22/05/2007
Le collectif budgétaire s'annonce chargé
QUID DE LA RIGUEUR BUDGETAIRE MONSIEUR FILLON ?
Le nouveau Premier ministre a laissé entendre mardi que le volet fiscal du programme présidentiel de Nicolas Sarkozy pourrait être mis en oeuvre dès le collectif budgétaire qui sera soumis au Parlement réuni en session extraordinaire début juillet.
Espérant créer un "choc de confiance et un choc de croissance", François Fillon a ainsi confirmé son intention "libérer les heures supplémentaires" tout de suite.
"A l'automne tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus le pourront", a t-il déclaré dans un discours aux parlementaires UMP qu'il avait réunis à Matignon au premier jour de la campagne officielle pour les élections législatives des 10 et 17 juin.
"Dans un même élan, nous vous proposerons de défiscaliser le travail étudiant, de favoriser le cumul entre l'emploi et la retraite, de prévoir la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, de supprimer les droits de succession d'instaurer le bouclier fiscal à 50% de l'ensemble des revenus et l'investissement direct dans le capital des PME", a-t-il poursuivi, reprenant l'essentiel des propositions fiscales formulées dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy.
Le ministre du Budget et des Comptes publics avait auparavant aussi laissé entendre que l'essentiel des engagements pris par le candidat UMP à la présidentielle seraient honorés dès le mois de juillet sans toutefois vouloir entrer dans le détail de leur chiffrage.
"Le bouclier fiscal, lui aussi, fait partie du paquet fiscal du mois de juillet. Il sera mis en application le plus vite possible" a ainsi déclaré Eric Woerth sur LCI.
Il a également évoqué la détaxation des heures supplémentaires, l'exonération des droits de succession et la déductibilité des charges d'intérêt d'emprunt pour les primo-accédants à la propriété.
PREVISION DE CROISSANCE DE 2,25% A 2,5% EN 2007
"Tout ça c'est au coeur de l'action gouvernementale, les textes sont en cours de préparation entre Matignon, l'Elysée, les ministères compétents et puis cela fera l'objet d'une présentation en conseil des ministres assez rapidement", a-t-il précisé.
Eric Woerth s'est en revanche refusé à chiffrer le coût de ces mesures dont il a estimé qu'il dépendrait de leurs modalités d'application qui restent à "discuter".
Il a toutefois précisé que la suppression des charges et de l'impôt sur le revenu appliqués aux heures supplémentaires représentera "plusieurs milliards d'euros évidemment".
"Mais ça dépend de ce que nous prenons, là aussi les modalités doivent être discutées", a-t-il ajouté.
Le ministre du Budget n'a en revanche pas exclu que la mise en oeuvre de ces mesures fiscales ne se fasse au détriment de la rigueur budgétaire au moins dans un premier temps.
"On a en tout cas un objectif très majeur qui est au bout de cinq ans de parvenir à un "équilibre des comptes publics le plus important possible, de réduire la dette de l'Etat à 60% (du PIB), d'avoir diminué les prélèvements obligatoires d'une façon significative", a-t-il dit.
Eric Woerth a précisé que le gouvernement tablerait sur une perspective de croissante prudente de 2,25% à 2,50% pour 2007.
Prié de dire sur quelle perspective de croissance 2007 il allait bâtir le budget 2008, Eric Woerth a répondu : "Je crois qu'il faut tabler sur des perspectives de croissance prudentes, probablement aux alentours de 2,25% ou 2,50%."
"Je ne crois pas qu'on puisse construire un budget sur des perspectives qui ne seraient pas prudentes. Il vaut mieux avoir de bonnes nouvelles après que de mauvaises nouvelles après, donc il faut travailler sur des perspectives de croissance prudentes", a-t-il dit.
23:23 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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