08/02/2005

Les 35 heures à l'assemblée

35 HEURES: LA GAUCHE PREND LE RELAIS DES MANIFESTANTS DANS L'HEMICYCLE
Article d'actualité le 08/02/05



Le bras de fer qui oppose depuis le 1er février à l'Assemblée la droite à la gauche à propos de la réforme des 35 heures a repris de plus belle lundi, au surlendemain des manifestations qui ont vu défiler en France entre 300.000 et 500.000 personnes.


Se faisant les porte-voix des manifestants et syndicats dans l'hémicycle, les députés de gauche, au premier rang desquels les socialistes, ont pris pour cible Jean-Pierre Raffarin après ses déclarations du matin.

"Il faut que le Premier ministre vienne s'expliquer", a réclamé Gaëtan Gorce (PS),. S'exprimant le premier dans l'hémicyle, il a donné le +la+ en affirmant que les propos de M. Raffarin "traduisaient un entêtement déraisonnable à ne pas entendre ce que lui disent les partenaires sociaux" et les manifestants de samedi.

"Les Français souhaitent une véritable explication sociale et politique", a-t-il ajouté, en accusant le gouvernement d'aller "dans une impasse".
"La loi sera fondée sur la contrainte", a accusé M. Gorce, pour qui elle "conduira les salariés à devoir renoncer aux avantages acquis par la négociation ou par la loi".

M. Raffarin "a ajouté la confusion à la confusion et l'obstination à l'entêtement, ce qui est désastreux après une manifestation qui a probablement concerné pas loin de 500.000 salariés", a pesté Jean Le Garrec (PS).

Loin de baisser la garde, la gauche a multiplié les rappels au règlement et demandes de suspension de séance pour ralentir les débats. Elle a également déposé 500 nouveaux amendements, en plus des quelque 1.300 déjà déposés dans la nuit de jeudi à vendredi. De son côté, la porte-parole du PS Annick Lepetit a invité le gouvernement à cesser de faire "la sourde oreille" et à recevoir les syndicats "dans les tout prochains jours".


Les députés ont ensuite entamé l'examen du dernier article. Il prolonge de trois ans, soit jusque fin 2008, le régime dérogatoire dont bénéficient les entreprises de moins de 20 salariés depuis la loi Aubry II de 2000, qui leur permet de rester de fait à 39 heures. Elles pourront donc continuer à payer les quatre premières "heures sup" 10% de plus, contre 25% ailleurs.

Ce régime dérogatoire avait déjà été prolongé par la loi Fillon du 17 janvier 2003. De plus, elles pourront racheter une partie des jours de RTT de leurs salariés, avec leur accord. Ce rachat sera limité à 10 jours par an et devra être compensé par une majoration salariale "au moins égale" à 10%.

"Vous passez du temporaire à l'indéfini", a fustigé Jean Le Garrec (PS), tandis qu'Alain Vidalies (PS) montrait du doigt "un système qui appartient au droit anglo-saxon".

Jean-Marie Le Guen (PS) a pour sa part dénoncé la "surenchère" à laquelle se livrent, selon lui, M. Raffarin et le président de l'UMP Nicolas Sarkozy pour "récupérer l'aile la plus libérale de l'électorat de la majorité".

"Vous êtes prisonniers de votre vision idéologique et de vos bagarres politiques", a-t-il lancé au gouvernement et à la majorité, les accusant de créer un "climat de tension sociale".









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