier de « puérile », détourner l’attention des Français des sujets sensibles et permettre indirectement la mise en avant de la méthode « d’ouverture » du président de la République.
M. Jospin, qui fut à n’en pas douter un des meilleurs Premiers ministres de la Ve République, risque de représenter aujourd’hui tout ce que le citoyen déteste en politique : un homme aigri, frustré, orgueilleux et embourbé dans des querelles purement politiciennes et tacticiennes non assumées.
Au final, son ouvrage est destructeur :
1-Destructeur de confiance entre les militants et leurs leaders ;
2-Destructeur d'image vis à vis de son propre auteur qui semble ne pas réaliser à quel point il finit par lasser et qui entraîne donc avec lui ses « amis » qu'il va finir par encombrer ;
3-Destructeur dans sa volonté de détruire une personne, ce qui est indigne ;
Enfin, destructeur de l'unité déjà difficile au sein du Parti.
08:17 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Tout cet "excessif... donc insignifiant" de la part des deux protagonistes, vaut-il un commentaire?
Ecrit par : Bernard Bonnechère | 16/10/2007
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